LE COTE ZEN DE MARC JOLIVET / LE BIO, L'AMOUR ET LA MER
Marc Jolivet, humoriste, ne cache pas ses appartenances politiques et sa façon de vivre bio. Militant écologiste de la première heure, il parle déjà de son amour de la planète dans ses premiers spectacles en 1976 et nous fait rire jaune dans “Mon frère, l'ours blanc”, son dernier spectacle.
Nous l'avons rencontré et avons tenté de découvrir son côté zen…
Quelle est votre façon de rester sain et zen dans la vie quotidienne ?
Marc Jolivet : Pour le sain, je mange bio ! Tout le temps ! Que du bio ! Autant que faire se peut... Je ne fume pas, je ne bois pas. Sauf du vin bio : deux/trois verres par jour pas plus. Ça et le sport.
Vous sportif ?
MJ : Oui. J'adore le sport ! Mais physique ! Comme du tennis ou du golf. Pas de judo ou de natation, ça me gonfle... Je fais un peu de yoga, des exercices de respiration, du sport et surtout je mange exclusivement bio, de bons produits bio. Trop d'ailleurs ! Mon cardiologue a tiré la sonnette d'alarme, il m'a dit : "Marc, 1m65 pour 89 kilos à 59 ans, faut redescendre !" J'ai donc perdu 6 kilos et je continue, je me surveille. J'ai une bonne santé, mes parents sont en pleine forme à 83 ans, donc je ne vais pas gâcher ce capital !
Vous croyez en la médecine préventive ?
MJ : Oui… Enfin, pour dire la vérité je suis surtout un trouillard, je fais souvent des analyses sanguines. Il y a peu, un labo m’a contacté pour être “ambassadeur pour bien vivre sa tension”. J'ai sauté sur l'occasion et depuis je surveille ma tension. Ça m'oblige à faire gaffe. Je ne m'interdis rien mais à petite dose. J’ai appris aussi à m'écouter, à me connaître. Pas trop de charcuterie, beaucoup de cuisine japonaise, je préfère manger du poisson plutôt que de la viande, ce genre de choses… Je dîne très légèrement le soir… Tout ça participe d’une bonne hygiène de vie.
Et pour le zen ?
MJ : Je suis zen grâce à 25 ans d'analyse. Voilà. Résultat, j'évite tous conflits. J'ai horreur de ça. Je suis devenu très "diplomate consensuel convivial". J’aime bien que les gens s’entendent bien. Dès qu'un conflit pointe le bout de son nez, j'évite, je disparais, ça m'emmerde. Ça ne veut pas dire que quand il faut y aller, j'y vais pas ! Mais ma règle d’or c’est : j'évite. Je n'aime pas le pognon, je n'aime pas le pouvoir, ça fait déjà deux sources de conflit en moins.
L’amour peut-être ?
MJ : Ça oui ! C'est vrai que la relation amoureuse, pour être honnête, c'est mon moteur dans la vie. Et depuis toujours. J'ai vraiment raté des trucs pour vivre une aventure, quelque chose qui me faisait vibrer. Une belle histoire, des émotions dans la vie, ça ne se rate pas ! J'adore les femmes, leur présence, ce qu’elles apportent dans la vie à un homme, son équilibre dans le travail… Il faut dire que les femmes sont très présentes dans ma vie. Depuis l'âge de 16 ans, je ne vis qu’entouré de femmes.
Vous êtes plutôt un épicurien ?
MJ : Oui, très. C'est ça. Exactement. Et en même temps je ne suis pas accro aux conforts et plaisirs de la vie. Mon idole c'est Diogène. J'aurais aimé vivre comme lui, à poil dans un tonneau. Pas de consommation. J’y suis pas encore mais j’essaie de tendre vers ça. À mon âge je me dis bien que la vie va décliner obligatoirement donc je m y prépare grâce à l'analyse. L’analyse me fait beaucoup de bien.
Vous qui êtes dans le "showbusiness parisien", comment gérez-vous le stress : avant de monter sur scène, dans l'écriture, les échecs inévitables, les promos télés… ?
MJ : Je travaille avec une équipe de gens qui me critique beaucoup. Chacun s'écoute, discute, propose. Je n'ai aucun problème avec ça. La remise en question, se regarder en face, se dire que là on a été nul ou trop long ou à coté de la plaque, ne me pose aucun problème. Au final c'est moi le patron, le décideur, mais ma façon d'avancer c'est de considérer et prendre en compte les remarques et le regard des autres.
Un truc qui vous détend vraiment dans la vie ?
MJ : Regarder la mer, l’océan, contempler la masse liquide. Je suis un contemplatif. Ça a un effet incroyable sur moi. Mon plaisir, c’est d'être face à l’océan.
Au quotidien, que faites-vous pour préserver la planète ?
MJ : Rien ! Je ne fais pas de tri, je ne prends pas de douche plutôt qu'un bain et je ne fais pas chier tout le monde avec des ampoules basse consommation ! Mais je peux me le permettre, j'ai un crédit énorme : je ne prends pas l'avion depuis 35 ans, alors du CO2, je peux en brûler ! Je ne prends ni l'avion parce que j'ai peur, ni le bateau parce que je n’aime pas. Je n'aime pas voyager. Donc j'ai une empreinte écologique réduite au maximum. Et je n'ai pas de voiture non plus.
Vous vous déplacez donc à vélo ?
MJ : Non, ça va pas, non ? Le vélo dans Paris c'est un truc d'écolo bobo parisien. Faut être con ou fou pour faire du vélo dans Paris ! Un vélo qui se prend un bus, c'est toujours le bus qui gagne. Ça fait trop mal ! Non, si je devais acheter un moyen de locomotion ce serait une voiture mais hybride. Mais pour l'instant je n'en éprouve pas le besoin.
Un conseil pour devenir sain et zen quand on ne l’est pas ?
MJ : Aller voir un psy. Je pense qu’à la fin de ce siècle on ira voir un psy comme on va voir un médecin. Je pars du principe que c'est quand même plus sympa d’être en forme et bien dans sa peau que l’inverse non ? Donc, les gens qui aiment le conflit, le stress, et qui vivent pour et par ça, moi je leur dis : allez voir un psy, apprenez à mieux vous connaître, ça va vous nettoyer l’intérieur, le cerveau ; si vous êtes mieux avec vous-même, vous serez mieux avec les autres ; ça va vous aider. Moi ça m’a aidé.
Propos recueillis par Christophe Jicquel