C'est la crise !

En apparence il n'y a pas grand chose de commun entre la crise financière de cet automne 2008 et les crises climatique et alimentaire qui défraie les médias depuis plusieurs années. Et pourtant en essayant de comprendre les mécanismes de ce krach, quelque chose a attiré mon attention.



Si j'ai bien compris, 80 % des masses financières brassées dans le monde ne sont pas fondées sur de l'économie réelle. Ce sont des valeurs virtuelles. Ce qui veut dire que la finance qui est là pour apporter des liquidités à l'économie, du fait des dérives spéculatives, est susceptible de fragiliser ce qu'elle est censée développer.
De la même manière nous vivons dans une société où l'air que nous respirons, censé nous maintenir en vie, est en train de nous intoxiquer ; où l'agriculture, censée nourrir les populations localement, devient un bien d'exportation soumis aux fluctuations internationales ; où la nourriture que nous mangeons, censée nous nourrir, est en train de nous empoisonner ; où les médicaments que nous prenons, censés nous soigner, sont en train de nous rendre malades ; où l'activité physique que nous pratiquons, censée nous faire du bien, nous fait subir toute une série de traumatismes... Et l'on pourrait encore continuer la liste.

Le point commun, le voilà : il est urgent de remettre du (bon) sens dans tous les aspects de l'activité humaine.

Les enfants de Mai 68

L'après 68 : du pire…
Il y a de nombreuses dimensions dans Mai 68, voilà pourquoi les historiens et les commentateurs peinent aujourd'hui à en rendre compte. Parce qu'on remettait en cause l'autorité arbitraire, non fondée sur la compétence et quasiment de droit divin qui régnait en France à l'époque, certains se sont cru fondés à critiquer toute autorité et toute hiérarchie. Dans l'éducation des enfants, ça a été catastrophique et à l'origine du grave problème de société que nous connaissons aujourd'hui avec la généralisation des enfants-rois et la perte de repères que le phénomène entraîne.

Puisque tout était ouvert, que rien ne devait échapper à la remise en cause générale, certains ont multiplié les expériences peu glorieuses : pédophilie, drogue, violence, terrorisme. Tout était ouvert puisqu'il s'agissait de refaire le monde ! Il y avait une grande tolérance et une extraordinaire porosité entre les milieux : gauchistes plus ou moins militants, légalistes ou non (certains commençaient à choisir la voie du terrorisme), hippies plus ou moins drogués, dealers plus ou moins maffieux…

… Au meilleur
Mais dans ce fourmillement deux thèmes forts apparaissent au début des années 70, qui sont les enfants du mouvement de mai 68.
C'est d'abord le féminisme dont la revendication est ancienne mais qui à l'époque de la "libération sexuelle" prend tout son sens et se cristallise autour du mouvement pour l'avortement et la liberté de la contraception.



Et c'est bien sûr l'écologie qui surgit dans la foulée du club de Rome en 70 avec pour la première fois l'idée d'une croissance zéro. On parle déjà de développer l'énergie solaire et Reiser s'en fait le porte-parole dans "La Gueule ouverte", le premier mensuel écolo.



Dans le même temps, beaucoup de philosophies et de pratiques arrivent d'outre Atlantique : on découvre la contre-culture américaine. On avait bien sûr déjà suivi la beat generation, Kerouac, Ginsberg, Leary et Burroughs. On découvre Marcuse, Illitch et les orientalistes comme Alan Watts. De nombreuses pratiques corporelles et médecines alternatives se développent en France à cette époque (Feldenkrais, Gestalt massage et thérapie, ostéopathie, analyse transactionnelle, art-thérapie…).

Nous sommes tous des enfants de 68
Nous sommes aujourd'hui collectivement les enfants de mai 68. Nous en subissons parfois les dérives dans certains domaines, mais nous avons inscrit dans la Constitution le principe de parité homme/femme et le rendez-vous de l'environnement nous met, qu'on le veuille ou non, dans l'obligation d'imaginer de nouveaux modes de vie, d'y réfléchir et… "C'est pas triste " comme le disait Gébé dans son film "l'an 01".

L'après 68

L'esprit de Mai renaît chaque année, prétexte à la fête
Dans les commémorations actuelles, on a l'air d'oublier une chose essentielle. À partir de 68, chaque année au printemps les manifestations reprennent. Jusqu'en 75 on pense que Mai 68 va renaître et la révolution réussir. Sérieusement, on n'y croit pas tant que ça mais on le mime et c'est prétexte à un fourmillement culturel festif : les organisations politiques (de gauche), les MJC, les municipalités… Tout le monde a sa fête, sur le modèle ancien de la Fête de l'huma. Et les festivals fleurissent un peu partout : rock, folk, chanson française, humour. Ils se proclament même parfois "autogérés".



De nouveaux modes de vie
C'est le fameux "jouir sans entrave". Tout est permis, "il est interdit d'interdire". On expérimente de nouvelles manières de vivre. La contraception s'est généralisée, en tout cas dans le milieu des jeunes et des étudiants. Tout le monde parle de "libération sexuelle", alors sous peine d'être taxé de frustré ou de bloqué (injure suprême), il faut se comporter en "libéré". On cohabite entre jeunes, colocations ou communautés qui refusent plus ou moins le confort au titre d'une remise en cause de la société de consommation.
Un grand débat de fond agite les gens "conscientisés", c'est à dire dans le jargon de l'époque ceux qui aspirent à la révolution. Il y a ceux qui pensent que pour changer la société il faut se changer soi-même d'abord. Et ceux qui pensent qu'il faut changer les structures de la société et que tant que les structures n'ont pas changé, l'individu ne peut rien faire. Vaste débat !

Mai 68 commence après mai 68

À toutes les sauces on aura réchauffé du Mai 68. Ce qui tend à prouver que c'est vendeur encore, quarante ans après. Pour nous qui avons vécu cette période, à part quelques documentaires de qualité, nous aurons rarement reconnu l'ambiance de l'époque dans les récits et les analyses des uns et des autres. C'est probablement que chacun y met et y mêle sa propre histoire.



68 : une révolution manquée ?
Il y a ceux qui racontent les événements de 68 comme si tout s'arrêtait le 30 mai, le jour de la manifestation sur les Champs Elysées, dont je me souviens qu'on avait dit à l'époque qu'elle comptait un million de personnes alors qu'on parle aujourd'hui de 300 à 400 000 manifestants. Pour ceux-là, il s'agit d'une révolution manquée. Dès juin, tout est plié, le régime gaulliste sort renforcé, on peut considérer que c'est fini. "Militairement" ils ont raison. Culturellement, ils n'ont rien compris.

Mai 68 a commencé après 68
Pour ceux de ma génération, trop jeunes pour être dans l'action de Mai 68, Mai 68 n'a pas eu lieu au mois de mai 1968. Mai 68 a commencé après. Avant, la société est figée, sous une chape de béton. Pas de liberté de la presse, une télévision aux ordres du gouvernement, des mœurs d'un autre âge : inégalité des droits entre hommes et femmes, contraception confidentielle, criminalisation de l'avortement, de l'homosexualité, guillotine toujours active, racisme anti-jeune… Après, la France s'éveille lentement à la modernité. De force plus que de gré.

Plus rien ne sera comme avant
En rentrant au lycée au mois de juin, et plus encore en septembre suivant, les lycéens que nous étions réalisent immédiatement que plus rien ne va être comme avant…. Un climat, une atmosphère. Derrière la logorrhée marxiste qu'on adopte pour avoir l'air affranchi, il se passe autre chose. Du reste, qu'est-ce qu'on se moque des "anciens combattants" de 68 ! Très vite la dérision prend le dessus : le situationnisme est passé par là. L'esprit Charlie Hebdo aussi. La gauche commence à se libérer du catéchisme communiste.

L'autoguérison : tarte à la crème ou clé de la médecine de demain ?



Dans le passé, j'ai subi plusieurs fois des séances d'acupuncture avec des praticiens différents sans jamais ressentir le moindre effet. Puis, un jour, je suis sorti d'une séance totalement vidé, détendu, destressé. J'étais tombé sur un bon praticien. En tout cas un qui me convenait. Ou alors c'était moi qui avait décidé de me soigner ce jour-là...

Quelques mois plus tard, je croise chez un ami commun le responsable du service douleur d'un grand hôpital parisien. Un ponte. Je me lance : "vous utilisez l'acupuncture en milieu hospitalier ?"
Il me répond que ça fait plus de trente ans qu'ils utilisent l'acupuncture avec succès et que ça n'est plus l'objet de leurs recherches actuelles. "Avec l'imagerie médicale", poursuit-il, "on se rend compte maintenant que, lorsque le corps est atteint d'une affection, le cerveau émet pour soigner cette affection une substance chimique dont la composition varie selon la nature de l'affection."
Me voilà tout esbaudi à la fois par la subtilité du fonctionnement humain et par l'avancée de cette science qui nous permet aujourd'hui de faire de telles découvertes...
"Mais ce n'est pas tout", rajoute mon interlocuteur, "on se rend compte également qu'il y a des moments où le cerveau n'émet pas cette substance. Pourquoi ? On ne sait pas. Et pourquoi décide-t-il tout à coup de l'émettre ? On ne sait pas non plus, mais il semblerait que l'attitude du thérapeute pourrait jouer un rôle..."

Voilà donc mon intuition qui coïncide avec des pistes de réflexion animant des sommitudes de la science !
Et si, indépendamment de la validité supposée de telle ou telle pratique médicale, c'était principalement la qualité du praticien et sa capacité à établir une relation thérapeutique avec le patient (les psys appellent cela le transfert) qui provoquait l'émission de la petite substance chimique du cerveau qui nous soigne ? Est-ce que c'est cela qu'on appelle l'autoguérison ?
Cela me rappelle un slogan vieux comme 68 : "la médecine peut nous soigner mais c'est à nous de nous guérir."

Making Of de Viesaineetzen.com



2003 : je développe un projet de magazine TV intitulé "Zen Attitude". L'idée est de faire un magazine qui fédère les thèmes de la forme, la santé, l'alimentation, le développement personnel et l'environnement, à partir de témoignages de téléspectateurs, de tests et chroniques de la rédaction.

2004-06 : je présente le projet à différents responsables de chaînes qui y voient un fort intérêt et décident donc… De ne pas la mettre à l'antenne.
L'un d'eux me dit : "c'est une excellente idée, il n'y a rien qui existe sur ce thème à la télé, tu es probablement un peu en avance…"

Mars 2007 : l'idée de monter un site qui reprenne les thèmes du projet TV, adapté au media internet, devient une évidence.
Je prends conseil auprès de quelques amis déjà intégrés dans l'e-business.

Mai 07 : je rencontre Christophe Cordier, le web master sans lequel rien n'est possible. Il accepte de se lancer dans l'aventure.
Yves Fleury et Karine De Démo, deux complices de longue date particulièrement sensibilisés aux thèmes de la "zen attitude", nous rejoignent.

1er juin et 12 juin 07 : premières réunions du petit noyau d'équipe pour réfléchir et démarrer le projet. L'idée est de faire un portail assez large avec un forum, des pages actualités, et à terme, une WebTV comprenant des émissions régulières produites en interne et des vidéos envoyées par les internautes.

8 juin 07 : le nom du site est enregistré.

Juin-juillet 07 : Christophe commence à intégrer le contenu que je lui fournis régulièrement ainsi que la mise en page imaginée par Barth Picq, jeune étudiant en arts graphiques.



24 juillet 07 : le site est accessible sous l'url "viesaineetzen.com/site/".
Petit à petit le chantier avance.

Fin août 07 : je contacte des amis journalistes pour nourrir le contenu des pages "actualités". Isabelle Battesti est la première à nous envoyer un article.

18 septembre 07 : réunion de rentrée, toute l'équipe est réunie. Nous prévoyons de mettre le site en ligne avant le salon Zen qui commence le 4 octobre.

19 septembre 07 : Eyeka nous propose un partenariat. Eyeka.com hébergera les vidéos de nos internautes dans une chaîne dédiée sur son site et nous aurons sur Viesaineetzen.com une fenêtre de diffusion. La WebTV existera dès l'ouverture du site.

1er octobre 07 : Karine G. Barzegar nous envoie son premier billet d'humeur. Enfin un peu d'humour sur ce site un peu trop sérieux...

8 octobre 07 : Céline Gerbier nous rejoint avec un papier sur l'allaitement. Le bébé n'est pas loin de naître...

10 octobre 07 : il y a eu un peu de retard, mais après quelques semaines de rush crescendo, le site est en ligne. Champagne !
Même au stade embryonnaire, tous les grands chapitres que nous avions envisagés sont là. Le développement se fera dans les semaines qui viennent. Il faudra améliorer encore pas mal de choses ; normal, les bébés ne naissent pas barbus... Mais les premiers retours sont positifs sur le sérieux du contenu, la lisibilité et la qualité esthétique du site.

Le choix du prof



Qu'on s'intéresse à un art oriental ou à n'importe quelle activité sportive ou artistique, je pense qu'il faut être très vigilant sur le choix de l'enseignant(e).
Comme on fait son marché, j'ai toujours testé différents profs avant d'arrêter mon choix. Les critères sont multiples. Il y a bien sûr le niveau de compétence qu'on peut essayer de discerner, ce qui n'est pas toujours facile quand on ne connaît pas la discipline. Un bon truc : regarder comment pratiquent les élèves les plus avancés. Un autre critère est d'essayer de sentir la qualité de relation qui peut s'établir avec l'enseignant. Un peu comme le transfert avec le psychothérapeute. Quand on ne "sent" pas un prof, je pense qu'il ne faut surtout pas insister.

La relation maître élève

Dans le suivi de la relation maître-élève, j'ai pris conscience d'une donnée essentielle. Nous avons été élevés en France avec l'idée que le professeur doit déployer des trésors pédagogiques pour intéresser ses élèves. Pour les orientaux, c'est complètement l'inverse ! L'élève doit faire tous ses efforts pour intéresser le maître et "voler" son enseignement. C'est une source d'incompréhension courante lorsqu'on fréquente des enseignants indiens, chinois ou japonais. Lorsque j'ai compris cela, mon horizon s'est ouvert subitement.

Attention aux gourous !



J'ai souvent croisé des gourous. Vous savez, ces personnages bizarres qui mettent très vite la relation sur le mode du pouvoir. Avec un peu d'entraînement, on les reconnaît vite. Ils sont généralement obsédés par l'idée de montrer aux autres à quel point ils ont mieux compris la vie !…
J'ai pu répertorier quelques signaux qui permettent de repérer les gourous : la pompe à fric et l'intrusion dans la vie privée.
La multiplication des frais de stages ou d'achats d'objets dont le caractère obligatoire est subtilement suggéré est un signe assez clair.
De la même manière quand les directives de l'enseignant sortent du cadre de la discipline enseignée et débordent sur la vie privée, je dis "méfiance" ! D'autant que la ligne est souvent assez floue dans ces pratiques qui induisent des réflexions et des changements sur nos modes de vie.

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