Entreprise : l'ère des nouveaux sages ?

Optimisme, créativité, simplicité, respect des personnes et de la planète… Nombreux sont les "nouveaux sages" aujourd'hui, qui mettent du cœur et du sens dans leur activité professionnelle.

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À travers son expérience de coach et de formateur, Arnaud Riou* a rencontré en France de nombreux acteurs de l'entreprise qu'il appelle des "nouveaux sages" et qui ont été à l'origine de changements organisationnels importants.

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Perles de sagesses

Arnaud Riou propose dans son livre Les nouveaux sages ou comment nous réenchantons le monde (éditions Solar) ces 30 perles de sagesse pour se transformer soi-même et contribuer à la guérison du monde…

Soyez présent à votre corps.
Soyez présent à votre cœur.
Soyez présent à votre esprit.
Passez un peu de temps seul chaque jour.
Méditez chaque jour comme si c'était le dernier.
Méditez sur la planète.
Soyez authentiques.
Cultivez la joie.
Intégrez l'élégance.
Développez la qualité du lien.
Cultivez la lenteur.
Voyez le meilleur en chacun.
Prenez le risque de vous tromper.
Développez la gratitude.
Demandez de l'aide.
Offrez.
Remerciez.
Sentez-vous utile.
Prenez le temps d'écouter.
Posez vos limites avec élégance.
Rêvez.
Ne laissez pas une petite blessure affecter une relation.
Incarnez la sobriété heureuse.
Faites toujours de votre mieux.
Reprenez le pouvoir sur votre vie.
Attirez à vous l'abondance.
Incarnez l'équanimité.
Assumez vos responsabilités.
Assumez vos émotions.
Débranchez.

Quels sont à votre avis les traits communs à toutes ces initiatives ?
Arnaud Riou : L'optimisme comme une voie martiale, la sensation qu'un monde nouveau est en marche et la ferme volonté d'en être les co-créateurs, la créativité pour inventer de nouvelles formes de gouvernance, d'activité, d'échange, la fraternité… Il y a toujours une dimension humaine très vivifiante chez les nouveaux sages que j'ai rencontrés. Le retour à la simplicité et à la sobriété et souvent l'humour et la joie, signe de bonne santé mentale !

Celles mises en lumière par Cyril Dion et Mélanie Laurent dans le film césarisé "Demain" font-elles partie de ce mouvement ?
A.R. : Oui, bien sûr, comme celles filmées par Marc de la Ménardière, le réalisateur de "En quête de sens" qui témoigne dans mon dernier livre.

Quelles sont, à l'opposé, les caractéristiques de ce que vous appelez "l'ancien monde" ?
A.R. : La croyance que nos ressources sont infinies, le déséquilibre des énergies masculines et féminines qui se traduit par des équipes de dirigeants très peu équilibrées, la vue à court terme, le manque de sagesse, de discernement, de recul, le manque de joie et de bonheur…

Vous soulignez l'importance dans l'entreprise de remettre de l'humain dans sa globalité : qui peut décider de cela et comment faudrait-il s'y prendre ?
A.R. : C'est à chacun de décider pour lui même. Je n'ai jamais attendu qu'on m'autorise à affirmer mon humanité dans mes relations professionnelles, c'est à dire intégrer le coeur, l'esprit, le respect de l'autre, la bienveillance et la fraternité. Pour qu'il y ait une relation, il y a au moins deux extrémités. Nous en tenons tous un bout et pouvons donc tous être acteur de ce changement.

Vous insistez sur la dimension spirituelle de l'entreprise. C'est une idée encore peu répandue en France, pays laïque à forte dominance athée ou agnostique, où l'on est censé cantonner ses croyances dans la sphère privée. De quelle spiritualité parlez-vous ?
A.R. : La spiritualité n'est pas la religion. La religion n'a pas sa place dans l'entreprise. La spiritualité, si. Comme elle a sa place dans toute société humaine. La spiritualité étant entendue ici comme une invitation à regarder plus largement que nos petits égos. La spiritualité comme une invitation à ouvrir son coeur, à prendre soin de nos collaborateurs, de nos clients, de nos partenaires, à traiter chacun comme nous aimerions être traités nous-mêmes. La spiritualité vécue comme un retour au bon sens, à l'authenticité, à la grandeur d'esprit. Cette spiritualité a toute sa place dans l'entreprise.

Est-ce qu'il n'y a pas un risque de rencontrer dans ce domaine une forte résistance de la part des collaborateurs ?
A.R. : Si bien sûr, mais il existe déjà des collaborateurs en résistance. Le jeu en vaut tellement la chandelle qu'il serait dommage de s'arrêter sur ces premiers obstacles ! Il y a 20 ans, lorsque j'animais des ateliers de méditation en entreprise, beaucoup me demandaient l'utilité de la méditation, ils trouvaient cela décalé. Maintenant, de nombreuses entreprises high-tech de la Silicon Valley méditent. Les avocats de l'ordre du barreau de Paris, des managers de grands groupes du CAC 40 ont compris l'intérêt de la méditation. Il faut aller plus loin !

Vos témoins et vous-mêmes évoquez souvent l'intérêt de "s'aligner sur un projet de vie". Qu'est-ce que cela signifie ?
A.R. : Le Dalaï-Lama nous rappelle que nous vivons souvent notre vie comme si nous n'allions jamais mourir puis nous mourrons comme si nous n'avions jamais vécu. Avoir un projet de vie, c'est se rappeler que nous sommes mortels. Et savoir quelle trace on veut laisser derrière nous. Je crois que le plus beau projet consiste à rendre la terre meilleure qu'elle ne l'est aujourd'hui. Je ne vois pas ce que nous pouvons faire chacun de plus beau !

Qu'est-ce qu'un "leader sage", selon vous ?
A.R. : Un leader conscient de sa responsabilité sur la terre et dans son environnement écologique et humain dans 1 an, 5 ans, 20 ans...

À quoi ressemble concrètement la "sophocratie", l'organisation qui met en place le pouvoir de la sagesse ?
A.R. : C'est un mode de gouvernance notamment où la méditation va précéder l'action.

Comment pensez-vous que "l'ère des nouveaux sages" pourrait gagner le monde du cynisme dominant qui continue d'opposer l'éthique et l'économie ?
A.R. : Je crois qu'il n'y a plus la place pour la neutralité. D'un côté, des entreprises de l'ancien monde continuent à s'obstiner dans un management violent qui est responsable chaque année de nombreux suicides, d'un ulcère à l'estomac pour quatre actifs ou de la consommation de 85 millions de boîtes d'anxiolytiques. Un management irresponsable, juste en recherche de profits à court terme. Je crois que cette économie est amenée à disparaître. Et de l'autre côté, des entreprises bien plus humaines, qui intègrent réellement le bien être, la conscience, la responsabilité, l'écologie. Bien-sûr, nous n'en sommes qu'au début, mais je trouve aussi que cela va très vite !

N'y a-t-il pas un risque que le champ lexical de ces nouvelles théories ne devienne source "d'éléments de langage" pour les communicants de l'ancien monde ?
A.R. : Si bien sûr. Parmi les entreprises les plus toxiques au management les plus rétrogrades, on entend parler de mettre de l'humain au coeur de l'entreprise, on entend parler de respect, de valeurs. L'argent comme la communication peuvent être utilisés pour alimenter des guerres ou pour ouvrir des écoles. Doit-on pour autant interdire l'argent ? Vous savez, qu'est ce qui différencie la magie blanche et la magie noire ? Ce sont les mêmes pratiques, les mêmes outils, les mêmes rituels. Un point fait toute la différence : l'intention initiale. Et c'est à chacun de vérifier ses intentions et celles de ses partenaires.

Vous pensez qu'il est venu, le temps des "nouveaux sages"… Est-ce un mouvement qui annonce un bouleversement durable ? Touchera-t-il un forte minorité d'entreprises alternatives ou se généralisera-t-il dans toute l'économie ?
A.R. : Je me garderai bien de poser un pronostic. En revanche, je pose une intention, claire, ferme et déterminée. Celle de nous tourner réellement vers la sagesse. Car c'est la seule voie possible...

 

*Auteur notamment de Les nouveaux sages ou comment nous réenchantons le monde et Réveillez le chaman qui est en vous, éditions Solar


                

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