Enrichir le sol de son jardin

Composts, engrais verts, paillages, associations de plantes… La permaculture propose des solutions astucieuses pour travailler la terre de nos jardins…

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Depuis quelques années, l'agriculture vit une nouvelle révolution. Elle redécouvre l'importance du sol et de son microbiote (voir : Une agriculture pour nourrir l'humanité). C'est vrai aussi dans nos jardins où, grâce aux enseignements de la permaculture, nous sommes en train de passer à une prise en compte globale du sol, des végétaux et des auxiliaires (voir : Je fais mon jardin potager en permaculture). Mais pas besoin d'attendre d'en maîtriser tous les concepts pour commencer à enrichir le sol de son jardin avec des gestes simples !

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Faire connaissance avec sa terre

Le "test de la bêche" n'est pas très compliqué… "Il faut prendre une bêche et retirer un gros bloc de terre d'environ 40 cm de profondeur", explique Blaise Leclerc*. "On émiette petit à petit ce bloc de terre et on observe si le sol est tassé, s'il est riche en vers de terre… On peut ensuite en mettre une petite quantité dans un bocal et secouer fortement. On apprécie alors la texture, la composition en particules minérales en fonction de leur taille : des plus gros, les sables, aux plus fins, les limons et les argiles."

Ce test va donner des indications sur la façon de jardiner, notamment au niveau de l'arrosage. En été, il faudra arroser tous les deux jours un sol sableux, bien aéré. Une fois par semaine pourra suffire pour un sol plutôt argileux.

Commencer simple
Tout d'abord, il n'est pas inutile de faire connaissance avec sa terre (voir encadré). Ensuite on peut commencer de manière basique avec des apports réguliers de compost. "Quand on se chauffe au bois on peut aussi amener un peu de cendres", explique Blaise Leclerc*, docteur en agronomie et jardinier depuis 40 ans. "Mais le plus important, c'est la technique du paillage. Elle a plusieurs effets bénéfiques notamment en été pour limiter l'évaporation : on économise à peu près la moitié d'eau d'arrosage ! Le paillage finit aussi par se décomposer et enrichir le sol. Il permet d'héberger des auxiliaires, comme par exemple les orvets qui mangent les limaces ou les escargots. Dans la nature on voit rarement de la terre nue. Soit le sol est couvert de végétation comme dans les prairies, soit il est couvert de feuilles comme dans les forêts."

Pailler avec… de la paille
La meilleure façon de pailler, c'est de le faire avec… de la paille, comme son nom l'indique. "C'est un des meilleurs matériaux. La paille ne se tasse pas, elle permet une bonne aération. Un gazon de tonte fraîche, si on en met un peu trop, risque de faire une croûte qui empêchera la circulation d'air." En automne on peut aussi utiliser les feuilles mortes, les restes de culture, des broyats de bois…

Compost, déchets verts, purins de plantes
Parmi les fertilisants qu'on peut apporter, on pense en premier lieu au compost et aux déchets verts. On peut utiliser aussi en petites quantités les cendres de bois et les fumiers. Et pourquoi pas faire soi-même des purins de plantes comme l'ortie, la consoude, la prêle ou la fougère aigle (voir : Faire des potions pour le jardin) ?

Bois rameaux fragmentés
Les BRF (Bois rameaux fragmentés) présentent un grand intérêt, selon Blaise Leclerc. "Ce sont des brindilles de bois broyées qu'on enfouit dans le sol avec un croc. Le terme vient du Québec, des forestiers qui travaillent notamment sur les érables à sucre et qui doivent régulièrement nettoyer les sous-bois pour avoir accès aux récoltes. Chez nous, dans les zones méridionales, pour éviter les incendies, on broie les broussailles et on obtient ainsi un produit qu'on peut utiliser dans les jardins."
La façon la plus simple d'utiliser les BRF est le paillage : les vers de terre et autres animaux du sol vont, petit à petit, incorporer le produit.

Les engrais verts
Ce sont des plantes qu'on sème et qu'on coupe à la floraison pour les enfouir dans le sol, en surface.
"Il y a la moutarde mais aussi la phacélie qui ont des racines pivotantes qui travaillent le sol en profondeur. C'est une manière d'aérer le sol et de remonter des éléments minéraux. La phacélie est une plante qui a une floraison très longue. Elle attire ainsi tous les insectes auxiliaires indispensables à la pollinisation, par exemple les abeilles et bourdons qui pollinisent courges et courgettes. Il y a aussi les engrais verts de la famille des légumineuses, comme les vesce, qui vont fixer l'azote de l'air."

Grelinette ou aérabêche
Pour travailler la terre, il faut oublier définitivement la bêche traditionnelle. Place à la grelinette, inventée par M. Grelin dans les années 1950, ou un outil qui s'appelle "aérabêche", une bêche qui aère le sol sans le retourner !
"Ce sont des outils ergonomiques avec lesquels on travaille en reculant et qu'on ne porte jamais", précise Blaise Leclerc. "Ils ne retournent pas le sol : on enfonce les trois ou cinq dents de l'outil, on recule, on secoue… On obtient ainsi une simple aération et les couches de terre restent à peu près au même endroit."

Des associations intelligentes
L'association des plantes est une des innovations importantes apportées par la permaculture.
"En étageant les différents végétaux, on récupère plus d'énergie lumineuse qu'en les cultivant séparément. On peut également obtenir de bons résultats en mélangeant les différentes familles de plantes. Il a été montré par exemple que la mouche du poireau est repoussée par l'odeur de la carotte et que, réciproquement, la mouche de la carotte est repoussée par l'odeur du poireau. Certains bénéfices ont été démontrés, comme celui-ci. D'autres pas encore : on constate que certains légumes aiment bien pousser ensemble et d'autres moins mais on ne sait pas toujours pour quelles raisons. L'enracinement est aussi un critère. Il y a des plantes qui ont des enracinements profonds et d'autres superficiels. Si l'on a des légumes avec des enracinements différents on exploite mieux certaines surfaces."

Tout faire à la main
Pour être cohérent, reste à mettre en œuvre ces opérations sans machine vorace en énergie : motoculteur, coupe-fil, tondeuse…
"J'ai 300 m2 de potager, je fais tout à la main", affirme Blaise Leclerc. "C'est un des principes conceptuels de la permaculture : utiliser des solutions lentes et à petite échelle. Ça joue aussi pour la quiétude du voisinage et des auxiliaires du jardin. Quand je jardine j'ai les oiseaux qui viennent me voir à deux ou trois mètres…"

*Auteur de Le sol en permaculture, éditions Terre Vivante


                

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