DES COSMETIQUES, OUI, MAIS BON POUR MA PEAU ET MA SANTE
La famille des cosmétiques est grande, elle couvre de nombreux produits. Gels douches, shampooings, dentifrices, crèmes, huiles, lotions... sont capables de nous faire le plus grand bien ou le plus grand mal. Alors attention ! Restons vigilants au moment de l'achat !
Laurence Wittner, journaliste indépendante, spécialisée dans le domaine des cosmétiques et auteur de plusieurs ouvrages, s'est prêtée au jeu du question/réponse. Grâce à ses bons conseils nous allons enfin savoir si pour être beau, il faut être bio
Lorsque l'on décide d'acheter de bons cosmétiques (efficaces, et exempts de toute nocivité qu'elle soit environnementale ou pour notre santé), le premier réflexe serait de se tourner vers les parapharmacies. Est ce que ce type de boutiques peut nous protéger des mauvais produits ?
Laurence Wittner : Non, pas forcément. Je dis très souvent que l’on peut trouver de très bons produits dans tous les réseaux de distribution, même les grandes surfaces. Je reconnais toutefois que les meilleurs produits se trouvent la plupart de temps en pharmacie, parapharmacie ou magasin bio. Mais attention tout de même car ces magasins ne sont qu’une porte d’entrée vers un choix plus sélectif, et ils ne permettent pas un achat les yeux fermés.
Et les grandes marques de luxe, permettent-elles un achat les yeux fermés ?
LW : Non plus. Le niveau de prix ne garantit en rien la qualité. Il arrive que de grandes marques de la cosmétique utilisent une seule et même formule qu’elles déclinent en plusieurs produits pour leurs diverses marques à destination des différents réseaux de distribution : grande surface, parapharmacie, ou parfumerie. En fait, le prix peut dépendre d’une stratégie marketing. On monte le prix pour qu’il corresponde à un produit de luxe, et à l’image que le consommateur a du produit. Un produit Dior, Chanel ou Guerlain ne se vendrait pas à 10 €. Le packaging aussi a une influence sur le prix. Plus le produit vient d’une grande marque et plus il y a d’argent investi dans la recherche du "meilleur" emballage, le plus vendeur ou le plus glamour. Et tout le monde sait que le packaging, autrement dit la boîte, ne fait pas la qualité du produit.
Quelles sont les deux principales règles à respecter lorsqu'on s’achète des cosmétiques ?
LW : Choisir un produit adapté à sa peau et bien lire l’étiquette des produits que l’on souhaite s’acheter. Je vous explique. Il est important de connaître votre type de peau car chaque épiderme a des besoins différents. Votre esthéticienne pourra vous aider à définir votre type de peau et les actifs qui vous conviennent. Exemple : si votre peau est sèche, une huile minérale occlusive, et qui donc préserve l’hydratation, pourra vous convenir, mais si votre peau est grasse, il vous faudra proscrire ce type de produit qui ne vous occasionnerait que des désagréments.
Autre critère pouvant vous amener à refuser l’utilisation des huiles minérales : son origine dérivée du pétrole. Ce type de produit n’est donc pas très recommandable pour l’environnement. Je vous ai dit aussi qu’il était important de bien lire l’étiquette d’un produit afin de savoir de quoi il est composé. C’est la seule solution efficace pour savoir exactement ce qu’on se met sur la peau. D’accord, mais c’est assez compliqué de déchiffrer l’arrière de la boîte du savon, du rouge à lèvres, ou du pot de crème qui nous intéresse…
LW : Il existe deux niveaux de lecture sur une étiquette : l’argumentaire et la liste des ingrédients. L’argumentaire, c’est le petit texte qui présente le contenu du produit et les effets qu’il va produire (ex : crème à l’huile d’argan pour bien hydrater votre peau tout au long de la journée). Comme cette partie n’est pas réglementée, le fabricant ne met en avant que les bons arguments. Si je reprends l’exemple de ma crème à l’huile d’argan, elle en contient certes, mais en quelle quantité ? L’huile d’argan peut être minoritaire, et le produit peut contenir de l’alcool en quantité importante, ce que le fabricant se gardera bien de souligner car l’alcool est un asséchant de la peau. Sur l’argumentaire, il ne ment pas, mais peut arranger la vérité. Donc méfiance ! La liste des ingrédients reste la meilleure preuve de qualité. Elle est réglementée, la totalité des ingrédients utilisés y est notée dans l’ordre décroissant d’importance. Le premier produit cité est celui que l’on retrouve en plus grande quantité. Donc si en premier vous voyez aqua (=eau), et huile d’argan en dernier, c’est que le produit contient beaucoup d’eau et très peu d’huile d’argan. L’efficacité de l’huile d’argan ne pourra donc pas être importante. Autre avantage de cette liste d'ingrédients, quel que soit le pays dans lequel vous vous trouvez, elle est notée de la même façon. Donc une fois que vous avez repéré l'ingrédient que vous souhaitez éviter, que vous soyez à Los Angeles, Paris ou Moscou, vous saurez le repérer.
Alors quels sont les produits à éviter à tout prix ?
LW : Holà ! La liste est longue. 10 000 produits sont répertoriés par la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques, et on estime qu'on en retrouve autour de 6 000 dans nos produits d'hygiène et de beauté quotidiens. Et parmi eux, 1 000 environ peuvent faire l’objet de réserves pour tout ou partie de la population, comme le formaldéhyde, classé par le Centre de Recherche International sur le Cancer dans le groupe 1 des agents cancérogènes pour l'homme, notamment pour les voies respiratoires. Le formol est très rarement présent dans nos cosmétiques, mais les libérateurs de formaldéhyde eux sont fréquemment utilisés, notamment dans les gels douches, shampooings et autres gels lavants. Les libérateurs de formaldéhyde dégagent le formaldéhyde notamment au contact de l'eau. Cette réaction peut donc avoir lieu au cours de la fabrication du produit, dans son contenant, ou encore au moment de son utilisation, sous la douche par exemple. Bien que potentiellement nocifs pour l'homme, les libérateurs de formaldéhyde sont de très bons conservateurs, on les retrouve partout, même dans les gels lavants pour bébés.
Comment les repérer ?
LW : Voici les substances qui ne doivent pas se trouver dans la liste d'ingrédients de votre produit :
- Formaldéhyde
- Benzylhemiformal
- 2-Bromo-2-nitropropane-1,3-diol
- Diazolidinyl urea
- DMDM hydantoin
- Imidazolidinyl urea
- Quaternium-15
- Sodium hydroxymethylglycinate.
Mais les libérateurs de formaldéhyde ne sont pas les seuls à devoir être ciblés dans des cosmétiques, les perturbateurs endocriniens sont tout aussi néfastes, en particulier pour les fœtus, les bébés, les jeunes enfants et peut-être aussi les adolescents. L'organisme se montre beaucoup moins sensible à leurs effets en dehors de ces périodes dites "sensibles". Les perturbateurs endocriniens seraient responsables, entre autres, de la baisse importante de la fertilité observée dans de nombreux pays actuellement.
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