VOUS REPRENDREZ BIEN DU POISSON ?
Fin janvier, le WWF (Fonds mondial pour la nature) demande à la grande distribution de cesser la vente de thon rouge de méditerranée. C'est un cri d'alarme : on assiste à une pénurie de certaines espèces de poissons dans les mers et les océans.
Or les nutritionnistes nous conseillent de manger du poisson deux à trois fois par semaine pour avoir notre dose d'oméga 3 si bénéfiques pour la santé…
Mais les toxicologues nous disent : "attention le poisson est très pollué !"
Alors faut-il manger du poisson ? Et quels poissons ?
Le poisson : bon pour la santé
On disait que le poisson était bon pour la mémoire. Les catholiques en avait fait leur plat du vendredi pour "faire maigre" (on dirait aujourd'hui : "détoxiquer l'organisme").
Il est vrai que le poisson est une très bonne source de protéines alternative à la viande (18 à 20g pour 100g) et souvent moins calorique que cette dernière.
Il est riche en minéraux (fer, phosphore, zinc, cuivre, calcium) et en oligo-éléments (fluor, sélénium, cobalt, manganèse...).
Avec les dernières découvertes des nutritionnistes, on sait maintenant que le poisson renferme les précieux acides gras "oméga 3" qui jouent un rôle bénéfique dans le développement psychomoteur, la prévention des maladies cardiovasculaires, celle de la maladie d'Alzheimer et de certains cancers.
Mais attention ! Pour profiter au mieux des bénéfices diététiques du poisson, il vaut mieux le cuisiner à la vapeur ou au court-bouillon, éventuellement au four en papillote ou à la poêle sans matière grasse.
Quel poisson choisir ?
C'est là que le casse-tête commence, car il y a de plus en plus de paramètres à prendre en compte.
Choisir un poisson gras ou maigre ?
Les poissons les plus intéressants d'un point de vue nutritionnel sont ceux qui sont les plus riches en oméga 3. Ce sont principalement les poissons gras des mers froides et quelques autres : saumon sauvage, thon, maquereau, hareng, sardine, anchois, truite…
Pour mémoire, sont considérés comme maigres les espèces comme le turbot, le merlan, la dorade, le colin, le cabillaud, le carrelet, la sole, la perche, le brochet…
Pour équilibrer son alimentation en oméga 3, il faudrait donc consommer un maximum de poissons gras.
Mais pas de panique ! Il y a d'autres sources intéressantes d'oméga 3 dans certains végétaux (graines de lin, huile de colza, huile de chanvre, noix, pourpier, épinards, algues marines, spiruline…). Et il existe également de nombreux compléments alimentaires qui sont susceptibles d'apporter la quantité suffisante de bonnes graisses pour l'organisme.
Choisir les poissons les moins pollués
Les poissons peuvent contenir certains "polluants organiques persistants" dont le méthylmercure, un dérivé du mercure présent dans l'environnement de façon naturelle ou accidentelle. Ils peuvent aussi contenir des dioxines en encore du polychloro biphenyls (PCB).
Variable selon les espèces, le niveau de contamination serait plus élevé chez les poissons prédateurs.
L'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) recommande donc de ne pas dépasser plus d’une portion par semaine (150 g pour les femmes enceintes et allaitantes et 60 g pour les enfants jusqu’à 30 mois) de poissons prédateurs sauvages, en plus des autres poissons consommés.
Quels sont ces poissons ? La liste est assez longue : bar, lotte, loup de l'Atlantique, anguille et civelle, empereur, grenadier, flétan, cardine, mulet, brochet, raies, sabre argent, sabre noir, dorade, pageot, requin, esturgeon, espadon, thon…
Les poissons qui se situent en bas de la chaîne alimentaire sont les moins contaminés : maquereaux, anchois, sardines, hareng, truite…
Choisir des poissons d'élevage bio
Poisson sauvage ou d'élevage ? On est là au centre d'une polémique.
D'un côté, les tenants de l'aquaculture expliquent que l'élevage de poissons permet de mieux contrôler leur teneur en produits toxiques.
De l'autre, les écologistes s'alarment de la manière avec laquelle on alimente les poissons d'élevage : farines animales (parfois d'origine terrestre), huiles animales et grandes quantités de petits poissons de pêche à teneur élevée en polluants organiques persistants et dont la pêche massive dépeuple les océans.
Ils dénoncent également les pollutions organiques, chimiques et biochimiques, et les contaminations parasitaires qu'entraînerait l'aquaculture.
Alors pourquoi pas orienter son choix plutôt vers les poissons d'élevage bio ?
Le cahier des charges de l'aquaculture biologique mis en place depuis 2000 apporte un certains nombre de garanties : des techniques d'élevage respectueuses de l'environnement, une alimentation contrôlée et exempte de tous produits d'animaux terrestres.
Un organisme certificateur indépendant ("Qualité France") contrôle sa stricte application.
Le poisson est reconnaissable par la présence des deux logos "Qualité France" et "AB".
Choisir des poissons qui ne sont pas en voie de disparition
Manger du poisson trois fois par semaine en variant les espèces
Tableau récapitulatif