Cette année, je commence l'antigym

Travail en profondeur sur toutes les parties du corps, l'antigymnastique a été créée dans les années 1970 par une kiné française, Thérèse Bertherat. Alternative à la gymnastique traditionnelle, cette discipline permet d'apprendre à mieux écouter son corps et à rectifier ses mauvaises postures à l'aide de mouvements simples et puissants.

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Je suis debout sur une moquette blanche, pieds nus. J'ai une petite balle sous le pied droit, j'essaie de la prendre avec mes orteils puis je relâche. Je recommence l'opération plusieurs fois. J'écarte ensuite la balle et pose mon pied sur le sol. J'ai une meilleure sensation de contact au sol, ma jambe droite me semble plus légère, mon épaule droite est plus basse. Je viens d'expérimenter dans mon corps la notion de chaîne musculaire chère à Françoise Mézières, créatrice de la méthode éponyme, et reprise par Thérèse Bertherat quand elle a fondée l'antigymnastique dans les années 70 (voir encadré).

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Les origines de l'antigymnastique

Formée à la gymnastique par Suze Lalou, puis diplômée de kinésithérapie, Thérèse Bertherat se forme en 1972 à la méthode de Françoise Mezières. Elle explore ensuite de nombreuses thérapies corporelles ou psychocorporelles : l'Eutonie de Gerda Alexander, l'Intégration structurale d'Ida Rolf, la méthode de Moshe Feldenkrais, la Végéto-thérapie de Wilhelm Reich, la Gestalt thérapie de Fritz Perls…

En 1976 elle publie un livre qui devient un best-seller : Le corps a ses raisons, auto-guérison et Antigymnastique, éditions du Seuil.

Au fil des années elle précise et affine sa méthode.
Elle la développe en France et à l'étranger.
"Ma mère est allée former des praticiens au Brésil, au Canada, en Argentine, en Suède, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, en Italie. Aujourd'hui il y a une équipe de formateurs dans une quinzaine de pays", explique Marie Bertherat.

Une méthode de bien-être
"L'antigymnastique est une méthode de bien-être qui commence par le corps. Il y a un travail musculaire. Ce sont des mouvements mais cela peut avoir des effets sur la personne dans son entier, parce qu'on ne peut pas séparer le corps de l'esprit c'est un tout", explique Marie Bertherat*, fille de Thérèse.

Habiter son corps
L'objectif de la méthode est de permettre à chacun d'habiter son propre corps, de le connaître.
"Souvent on a une petite distance avec son corps, on a du mal à l'incarner. Et bien, au lieu de livrer son corps à quelqu'un comme on apporterait sa voiture au garage, en pratiquant l'antigymnastique on s'approprie son corps, on acquiert le sentiment d'avoir la compétence de faire quelque chose pour soi."

Déroulement de la séance
Chaque séance a un thème : le pied, la nuque, les épaules, le périnée, les yeux… Il y a un cycle de 12 séances.
"Même s'il y a un thème, dans chaque séance c'est tout le corps qui travaille. Si l'on a mal à la nuque, ça peut venir d'un problème de mâchoire. Si l'on a mal à la hanche ça peut venir d'un problème d'épaule. Tout est interdépendant."

Une séance commence généralement par un test.
"Par exemple si le thème de la séance est la nuque, on regarde où on en est avec sa nuque, jusqu'où elle peut tourner, on observe ce que ça fait aux épaules, au dos, à la respiration. Après le test, pour relâcher un peu, on travaille la bouche, la langue. Puis on va aller progressivement vers le mouvement central. On commence par des petits mouvements qui n'ont pas beaucoup d'amplitude, qui ne sont pas spectaculaires. Quand on voit ça de l'extérieur on peut penser que les gens ne font rien. En réalité ce sont des petits mouvements très puissants. Avec le visage, les yeux, la bouche, la langue, les lèvres, les orteils, les chevilles… Le but est d'essayer de différencier les différents segments du corps. Ensuite il y a une redescente."

Certains mouvements nécessitent l'emploi d'un matériel : différentes sortes de balles, coussins, bâtons en bois…
"C'est un travail très sensuel, on travaille sur le toucher, sur l'ouïe…"

Marie Bertherat insiste sur la progressivité de l'approche : "On ne va pas attaquer directement une zone qui peut être sensible. On va d'abord essayer de dissoudre tous les nœuds qui sont autour. C'est un travail très respectueux."

Après le mouvement…
La sensation qui subsiste une fois le mouvement terminé est aussi importante que le mouvement lui-même. Comme un temps d'infusion.
"Après un mouvement du côté droit, il est intéressant de remarquer ce qui se passe dans notre corps, de comparer le côté droit avec le côté gauche… Quelque chose se passe dans les secondes qui suivent, se prolonge quand on rentre chez soi et se poursuit dans la semaine."

Des séances de groupes
Il y a des mouvements qu'on peut faire seul, à la maison ou au bureau, avec les enfants ou en couple. Mais les séances avec le praticien se font en groupe. Il s'agit soi de séances hebdomadaires d'1h30, soi des stages de 3h tous les 15 jours ou d'une journée tous les mois. Il y a aussi des stages pendant les vacances.

Les séances hebdomadaires se font en petit groupe (dix personnes maximum).
"L'échange entre les personnes n'est pas forcément verbal, mais il arrive souvent que les gens aient envie d'exprimer ce qu'ils ressentent et ce qu'ils disent chemine chez les autres."
Pas d'esprit de compétition. Du respect et de l'écoute : "chacun fait ce qu'il peut faire, à son rythme."

Où trouver un cours d'antigym ?
Les praticiens sont certifiés après une formation de 45 jours qui s'étale sur 18 mois, dans des sessions de 2 à 5 jours. Une fois diplômés, ils reçoivent une formation continue dans la cadre de stages obligatoires ou facultatifs.

Il y a 70 praticiens en France qu'on peut trouver sur le site Antigym.
Le coût d'une séance hebdomadaire varie de 230 à 300 €/trimestre.

Aucune contrindication
Tout le monde peut pratiquer l'antigymnastique.
"Comme dit ma mère, "l'antigymnastique est faite pour tous ceux qui ont un corps, ce qui fait déjà pas mal de monde"", conclut en souriant Marie Bertherat.

 

* co-auteur avec Thérèse Bertherat de Ma leçon d'antigym, éditions Eyrolles


                

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