Édito de Franck Arguillère

Magie ou gabegie de Noël ? On s'est indigné pendant longtemps de la surexploitation commerciale croissante de cette fête qui a largement perdu son caractère religieux pour devenir quasiment universelle. Mais le mouvement semble aujourd'hui se faire en sens inverse. La crise économique est passée par là. Les Français étaient 26 % à partir en vacances en décembre 2013, ils ne sont plus que 17 % à l’envisager cette année*. Environ 10 % stressent de peur de ne pas avoir assez d'argent pour faire leurs achats**. Résultat : nous ferons la fête, c'est certain, mais de manière plus simple, plus sobre, en faisant la cuisine nous-mêmes***.
Les agapes se font plus raisonnables. Notre tour de taille en bénéficie dès lors qu'on relègue au passé les excès névrotiques des festins à l'ancienne.

L'environnement est également gagnant car l'overdose de consommation devient un truc de "has been". On n'hésite plus à mitonner du végétarien pour alléger la facture de carbone et cela fait plusieurs années qu'après la fête on recycle les cadeaux non désirés : on les vend, on les donne. On peut aussi penser à les louer ! La location entre particuliers est très tendance, cette année. Si on nous offre par exemple un siège masseur, un appareil d'hydromassage, une caméra ou une perceuse électrique, c'est une option envisageable. Pareil avec les éléments de décoration, sculpture ou peinture, qui peuvent intéresser des locataires qui voudraient changer de déco pour une période donnée… L'intérêt ? Optimiser l'usage des biens de consommation, faire du lien social voire des rencontres et, bien sûr, compléter ses revenus. Pour le jour J, sur des sites comme Place de la Loc', on peut se procurer pour un soir des tables et des chaises, le costume du Père Noël et, pour animer la fête, un karaoké ou une PS4.

Voilà pourquoi Pierre Rabhi, qui prône la sobriété heureuse, rencontre un succès grandissant. Il s'inscrit dans un courant de fond écolo qui entre en résonance avec différentes approches de spiritualité laïque ou religieuse et des courants philosophiques très anciens. Cette manière d'envisager la vie en refusant la frustration mais en adoptant le plaisir dans la frugalité, rappelle un auteur grec souvent mal compris, qui n'est autre qu'Épicure. Serions-nous en train de devenir épicurien, au vrai sens du terme ?

 

*14e édition du baromètre "Les Français et les vacances" OpinionWay pour Mondial Assistance
** Voir : Noël, une fête synonyme de stress pour 1 Français sur 5
*** Voir : Les Français feront-ils encore la fête à Noël ?

La revue de presse

Plusieurs centaines de malades, des médecins, plus de 35 sénateurs et déput...

Un accroissement de 1,1 % chez les femmes, 0,1 % chez les hommes… Ce sont les chiffres...

Moins de trois évacuations par semaine, c'est la définition de la constipation pour...

Il va falloir s’adapter intelligemment aux nouveaux épisodes caniculaires, "sans...

C'est un grand classique, la pollution serait toujours due… aux autres ! Quelques chiffres...

La responsabilité de l'État peut être engagée en raison de l'...