Édito de Franck Arguillère

Franck Arguillère"Pas d'effet avéré pour la santé", dit l'Anses (Autorité nationale de sécurité sanitaire) qui vient de remettre son rapport sur les ondes magnétiques. Ouf !
Pourtant, si on regarde dans le détail, on voit que l'étude recommande "des mesures simples qui peuvent être mises en œuvre afin de limiter l'exposition individuelle aux ondes, notamment pour les publics les plus jeunes, enfants et jeunes adolescents : l'usage modéré du téléphone ; l'utilisation des kits oreillettes mains-libres et de terminaux ou autres équipements dont le débit d'absorption spécifique (DAS) est le plus faible". Quant aux ministres de référence, ils assurent "travailler sur (…) des mesures de prévention quant à l'utilisation des téléphones mobiles".
Donc pas ouf ! Vous avez bien compris : il n'y a pas de danger mais il vaut mieux faire comme s'il y en avait.

À la suite du rapport de l'Anses, Dominique Belpomme, cancérologue, membre de l'ARTAC (Association de recherche thérapeutique anti-cancéreuse) déclare sur France-Info : "Au plan international, il y a une idée forte et non remise en doute par les scientifiques qui travaillent de façon indépendante : les champs électromagnétiques sont néfastes pour la santé".
Les risques ? Alzheimer et cancers du cerveau. "Nous savons pertinemment que les champs électromagnétiques lorsqu'utilisés de façon prolongée et intensive génèrent des maladies d'Alzheimer chez des sujets âgés mais aussi des sujets jeunes, et y compris chez certains adolescents". Quant au cancer du cerveau : "C'est l'étude Interphone qui le dit : si vous avez moins de 20 ans et que vous utilisez un téléphone portable plus d'une heure par jour pendant 5 à 10 ans, vous avez un risque multiplié par 5 de tumeur au cerveau".

Quant au rapport de l'Anses, Dominique Belpomme est assez direct : "Ces rapports serviront de toute façon à enrichir les poubelles de l'Histoire. Ils n'ont aucun intérêt puisque le premier rapport de l'Anses disait tout simplement qu'il n'y avait aucun risque".

Deux choses sont préoccupantes dans cette histoire. D'une part nous sommes manifestement, avec l'impact des ondes électromagnétiques, devant un véritable problème de santé publique. D'autre part, plus que jamais, en France, nous avons besoin en matière de sécurité sanitaire d'une autorité indépendante que l'Anses sera bien en mal d'incarner à l'avenir.

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