BILLET D'HUMEUR - MANGER BIO C'EST BIEN, MANGER SAIN C'EST MIEUX...
En ce début janvier, j’entends partout et dans toutes les bouches, les sempiternelles expressions de la nouvelle année : « j’ai trop mangé », « j’ai avalé n’importe quoi », « j’ai mangé trop gras », etc… Et bien j’ai décidé de pousser mon premier cri de révolte pour 2009 ! Arrêtez de venir me voir en disant : « et toi avec "Vie Saine et Zen", t’as fait comment pour le nouvel an ? T’as dû bien manger, que du bio je suppose… »
Tout le monde semble vouloir « manger mieux », mais pourtant année après année, le constat est toujours le même, rien ne change. Alors que se passe-t-il pour qu’à l’entrée des hypermarchés nous soyons presque tous désireux d’acheter du bio, de l’équitable, etc… et que nous ne retrouvions rien – ou très peu – de tout cela dans nos caddys à la sortie.
Des études de consommation ont été menées sur le terrain. Exemple avec les crevettes. À l’entrée du magasin, les clients déclaraient vouloir acheter celles élevées dans de bonnes conditions écologiques, les françaises de Nouvelle-Calédonie. Ils en prenaient donc un paquet au rayon poissonnerie, et lorsqu’ils découvraient un peu plus loin les crevettes standard, beaucoup moins chères, ils procédaient à un échange. Bye bye les crevettes élevées dans de bonnes conditions écologiques, et vive les « vilaines » crevettes « pas vertes » ! Il en est de même avec l’envie d’acheter des fruits et des légumes pour tenter de suivre une partie des conseils du fameux PNNS (Plan National Nutrition Santé), 5 fruits et légumes par jour. À l'entrée du magasin, l'envie est affichée. Après le passage en caisse, les caddys ne contiennent pas les produits désirés à l'entrée.
La plupart du temps, c’est le porte-monnaie qui choisit ce qui atterrit dans notre assiette, pas nous et c’est bien là le problème.
Loin de moi l’idée de condamner la Terre entière, en commençant par moi d’ailleurs. Mais plutôt le désir de proposer une alternative. En 2009, essayons d’acheter un peu moins mais mieux. Pour les crevettes, n’achetons pas 600 g, mais 300 par exemple. Mieux vaut manger de meilleurs produits en petite quantité que le contraire. Pour les fruits, achetons des fruits de saison et privilégions les produits locaux. Voici deux réflexes assez simples qui n’impliquent pas de se priver, ou de se compliquer l’existence.
Revenons maintenant à mon repas de réveillon. Au risque de décevoir bon nombre de personnes, j’ai comme tout le monde mangé trop de chocolat (pas bio), beaucoup de fruits de mer, du foie gras, j’ai comme tout le monde bu un peu trop d’alcool (mais je n’ai pas conduit après, bien sûr !!!). La seule chose que j’ai réussie à éviter cette année : le chapon farci (spécialité de toute ma belle famille ; belle-mère, beau-père, belle tata : oui, oui, vous comptez bien ça fait trois chapons par nouvelle année !).
Si je pouvais faire un vœu d’ordre alimentaire pour 2009, ce ne serait pas en faveur du bio, mais plutôt en faveur du sain. Et tous ces repas de fête en sont la parfaite démonstration. Si vous ne touchez pas au menu du traditionnel repas de Noël ou de Nouvel An, et que vous n’utilisez que des produits bio pour le préparer, vous mangerez mal.
« La recherche de l’équilibre alimentaire doit précéder le choix du bio » déclare le Dr Jean-Marie BOURRE dans son livre Bien manger : vrais et faux dangers aux éditions Odile Jacob. « Par exemple, 450 personnes meurent chaque jour en France de maladies cardiovasculaires et autant de cancer, pour la raison exclusive que leur alimentation est déséquilibrée, c’est-à-dire insuffisamment diversifiée. Un peu – ou même beaucoup - de « bio » au sein de ce déséquilibre ne changerait presque rien. »
L'avantage incontesté du « bio » se situe sur le plan environnemental. L’agriculture biologique tente de préserver notre belle planète, et ses bienfaits sur la nature sont nettement supérieurs aux bienfaits nutritionnels de ses aliments.
« Un récent rapport de l’Afssa (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) montre que l’intérêt nutritionnel de l’agriculture bio est modeste pour l’homme, étant donné le faible enrichissement en nutriments qu’induit cette méthode de culture. » précise le Dr J-M BOURRE.
C’est au niveau des toxiques, comme les pesticides, que le bio apporte un vrai plus alimentaire.
Pensez donc à manger varié dans des quantités humaines, c’est-à-dire raisonnables, et n’hésitez pas à consulter un médecin nutritionniste pour apprendre à manger mieux, avant de dévaliser votre magasin bio.
Je vous en supplie arrêtez de vous donner bonne conscience après les fêtes alors que vous avez passé votre temps à vous goinfrer et pensez EQUILIBRE pour cette année.
Céline Gerbier
