Alimentation : éviter l'acidité ?

Bien équilibrer acide et base dans notre organisme serait largement bénéfique pour notre santé. Il y aurait des aliments à privilégier et ce ne sont pas toujours ceux qu'on croit…

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L'acidité trop importante de notre sang serait à l'origine de nombreuses perturbations de l'organisme. Selon certains experts (voir encadré), nous aurions donc tout intérêt à équilibrer acide et base dans notre corps. Pour cela, il nous faudrait opter pour une alimentation à dominante alcaline (base).

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Une notion controversée

L'équilibre des saveurs alimentaires a une importance fondamentale dans les médecines traditionnelles orientales. Par exemple, la médecine traditionnelle chinoise et l'âyurveda recommandent de trouver une combinaison harmonieuse entre les saveurs acide, amère, douce, piquante, salée et astringente.

La théorie de l'équilibre acido-basique a été développée en Occident par Franz Xaver Mayr, gastro-entérologue autrichien (1875-1965), et Howard Hay, médecin états-unien (1866-1940). C'est un des principes de base de la naturopathie.
Elle a été approfondie et popularisée plus récemment par les travaux de Catherine Kousmine et de Christopher Vasey mais n'est, pour l'instant, pas encore étayée par des études scientifiques. À chacun de faire sa propre expérience…***

Perturbations dues à l'hyperacidité
Selon Christopher Vasey*, naturopathe, trop d'acides dans notre sang ralentirait le fonctionnement enzymatique et pourrait donc, par voie de conséquence, entraîner une fatigue chronique, une irritabilité ou une tendance dépressive. 
De plus, l'agression des tissus par une acidité excessive serait une cause d'inflammations plus ou moins douloureuses, à l'origine de problèmes cutanés, urinaires, articulaires, intestinaux voire immunitaires. 
Par ailleurs la présence excessive d'acides entraîne une déminéralisation de l'organisme qui doit, pour réguler, aller chercher dans ses réserves les substances basiques nécessaires pour neutraliser cette acidité. À l'arrivée : décalcification des os et des dents, dessèchement de la peau, fragilisation des muqueuses et du système immunitaire.

Mesurer son pH
L'acidité se mesure par le pH. Sur une échelle de 1 à 14, le pH est neutre à 7, de plus en plus acide en diminuant, de plus en plus alcalin en augmentant. 7,39 est le pH du sang idéal pour la santé. Il peut varier de 7,36 à 7,42. Au-delà on est en acidose ou en alcalose.* 

On peut mesurer soi-même son pH sanguin à l'aide d'un papier réactif qu'on trouve dans le commerce sous forme de bandelettes urinaires. Selon Eva-Maria Kraske**, médecin homéopathe, il faudrait sept mesures réparties au long de la journée, pour obtenir un résultat fiable. Un pH urinaire normal varie de 6 avant le petit déjeuner jusqu'à 7,4 après les repas.

D'où vient l'acidité ?
La prise d'excitants, le stress et la sédentarité sont des facteurs d'acidification de l'organisme. Mais Christopher Vasey estime que l'alimentation en est la cause principale car, avec la surconsommation actuelle de protéines animales, de sucre, d'alcool et de produits industriels, l'équilibre acido-basique de nos menus est fortement perturbé.

Alors quels sont les aliments qui acidifient notre organisme ? C'est là où ça se corse car il ne faudrait pas croire qu'un aliment à la saveur acide va acidifier l'organisme et inversement ! C'est que les substances peuvent "virer de bord" une fois transformées par l'organisme. Exemple : les purines qu'on trouve dans la viande, les légumineuses, le café, le thé ou le chocolat sont alcalines, certes, mais transformées en acide urique pour être éliminées.
Christopher Vasey distingue donc trois grands groupes d'aliments : acidifiants, acides (différents des premiers, nous verrons pourquoi) et alcalins.

Aliments acidifiants
Les aliments acidifiants sont essentiellement les protéines animales (dont le poisson et les œufs), les légumineuses, les fromages, les huiles végétales (surtout noix, arachide et huiles raffinées), les céréales, complètes ou non, et leurs dérivés (pâtes, pain, flocons…), le sucre raffiné et les sucreries (pâtisseries, confiseries, confitures, boissons industrielles…), les oléagineux (sauf l'amande), le café, le thé, le cacao, le vin…* 

Ces aliments une fois métabolisés sont acidifiants pour tout le monde, selon Christopher Vasey. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut tous les supprimer : certains sont indispensables !

Aliments acides
Parmi les aliments acides, on va trouver les fruits (doux ou acides), la rhubarbe, les tomates, l'oseille, le cresson, la choucroute et tous les légumes lacto-fermentés, le millet, le miel, le yogourt et les laits fermentés, le vinaigre…*

Leur goût est acide mais ils contiennent des acides "faibles" (acides citrique, oxalique, lactique, pyruvique) qui, contrairement aux acides "forts" (acides urique, sulfurique, phosphorique) des protéines animales, sont faciles à éliminer. Selon les personnes, ces aliments acides auront un effet différent sur l'organisme : acidifiant chez celles qui métabolisent mal les acides faibles, alcalinisant dans le cas contraire.

Aliments alcalinisants
Les aliments alcalinisants sont principalement les légumes verts, colorés (carotte, betterave, etc. sauf la tomate), la banane, les fruits secs (sauf l'abricot), les pommes de terre, les châtaignes, les amandes, les noix du Brésil…*
Une fois métabolisés, Christopher Vasey affirme qu'ils sont acalinisants chez tout le monde.

Il conclut de cette classification que les personnes métabolisant correctement les acides "faibles" doivent consommer les deux dernières catégories d'aliments en quantité supérieure à la première. Les autres doivent favoriser en majorité uniquement la dernière.

D'un auteur à l'autre
Cette classification des aliments selon leur capacité acidifiante ou alcalinisante se retrouve dans les grandes lignes chez tous les tenants de la théorie mais elle peut varier sensiblement d'un auteur à l'autre. 

Par exemple Suzan Brown, nutritionniste, ne fait pas cette distinction entre acides "faibles" et "forts" et, selon elle, on trouverait parmi les aliments acidifiants quelques fruits (figue, datte, canneberge), ainsi que les épinards, le beurre et le fromage caillé.*** 

Chez Eva-Maria Kraske, pas de différence non plus entre acides "faibles" et "forts". Les céréales complètes, la tomate et la noix de cajou seraient neutres, les noisettes, les graines de tournesol et tous les fruits seraient alcalins. La consommation de graines germées d'alfalfa, cresson, lentilles, radis et soja serait recommandée.**

Ne pas oublier les autres paramètres
En dehors de l'alimentation, il ne faut pas perdre de vue les autres paramètres qui permettent aussi de réguler l'équilibre acido-basique : boire abondamment (de préférence de l'eau minérale non gazeuse), pratiquer une activité physique régulière, régler son mode de vie pour bien gérer le stress en utilisant si besoin des méthodes de relaxation (méditation, yoga, Qi Gong et Taiji Quan…).

 

Sources :
*Mon alimentation santé facile Acido-basique, Christopher Vasey, éditions Jouvence Santé
**L'équilibre acido-basique, Eva-Maria Kraske, éditions Médicis
***Passeport Santé : Le régime acido-basique
e-santé.fr : La règle d'or du régime acido-basique
La santé dans l'assiette : L'équilibre acido-basique, c'est quoi ?


                

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