Les plantes qui dépolluent

LES PLANTES QUI DEPOLLUENT

Tabagisme, peintures, revêtements, colles en tout genre, appareils et produits ménagers…. L'air intérieur de nos appartements ou de nos maisons a de multiples raisons d'être pollué. À notre échelle, nous pouvons prendre un certain nombre de mesures (voir l'article : Comment lutter contre la pollution chez nous ?).
Savez-vous que le fait d'intégrer certaines plantes à notre décor quotidien peut non seulement apporter la touche esthétique qu'on connaît mais aussi réduire sérieusement la pollution de l'air de nos habitations ?

Les premiers travaux sur la question datent de 1980. Le Dr Bill Wolverton de la NASA, étudie alors le recyclage de l’air dans les navettes spatiales. Il teste l'efficacité des plantes sur les polluants tels que le formaldéhyde, le xylène, l'ammoniaque, le benzène et découvre qu'elles ont la capacité de dépolluer l’air de façon significative. Depuis, de nombreuses équipes de chercheurs à travers le monde ont confirmé ces résultats.

En Australie, une université à Sydney a démontré l'efficacité de certaines plantes sur le benzène et le n-hexane.

En France, le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) et la faculté de pharmacie de Lille étudient ces phénomènes dans le cadre du projet Phyt'air, dont l'objectif est de mettre en évidence les propriétés épuratrices des plantes en pot vis-à-vis de très nombreuses substances polluantes, comme le monoxyde de carbone, le toluène et le formaldéhyde.

Le principe repose sur l'échange gazeux
Les particules d'air chargées de divers polluants sont absorbées par les feuilles. Elles sont ensuite acheminées jusqu'aux racines. Là, des micro-organismes convertissent les polluants en produits organiques qui servent alors à nourrir la plante. Et cette dernière émet de la vapeur d'eau au terme d'un processus appelé "transpiration".
À l'arrivée on a donc dans la pièce une amélioration du taux d'humidité et du taux d'oxygène.

Évidemment, plus les plantes sont grandes avec une surface de feuille importante, plus l'échange gazeux a de l'ampleur.

Des plantes dépolluantes
Une plante n'a pas la capacité, seule, d'éliminer tous les types de polluants. Différentes variétés doivent être utilisées et placées judicieusement dans les pièces exposées.

- Aglaonéma : élimine le benzène et le toluène.
Très facile à vivre, sa croissance est lente mais elle atteint facilement 50 cm de hauteur. Son feuillage est superbe. Originaire des forêts tropicales, elle apprécie d'être brumisée à l'eau tiède. Elle se satisfait d’une lumière tamisée, supporte le chauffage et la climatisation.

- Aloe Vera : élimine 90 % du formaldéhyde qui peut se trouver un peu partout dans une maison car il fait partie des COV (Composés Organiques Volatiles) présents dans les désodorisants, colles, parquets, solvants, cires, laques, vernis, peintures, produits ménagers…
Considérée depuis l'antiquité comme la plante aux milles vertus thérapeutiques (voir l'article : L’Aloe Vera : la reine des plantes), elle est sculpturale et très facile à cultiver.

- Azalée d’intérieur : absorbe les vapeurs d’ammoniaque des détergents pour sols.
En fleur de septembre à mai, elle pousse lentement jusqu’à 80 cm de hauteur. Arroser régulièrement à l’eau non calcaire tiède (pas d’eau stagnante dans la soucoupe) ; vaporiser quotidiennement les feuilles à l’eau douce tiède ; à mettre sous une lumière indirecte à 18° C maximum durant la floraison ; supprimer les fleurs fanées au fur et à mesure.

- Cactus : contre les pollutions électromagnétiques.
Les cactus, particulièrement le cereus peruvianus (Cierge du Pérou) et le cereus peruvianus monstruosus, doivent être installés à côté des postes émetteurs : bornes wi-fi, télévision, portables, micro-ondes...
Les placer dans une zone ensoleillée ; arroser abondamment entre avril et octobre, en attendant que le substrat soit sec entre deux arrosages ; laisser au repos en hiver.

- Chlorophytum (plante araignée ou phalangère) : champion pour le monoxyde de carbone et les solvants des peintures et des colles (toluène comme formaldéhyde).
C'est une plante verte très populaire, facile à cultiver, qui résiste longtemps sans entretien régulier ! À disposer un peu partout dans l'habitation. Elle porte ses rejets à bout de tiges et les nouvelles pousses ne demandent qu’à s’enraciner si on les met en terre.

- Chrysanthème : élimine le trichloréthylène, substance utilisée dans les peintures et les solvants.
Il y a de nombreuses variétés aux formes et couleurs différentes. Les périodes de floraison vont de septembre jusqu'aux premières gelées.

- Dracaena (canne chinoise, dragonnier) : absorbe le formaldéhyde et le benzène, notamment celui dégagé par la fumée de cigarettes.
Poussant en hauteur, il est volumineux sans être trop encombrant.
Pour que la plante se tienne droite, il faut tourner le pot régulièrement. Retirer les feuilles fanées au fur et à mesure ; essuyer les autres feuilles avec une éponge mouillée ; laisser la terre sécher sur 2 cm en surface entre chaque arrosage ; le placer dans un angle bien éclairé, sans soleil direct, et loin du radiateur, en évitant de trop l’arroser.

- Ficus benjamina (figuier pleureur) : lutte contre le formaldéhyde.
Un classique qu'on trouve très souvent dans nos intérieurs. Ressemblant à un petit arbre élégant, il offre une grande surface filtrante à moindre coût. Disposer dans un endroit lumineux, sans soleil direct ; arroser avec une eau de préférence non calcaire quand la terre est sèche en surface ; brumiser son feuillage les jours les plus chauds.

- Lierre : filtre les solvants des peintures, le monoxyde de carbone dégagé par les appareils de chauffage, et le benzène.
C’est plutôt une plante d’extérieur, mais elle s’adapte à un intérieur frais et peu lumineux. Lorsque le lierre est cultivé en suspension, les tiges s’allongent assez vite. Comme la vigne vierge le lierre peut devenir envahissant : à surveiller et à tailler régulièrement.

- Nephrolepsis exaltata : idéale pour absorber le formaldéhyde et le xylène.
C'est une fougère qui apprécie la lumière et des températures entre 10°C et 20°C. Elle pousse à l'origine dans des forêts tropicales humides. Arroser régulièrement ; vaporiser tous les jours et toute l'année.

- Philodendron : élimine le formaldéhyde et surtout le PCP (pentachlorophénol), nocif, longtemps émis par les produits classiques de traitement du bois.
Il devient assez vite imposant. Le mieux est de lui mettre un gros tuteur auquel il pourra s’accrocher et grimper. Brumiser régulièrement son feuillage et le nettoyer avec une éponge humide ; mettre à la lumière, sans soleil direct.

- Pothos (lierre du diable) : absorbe le monoxyde de carbone.
Ce lierre d'intérieur est facile à cultiver. Placé à la lumière, sans soleil direct, il va se développer et prendre de l'ampleur. Mettre en suspension ou en palissade intérieure ; nettoyer les feuilles avec une éponge humide.

- Rhapis excelsa : filtre surtout l’ammoniaque et le formaldéhyde
De la famille des palmiers, il développe en pot une grosse touffe de palmes souples, qui évoque le bambou. Il atteint de 1 à 2 m de hauteur, aime la lumière indirecte et l’humidité, surtout dans une pièce chauffée.

- Sansevieria (langue de belle-mère) : élimine le benzène
C'est une plante très résistante qui peut rester longtemps sans réel entretien. Ne pas détremper lors des arrosages pour éviter de faire pourrir les feuilles.

- Spathiphyllum (fleur-de-lune, voile blanche) : résorbe aussi bien le benzène, le trichloréthylène, le formaldéhyde que les ondes électromagnétiques. Ses performances sont dues à un taux d’évaporation élevé.
Un classique ! Ses fleurs blanches s’épanouissent presque toute l’année. Les variétés les plus imposantes atteignent 2 m de hauteur, mais il y en a de plus petites. Nettoyer ses feuilles en retirant la poussière ; mettre dans un peu de lumière, sans soleil direct.

- Syngonium : lutte contre le formaldéhyde.
C’est une liane tropicale, dont les tiges s’étalent sur 2 m en pot. Il faut donc l'accrocher sur un treillis, ou le mettre en suspension. Placer à la lumière vive mais indirecte ; vaporiser les feuilles quand il fait plus de 20°C.

L'action dépolluante de ces plantes est durable et rapide. Elle serait mesurable dès les premiers jours après leur installation.

Conseils pratiques
On peut placer les plantes dans toutes les pièces y compris les chambres. En effet, malgré une idée reçue, le rejet en gaz carbonique par les plantes vertes la nuit est négligeable par rapport à la quantité d'oxygène produite le jour.

De façon générale, on estime qu’une plante tous les 9 ou 10 m2 suffit à maintenir un air sain dans une habitation d’une hauteur de plafond de 2,50 m.

Il vaut mieux conserver le terreau de la plante toujours humide : plus une plante consomme d’eau, plus elle génère d’humidité et plus elle est à même d’éliminer des polluants. Attention toutefois à l'excès d’humidité : le terreau ne doit pas rester détrempé, ni l’eau stagner dans les soucoupes.

Il faut penser à éliminer régulièrement la poussière qui se dépose sur les feuilles, en vaporisant de l’eau sur les deux faces, ou en nettoyant les plus larges à l’aide d’une éponge humide.

Voilà, il n'est pas nécessaire d'avoir la main verte, il suffit de connaître un peu les plantes et d'en prendre soin régulièrement. Si elles ne se plaisent pas là où elles sont, on peut faire différents essais jusqu'à ce qu'elles trouvent leur emplacement idéal dans votre intérieur.

En plus de l'embellissement de votre lieu de vie, c'est une excellente source d'occupation pour vous destresser et retrouver votre zen attitude.

 

Felix Franck

Sources :
RecyNet
aujardin.info
Association Plant'airpur : plantairpur.fr
"Les plantes dépolluantes", Geneviève Chaudet et Ariane Boixière, Rustica éditions, 15 €.
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