Édito de Franck Arguillère

Nous sommes pour la plupart piétons et automobilistes. Voire piétons, cyclistes ou motards et automobilistes. Mais apparemment nous sommes fâchés avec les conjonctions de coordination. Nous avons souvent tendance à oublier le "et". Quand nous sommes au volant, nous n'avons pas toujours le réflexe en tournant à droite de vérifier dans notre rétroviseur si nous ne coupons pas la route à un vélo. Quand nous chevauchons notre deux-roues, nous grillons les feux rouges au risque de renverser les mamies ou de nous faire percuter par un véhicule. C'est la source de noms d'oiseaux et autres diatribes sur "les" piétons ceci, "les" automobilistes cela, "les" vélos, "les" motards… "L'enfer c'est les autres", aurait dit Jean-Paul Sartre.

Peut-être avez-vous récemment regardé la cérémonie des Molières. Il n'y a pas que les comédiens qui cumulent les rôles, changent de costume du jour au lendemain voire dans la même journée. Dans la vraie vie nous sommes à la fois consommateurs et salariés. Nous sommes à 15h en train de courir après une augmentation de salaire et à 18h en train de nous procurer des biens de consommation en superpromo plus plus, tentant de tirer les prix au maximum vers le bas.

Dans la transition économique que nous sommes en train de vivre, cette addition des rôles se renforce. Nous voilà en plus producteur de biens ou chef d'entreprise. Avec Airbnb, pourvoyeurs de chambre d'hôtes. Avec Blablacar, chauffeurs de transport en commun. À quel moment le consommateur qui offre des services devient-il un professionnel qui fait du business ? Suis-je un auto-entrepreneur "ubérisé" qui fait une concurrence déloyale aux professionnels du secteur ? Ou un citoyen au sein d'une communauté qui prend plaisir à "faire du lien" ? Est-ce que je cours après les prix les plus bas possible de la grande distribution au risque de précariser l'agriculture et mettre en danger ma santé ? Ou est-ce que j'accepte de payer le juste prix dans le respect équitable du producteur ?

Nous ne pouvons pas nous exonérer de réfléchir au sens de nos actions. Plus que jamais la consommation est un acte politique, au sens noble du terme. Il nous faut assumer nos rôles différents. Il est de plus en plus incohérent de faire l'impasse sur le "et". Dans la nouvelle société de sobriété volontaire qui est en train d'émerger, nous devons à la fois nous préoccuper de notre santé et des autres et de notre porte-monnaie et de la planète.

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