Édito de Franck Arguillère

Franck ArguillèreOn le sait mais on a toujours tendance à détourner la tête : les élevages intensifs d'animaux constituent un crime contre la vie et relèvent de pulsions tortionnaires. Sans une certaine dose de masochisme, il est difficile de regarder dans la durée les reportages sur ces grands bâtiments high tech où grouillent des bestioles faméliques et affolées, vaches, veaux, poules, cochons… Et les poissons ne sont pas mieux lotis, comme le montrait tout récemment l'excellent (et effrayant) documentaire sur France 5, Du poisson pas si bon. Ce mode de production n'est tenable ni en terme de santé publique et de respect de l'environnement, ni en terme moral.

On le sait mais on a toujours tendance à l'oublier : le mouvement de la société humaine, du fait de sa démographie galopante, va, quoiqu'il arrive, vers une moindre consommation de viande et de poisson. Si nous sommes raisonnables et plus partageurs qu'aujourd'hui, nous serons demain en grande majorité au minimum semi-végétarien, ce qui veut dire que nous aurons renforcé nos apports en végétaux et que nous mangerons parfois un peu de viande ou de poisson d'élevage bio (le seul label à tenir un cahier des charges acceptable). Nous serons souvent végétarien, en ne consommant pas de chair animale mais en acceptant le lait, les œufs, le fromage… Voire végétalien en ne mettant que des végétaux à nos menus.

Alors pourquoi ne commençons-nous pas dès maintenant ? Sans doute parce que, comme dit Edgar Morin, "à force de sacrifier l'essentiel pour l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel". Mais pas seulement. En matière d'alimentation tout n'est pas si simple, beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte.

Nous sommes de moins en moins nombreux, surtout lorsqu'on évolue en dehors de tout intégrisme religieux, à accepter l'idée qu'il puisse y avoir des interdits alimentaires autres que l'anthropophagie, pour laquelle il faut reconnaître que les sollicitations sont rares.
Restent nos habitudes culturelles, nos traditions culinaires, nos représentations inconscientes : elles ont déjà évolué et évolueront encore mais la société a suffisamment de motifs de division pour ne pas en plus s'écharper entre carnivores, omnivores, végétariens ou végans. Et nous serions bien inspirés de ne pas mettre à l'index les uns ou les autres en fonction du contenu de son assiette.
Reste aussi notre flore intestinale : nous savons aujourd'hui que nous appartenons chacun à des groupes différents de microbiotes intestinaux et que le régime qui convient aux uns ne correspond pas forcément aux autres. D'autant que nos propres besoins ne sont pas les mêmes aux différents âges de notre vie : nous sommes plus carnivores à certains moments qu'à d'autres.
Nous allons donc globalement vers une alimentation peu carnée, qui respecte la planète et le bien-être animal, mais il est vital de laisser faire le mouvement dans la tolérance et la diversité. 

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