Vivre d'eau fraîche

VIVRE D'EAU FRAICHE

Notre corps en contient en moyenne 60 %. Notre cerveau 80 % ! Chez l'enfant, les besoins en eau sont proportionnellement trois à cinq fois plus importants que chez l'adulte. C'est dire s'il est important de se préoccuper de l'eau qu'on consomme…

Les aliments, le lait, les fruits et les légumes, les viandes et les poissons apportent environ 1 litre d'eau par jour. Notre corps en élimine en moyenne 2,5 litres (urine, sueur, respiration...). Il faut donc absorber 1,5 litres complémentaires, de préférence étalés dans la journée en petites quantités plutôt que d'un seul coup…
Mais quelle eau choisir ?

Pollution de l'eau : une catastrophe qui dure
Voilà plus de quarante ans que la plupart des rivières et des nappes phréatiques françaises sont gravement polluées. Les agences de l'eau ont pour mission de lutter contre cette pollution et sont aux côtés des écologistes pour tirer régulièrement la sonnette d'alarme.

Les responsables de la pollution ? On les connaît parfaitement.
Pour les rivières, la responsabilité est partagée entre les eaux usées domestiques, les rejets industriels et agricoles. Les eaux de pluie au contact de l'air pollué se chargent également en résidus d'hydrocarbures et autres métaux lourds.
Pour les nappes souterraines qui fournissent 60 % de l'eau potable, l'agriculture intensive (grande culture et élevage) est principalement responsable, avec ses rejets de nitrates et pesticides.

Les associations de consommateurs mettent à raison l'accent sur le fait que le traitement des eaux est financé à 85 % par les consommateurs. On est loin du principe pollueur payeur.

Nitrates et pesticides
L'azote contenu dans les engrais ou les déjections animales provenant de l'agriculture ou de l'élevage intensifs s'oxyde et se transforme en nitrates, puis en nitrites sous l'influence des bactéries. Ces nitrites peuvent altérer l'hémoglobine et l'empêcher de transférer convenablement l'oxygène vers les cellules. Lors de la digestion de la viande, ils produisent des nitrosamines qui ont un effet cancérigène.
La norme pour l'eau du robinet a été fixée à 0,5 mg/l.

La France est le premier consommateur de pesticides au monde proportionnellement à sa superficie. L'agriculture et l'élevage intensifs en sont les principaux utilisateurs mais il ne faut pas oublier les communes, la SNCF, la DDE… Et les particuliers qui répandent abondamment leurs insecticides ménagers.
L'OMS estime que les pesticides causent chaque année dans le monde 1 million d'empoisonnements graves et 220 000 décès. Ils ont des effets reconnus sur le développement des cancers, des affections neurologiques, des malformations congénitales, des problèmes d'infertilité.
La norme pour l'eau du robinet a été fixée à 0,5 µg/l pour la concentration totale en pesticides.

Produits chimiques et métaux lourds
Les pyralènes (PcB), interdits en France depuis vingt ans sont encore présents dans certains endroits.
On trouve également dans la chaîne alimentaire par le biais des eaux usées les antioxydants des plastiques et vernis, les éthers de glycol, les hormones de synthèse ainsi que des métaux lourds comme le cadmium qui favorise l'apparition de l'hypertension ou le mercure qui peut provoquer des troubles neurologiques et rénaux.

Ce qu'on peut faire à notre niveau
Il y a un certain nombre de gestes quotidiens qui sont recommandés pour rester zen avec la planète :
- réduire sa dose de détergents et choisir des produits non polluants ;
- ne pas abandonner ses détritus dans la nature, ne pas jeter ses huiles de vidange, huiles ménagères, herbicides, peintures, solvants et autres ailleurs que dans une déchetterie spécialisée ;
- ne pas utiliser d'engrais chimiques ni de pesticides dans son jardin ou sur son balcon.

Eau du robinet : saine, sûre, très peu chère
L'eau qui arrive à nos robinets répond à des critères de potabilité très stricts. Généralement, sauf quelques exceptions locales où les teneurs en nitrates flirtent de très près avec les seuils réglementaires, cette eau est le produit le plus surveillé de France.

C'est une eau généralement très "dure", c'est dire à forte teneur en calcium (+ de 150 mg/l), avec un goût de chlore légèrement marqué.

D'après les agences de l'eau, les désagréments d'une eau trop dure sont uniquement de l'ordre du confort (entartrage, eau désagréable pour l'épiderme...). On n'a pas démontré d'effets sanitaires négatifs liés à la dureté de l'eau et à la présence de calcaire, en particulier sur la fréquence des calculs rénaux. Au contraire, boire de l'eau calcaire permet de couvrir une partie des besoins de l'organisme en calcium.

Quant au chlore, on l'utilise pour désinfecter et sécuriser le transport de l'eau dans les canalisations. La teneur en "chlore résiduel" est réglementée à moins de 0,1 mg par litre sauf en cas d'impératifs sanitaires où ce seuil peut être dépassé. Dans tous les cas, les agences de l'eau affirment que la substance ne présente aucun danger pour la santé.
Pour résoudre le problème du goût, il suffit de laisser l'eau s'aérer pour qu'il se dissipe. Ou, pourquoi pas, presser un citron dans un litre d'eau du robinet.

Recommandations :
- il faut boire uniquement l'eau froide, l'eau chaude peut contenir des micro-organismes nocifs ;
- il vaut mieux consommer l'eau dans les deux jours après le contact avec l'air ;
- il n'est pas inutile tous les matins au réveil de purger les canalisations en faisant couler l'eau jusqu'à ce qu'elle soit fraîche. On peut recueillir l'eau qui a stagné dans les tuyaux et l'utiliser pour laver du linge, arroser les plantes…

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