LE MARCHE - L'ABRICOT, FRUIT DE MAI
L'abricot arrive sur les étals des marchés. On y trouve toujours les cerises et les fraises. Profitons-en ! D'autant qu'il vaut mieux privilégier ces fruits de saison par rapport aux autres qu'on trouve aussi actuellement mais dont on peut penser que le bilan écologique n'est pas très satisfaisant…
Le fruit précoce
On le connaît déjà en 2000 av. JC dans le nord-est de la Chine.
Après avoir traversé l'Inde, il emprunte la Route de la Soie, passe en Perse et en Arménie d'où son nom savant "Prunus armeniaca" (on l'appelle aussi "prune d'Arménie"). Il arrive finalement chez les Grecs et les Romains un siècle avant notre ère.
En latin, on l'appelle "praecoquum" qui veut dire "précoce", faisant référence au fait que l'abricotier fleurit très tôt dans la saison. Le mot se transforme en grec en "praikokion", puis en arabe "al-barqwq" qui donne en espagnol "albaricoque", en catalan "abercoc", puis au 16e siècle en français "abricot", au moment où le fruit arrive chez nous.
Soupçonné de donner la fièvre, il est délaissé et ce n'est qu'au 18e siècle que sa culture se développe véritablement en France, en même temps que les espagnols l'implantent en Californie.
De nombreuses variétés
La France est en 2007 le deuxième pays européen producteur d'abricot derrière l'Italie.
En Languedoc-Provence on trouve l'Early bush, le Lambertin, le Tomcot, l'Orangered, le Jumbocot ou Goldrich, l'Hargrand, le Kioto, le Bergarouge, le Polonais ou Orangé de Provence…
En Rhônes-Alpes principalement le Bergeron.
En Roussillon le Rouge, l'Hélèna et le Royal.
Les abricots secs, eux, sont tous importés. Gros et pâles quand ils viennent d'Iran, de Californie et d'Australie, ils ont une belle couleur orangée et surtout meilleur goût quand ils viennent de Turquie.
Valeur nutritive
C'est un fruit très léger, avec un apport calorique très modéré.
Il est riche en béta-carotène (précurseur de la vitamine A). Il a donc des propriétés anti-oxydantes, c'est-à-dire limitant les effets néfastes des radicaux libres sur les cellules.
C'est une bonne source de fer et de cuivre. Il contient aussi du phosphore, du magnésium, du potassium, des vitamines B3, B5, C et K.
L'abricot est aussi une source de fibres alimentaires qui permettent notamment de diminuer les risques de constipation et peuvent contribuer à la prévention du cancer du côlon et des maladies cardiovasculaires ainsi qu'au contrôle du diabète de type 2. La moitié de ces fibres sont des pectines.
Il peut se manger séché, ce qui, comme pour tous les fruits secs, concentre son contenu en nutriments, y compris les vitamines et minéraux. Sous cette forme, il est intéressant dans le cadre d'une activité musculaire élevée, grâce à sa richesse en glucides, pour un apport raisonnable en calories.
En médecine chinoise, l'abricot sec est conseillé pour traiter l'anémie, l'asthme et les sensations de gorge sèche ou de soif.
Comment le choisir ?
Il doit être le plus mûr possible, car une fois cueilli il ne mûrira pas davantage. Il faut se fier à l'odeur qui doit être très parfumée ainsi qu'à sa souplesse au toucher. La peau est lisse et colorée. Éviter ceux qui ont des taches verdâtres.
Il ne faut pas négliger les fruits en conserve, séchés ou en jus, qui sont récoltés à pleine maturité, qui proviennent généralement de variétés plus goûteuses, et qui sont transformés à proximité du lieu de récolte.
Comment le conserver ?
Pas plus de trois ou quatre jours dans une corbeille de fruits à l'abri de la chaleur, ou au maximum une semaine dans le bac à légumes du réfrigérateur. Mais l'abricot n'aime pas le froid, il y perd sa saveur.
Les abricots peuvent être congelés après les avoir lavés, essuyés, coupés en deux et enlevé le noyau. On dépose les moitiés ou "oreillons" sur une plaque pour les congeler, avant de les mettre dans des sacs en plastique.
Comment le manger ?
Frais cueilli de l'arbre ou à peine emporté de l'étal du marché c'est un délice.
L’abricot entre parfaitement dans la confection de nombreuses pâtisseries : gâteaux, clafoutis, charlottes, crumbles, tartes, muffins… Où il ne faut pas hésiter à le marier avec l’amande, sa compagne idéale.
Il permet de confectionner d'excellents sorbets, glaces, coulis, compotes…
Et des confitures dans lesquelles le jus de raisin ou le miel pourront remplacer le sucre et qui peuvent être parfumées avec l'amande contenue dans le noyau. Si les fruits sont trop mûrs, on peut compenser le manque d'acidité en ajoutant du jus de citron pour faire "prendre" la confiture.
Dans les plats salés, il a sa place en accompagnement de certaines viandes, en particulier des volailles (dinde, caille, chapon…), ainsi que dans certaines sauces, condiments et farces. Il se marie parfaitement avec le fromage de chèvre frais.
En faisant macérer des fruits dans de l’eau-de-vie, on fait une liqueur qui porte le nom d’abricotine.
De l’amande du noyau, on tire une huile qui est un véritable cocktail d'acides gras essentiels, de vitamines A et E. Cette huile est comestible mais on l'emploie surtout comme produit de beauté. Nourrissante et hydratante, elle assouplit et revitalise les épidermes secs et sensibles.
Profitez bien des abricots…
Marie-Blanche