Édito de Franck Arguillère

Il n'a pas peur des grandes phrases et des grands mots, Nicolas Hulot. Dans son livre Osons* qui vient de sortir, il dit que l'avenir de l'humanité est en jeu lors de la COP21 et il appelle les chefs d'États à être à la hauteur de l'événement. Il y parle de sens, d'amour, d'équité, de noblesse d'âme. On ne peut que souscrire mais j'ai le sentiment qu'aujourd'hui son discours a du mal à passer. Du reste l'ancien animateur de télévision s'en rend compte, semble-t-il, puisqu'il a appelé à la rescousse des humoristes du web pour concevoir un clip : Break the internet.

Il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui regardent ailleurs lorsque la maison brûle. Quand une cause est excessivement imposante, notre premier réflexe est de détourner le regard. L'homme est ainsi fait qu'il montre une grande ingéniosité pour inventer des stratégies d'évitements face à un problème par trop angoissant. Une amie japonaise m'expliquait qu'au moment de la catastrophe de Fukushima, les gens n'étaient pas capables au Japon d'aborder la question de la contamination de l'air et des aliments. Ils continuaient de vivre comme si rien ne s'était passé, au risque de mettre leur santé et leur vie en danger.
Quand Nicolas Hulot ne parle pas, un tic du visage trahit sa nervosité. Apparemment pour lui aussi la cause est lourde à porter.

L'environnement est un sujet anxiogène par nature. Je suis certain que la plupart d'entre nous sommes très conscients de l'ampleur des menaces. Mais nous ne voyons pas distinctement la manière d'y échapper et les échéances semblent encore diffuses et lointaines. De plus, dans ce monde totalement voué au court-termisme nous avons peu confiance dans la capacité des décideurs à apporter les solutions nécessaires. Nous ne sommes pas non plus persuadés de l'aptitude de nos concitoyens à faire preuve du civisme nécessaire. Nous préférons alors botter en touche et nous réfugier dans la futilité ou le déni.

Pourtant la formule est connue et implacable : "la planète peut se passer de nous mais nous ne pouvons pas nous passer d'elle". Les rendez-vous à venir sont donc incontournables.
On peut apprécier l'homme ou le détester mais, dans une ambiance hexagonale singulièrement en manque de boussole, Nicolas Hulot a le mérite de ne pas perdre le nord et de s'exprimer de manière simple. Simpliste diront certains. Certes, quand il parle de réinventer la démocratie, de mettre l'économie au service des humains ou de mettre fin aux abus des multinationales, on a un peu l'impression d'être dans le monde de Oui-oui. Mais lorsqu'il propose d'intégrer la pollution au prix de vente, de démazouter les investissements et de nourrir sans détruire, on est en présence d'un nécessaire rappel au bons sens.

Quant aux engagements individuels concrets qu'il préconise… Se déplacer à plusieurs ou sans moteur ; réfléchir à deux fois avant de prendre l'avion ; manger moins de viande mais de meilleure qualité ; mettre fin au gaspillage alimentaire ; mettre son argent au vert ; choisir une électricité 100 % renouvelable ; agir contre le gaspillage énergétique et pour la nature ; partager ; s'impliquer pour le climat… On ne saurait mieux dire.

 

* éditions Les Liens qui Libèrent

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