Édito de Franck Arguillère

Avec ses 5 600 m2, c'est la plus grande halle en Europe consacrée au bio. Le bâtiment D6 de Rungis qui est en fonctionnement depuis plusieurs mois vient d'être inauguré par le Président de la République. Quel chemin parcouru depuis la création du label bio en 1983 ! Autrefois réservé à quelques babas cool tendance New age (dont je faisais partie, j'assume), le bio n'est plus aujourd'hui un marché de niche et concerne toutes les catégories de populations. Il est en forte croissance avec des indicateurs à mettre en transe les économistes (+15 % par an en Île de France, +10 % au niveau national). François Hollande a rappelé que les crédits publics en faveur de la production biologique ont doublé, passant de 90 millions € en 2012 à 180 millions aujourd'hui.
Le boom du bio, ça se voit ! Qui n'a pas maintenant un magasin bio dans son quartier ou dans sa ville, un ou plusieurs stands spécialisés sur son marché, un rayon bio dans son hyper ? Sans compter les quelques produits bio mélangés aux conventionnels chez de nombreux détaillants (boulangerie, épicerie, caviste etc.).

Bien sûr, les puristes ont commencé à faire la fine bouche parce qu'il y aurait du bio à deux vitesses. C'est vrai que la qualité et l'éthique de l'offre n'est pas de même nature chez Carrefour ou chez Biocoop. Sur le marché que je fréquente assidument chaque semaine, de nouveaux stands ont fleuri arborant crânement le label AB. Et il est probable que le contenu des étals vienne du bâtiment D6 de Rungis. Les tomates sont bio mais cultivées hors sol, les fraises apparaissent en hiver, les poivrons et les aubergines viennent d'Italie ou d'Espagne, les haricots sont importés du Maroc, de nombreux produits ont fait des milliers de kilomètres pour se retrouver là. Au niveau du bilan carbone, c'est pas la joie. On cherche la cohérence.

Mais il faut du temps pour qu'un fait culturel passe de la marge au grand public. Ce qui est important, déjà, c'est qu'un maximum de consommateurs ait accès à des aliments de meilleure qualité parce qu'exempts de pesticides. Au moment où les autorités médicales commencent enfin, avec quinze ans de retard, à admettre l'importance des dégâts causés par ces substances sur la santé humaine (voir : Les causes des maladies chroniques), on ne peut que se réjouir de voir de plus en plus de gens au contact d'une alimentation plus saine. On ne le dira jamais assez : il s'agit d'un enjeu de santé publique.

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