COMMENT LUTTER CONTRE LA POLLUTION CHEZ NOUS ?
La pollution de l’air extérieur est connue. Elle se mesure, il existe des valeurs limites au-dessus desquelles l’air est déclaré mauvais.
Mais qu’en est-il de l’air que nous respirons dans la sphère privée ? Les concentrations de polluants peuvent y être très élevées.
Alors quels sont les polluants que nous respirons ? Pourquoi sont-ils dangereux et comment préserver notre santé et celle de notre
famille ?
Lorsque nous nous promenons nous subissons la pollution automobile, industrielle, et ou agricole. Une fois à l’intérieur de notre p’tit chez nous, nous nous pensons en sécurité et bien non, c’est tout faux !!!
Le problème ne vient pas que de l'extérieur
D’abord, les polluants extérieurs pénètrent nos habitations et contribuent à la mauvaise qualité de l’air que nous respirons. Et de nombreux autres polluants sont présents chez nous, dans nos objets familiers : détergents, désodorisants, lessives, bougies, peintures, colles, plastiques, textiles, cosmétiques, ordinateurs, insecticides, meubles (voir sur le site "pollutions domestiques" dans "maison")…
Les pollutions intérieures ont trois origines principales, elles
proviennent :
- des appareils à combustion,
- de la présence et des activités humaines,
- ainsi que des constituants des bâtiments, des équipements et du mobilier.
Des polluants préoccupants pour la santé
Le trafic automobile, les cuisinières et chauffe-eau à gaz produisent des oxydes d’azote. Chez les asthmatiques, les oxydes d’azote peuvent déclencher de fortes crises.
La fumée de cigarette contient plus de 4000 substances plus ou moins nocives : benzène, monoxyde d’azote, monoxyde de carbone, ammoniac, métaux lourds… Elle est cancérigène. Les nourrissons et les enfants de parents fumeurs sont plus souvent atteints de bronchites, rhinites, otites… Le risque de mort subite chez les bébés est accru, les femmes enceintes exposées ont tendance à avoir des bébés de plus petit poids. L’académie de médecine estime qu’environ 3000 décès et plusieurs centaines de milliers d’infections par an sont le résultat du tabagisme passif.
Les allergènes domestiques proviennent des acariens et des animaux domestiques. Ils sont mis en suspension dans l’air pendant que nous faisons le ménage. Ces allergènes déclenchent asthmes, rhinites et autres maladies respiratoires. Depuis une vingtaine d’années les pathologies induites par ces allergènes ont doublé.
Les particules en suspension dans l’air proviennent du tabagisme, des activités de cuisine, de nettoyage, etc… Plus les particules sont petites et plus elles sont nocives car plus facilement inhalées. En 2005, l’OMS alerte la population sur les risques de mortalité dus aux maladies respiratoires chez les enfants de moins de 12 ans, les effets néfastes sur le développement des capacités pulmonaires, l’aggravation de l’asthme, de la toux, de la bronchite et de la bronchiolite, l’augmentation des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que le cancer des poumons.
Les moisissures peuvent entraîner des pathologies allergiques, mais aussi des infections cutanées ou respiratoires. Elles proviennent des pièces trop humides, mal ventilées, mal isolées ou présentant des défauts d’étanchéité.
Le plomb se retrouve dans les vieilles peintures (celles datant d’avant 1948, environ 10 millions de logements sont concernés) et dans l’eau du robinet (l’eau se charge en plomb lors de son passage dans les canalisations, environ 34 % des logements ont encore des canalisations en plomb dans leur intérieur).
L’ exposition au plomb est très nocive pour les enfants car ils portent beaucoup de choses à la bouche et peuvent en ingérer de grandes quantités si vos peintures s’effritent. On parle alors de saturnisme. Les effets vont de simples douleurs abdominales accompagnées de vomissements et de constipation, à une altération du développement du poids et de la taille, un retard psychomoteur et intellectuel, ainsi que des troubles neurologiques.
Les COV, ce sont les Composés Organiques Volatils. Ils sont présents dans de nombreux produits et matériaux : désodorisants, colles, parquets, solvants, cires, laques, vernis, peintures, produits ménagers… Et ils sont nombreux !
Nous en connaissons quelques-uns comme le formaldéhyde, le trichloréthylène et le benzène.
D'autres sont moins connus comme le limonène, le toluène et le styrène. Leurs effets réels sont encore mal connus mais on leur attribue des irritations de la peau, des muqueuses et du système pulmonaire, des nauséees maux de tête et vomissements. Certains comme le benzène et le formaldéhyde sont des cancérogènes certains, d’autres comme le trichloroéthylène et le tétrachloroéthylène sont des cancérogènes probables, et enfin les éthers de glycol sont suspectés de nuire aux capacités reproductives.
L’amiante, si elle est inhalée, peut provoquer des fibroses pulmonaires, et des cancers pulmonaires ou de la plèvre. On en trouve dans les dalles de vinyl-amiante et certains matériaux en fibro-ciment.
Il est important de réduire l'impact des polluants domestiques
Même s’il est très difficile de distinguer l'effet réel de ces substances sur la santé d'une personne, puisqu’elle est soumise à de multiples influences (hérédité, tabagisme, alimentation, etc.), de nombreuses études scientifiques internationales montrent leurs effets néfastes sur la santé. Cela doit donc conduire à l'application du principe de précaution.
"C'est un sujet sur lequel nous avons beaucoup de retard, comme la plupart des pays européens", relève Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'écologie. "Une femme enceinte trouve plein d'informations sur la nécessité de ne pas manger de fromage au lait cru, mais rien sur les produits chimiques qu'elle doit éviter."
Après la parution des premières mesures de la qualité de l'air intérieur fin 2006, quelques valeurs guides sont en train d'être déterminées par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur, qui dispense également des conseils pour limiter la pollution chez soi (www.air-interieur.org).
Des conseils pratiques
Le premier et le meilleur réflexe est l’aération de toutes les pièces de votre habitation.
Porter masque, gants et lunette de protection lorsque vous effectuez des travaux.
Lorsque vous utilisez des produits contenant des Composés Organiques Volatils, choisissez ceux qui en émettent le moins possible et gardez les fenêtres ouvertes.
Réduire l’humidité, limiter la température à 20°C, éviter les tapis et moquettes, aérer et nettoyer régulièrement la literie, utiliser des housses de matelas anti-acariens.
Vers une meilleure prise en compte du problème ?
Le Plan National Santé Environnement lancé en 2004 par le gouvernement vise à protéger la population de la pollution intérieure des locaux.
Deux actions semblent prioritaires :
- l’action 14 vise à mieux connaître les déterminants de la qualité de l’air intérieur et à renforcer la réglementation.
- l’action 15 prévoit la mise en place d’un étiquetage des caractéristiques sanitaires et environnementales des matériaux de construction.
Ce plan se termine fin 2008, il faut espérer qu'au plus tard en 2009 nous aurons des étiquettes plus claires et un vrai baromètre pour mesurer la qualité de l'air intérieur.
Céline Gerbier
Sources :
"La pollution atmosphérique par les particules en suspension : ses effets nuisibles sur la santé", OMS avril 2005
www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/pnse/sommaire
AFSSET, Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement
Le Monde 31/01/08