L'économie positive, c'est possible

Après la pensée positive, après la psychologie positive, voici l'économie qui, elle aussi, peut être positive ! Il suffit pour cela qu'elle repose sur la notion "d'altruisme rationnel" et s'inscrive dans le respect des générations futures…

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Aujourd'hui, il y a partout dans le monde des "acteurs du développement durable", des gens qui mettent du sens dans leur activité. Cela peut se passer dans le domaine de l'environnement ou de l'innovation sociale. Cela peut s'inscrire dans l'économie verte ou l'économie sociale et solidaire, avec l'objectif de progresser vers une finance responsable, un commerce équitable, une économie circulaire ou la responsabilité sociale de l'entreprise (voir nos articles "Développement durable" sur la chaîne Environnement).

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Vers de nouveaux indices économiques

Le PIB (Produit Intérieur Brut) est un indice d'un autre temps. Il ne fait que mesurer l'ensemble des biens et services produits par les entreprises et les administrations, incapable de rendre compte à la fois de la performance d'une économie, de sa soutenabilité sur le long terme et du bien-être de la population.

Nombreuses sont les tentatives d'établir un nouvel indice de référence : de l'IDH (Indice de Développement Humain) des Nations Unies au PID (Produit Intérieur Doux) des québécois en passant par l'IPH (Indicateur de Planète Heureuse) de l'ONG Les Amis de la Terre ou le BNB (Bonheur National Brut) adopté pendant quelques années par le Bouthan…

Depuis 2013, les équipes de Jacques Attali élaborent un indice de positivité de l'économie reposant sur 29 indicateurs et mesurant :
- l'altruisme entre générations, notamment les investissements réalisés, la soutenabilité de la dette, la transmission du savoir par l'éducation (5 indicateurs sur 29), l'emploi des jeunes…
- l'altruisme entre les territoires, notamment la qualité des infrastructures, les déséquilibres liés à l'urbanisation, l'ampleur de la fracture numérique, la solidarité internationale…
- l'altruisme entre les acteurs, notamment la qualité des institutions la liberté de la presse, les inégalités de revenus, le sentiment de liberté, la confiance, la tolérance aux autres…

"C'est la bonne nouvelle. La nature humaine a ceci de particulier que quand la contrainte s'impose, elle n'est pas l'ennemi de la créativité, elle en est la condition. Et comme la contrainte n'a jamais été aussi forte (…) l'homme anticipe, il innove. Dans le monde entier je vois des choses qui me réconcilient avec la pâte humaine", déclare Nicolas Hulot à l'occasion du dernier LHForum, le Forum de l'économie positive qui a lieu au Havre chaque année depuis 3 ans.

Prendre en compte le long terme
En ouverture du rapport qu'il a remis au Président de la République en 2013, Jacques Attali définit les contours de l'économie positive : "le règne de l'urgence caractérise l'économie actuelle et domine la société dans son ensemble. Or, sans la prise en compte du long terme, la vie de nos contemporains deviendra un enfer. L’économie positive vise à réorienter le capitalisme vers la prise en compte des enjeux du long terme. L’altruisme envers les générations futures y est un moteur plus puissant que l’individualisme animant aujourd’hui l’économie de marché."

Pour un altruisme rationnel
L'altruisme rationnel est au centre de cette conception de l'économie. Cela veut dire qu'on peut être altruiste non par morale mais simplement par intérêt bien compris. Une sorte d'égoïsme intelligent.

Martin Vial, ancien administrateur, directeur général du Groupe Europe Assistance, qui a participé aux travaux de Jacques Attali, prend l'exemple du marchand qui rend la monnaie de manière honnête : "Il ne le fait pas pour des raisons morales mais parce qu'il a intérêt à avoir bonne réputation pour développer ses affaires".
En d'autres termes, l'altruisme est une condition sine qua non de la réussite. Elle est indispensable pour qu'une entreprise pérennise sont activité, s'inscrive dans la longévité et évite d'aller dans le mur.

"Une entreprise qui a des valeurs a plus de valeur qu'une entreprise qui n'en n'a pas ou peu", assure Christophe Blanchard-Dignac, Président de la Française des Jeux.

Indice de positivité : la France à la 18e place
En prenant en compte dans un pays 29 indicateurs objectifs (indices chiffrés) ou subjectifs (sondages) de l'altruisme, les équipes de Jacques Attali ont réussi à mettre en place depuis deux ans un indice de positivité qui tente de mesurer le degré d'altruisme rationnel d'un pays : altruisme entre les générations, entre les territoires, entre les acteurs de la société (voir encadré).

La mesure se fait sur les 34 pays de l'OCDE et, cette année, la France est à la 18e place. La performance est plutôt modeste et justifiée par nos problèmes récurrents : nous manquons de confiance en nous, nous ne sommes pas bons dans le domaine de la reproduction des inégalités et nous sommes encore loin de la parité. Nous sommes également très en retard sur le développement des énergies renouvelables qui ne représentent que 8 % de la production annuelle d'énergie, contre 25 % en Finlande ou en Autriche.

Se trouver soi-même
À notre niveau personnel, nous avons un rôle à jouer dans le grand projet du Mouvement de l'économie positive de Jacques Attali. En utilisant des outils de gestion du stress comme par exemple la méditation de pleine conscience, nous devons être plus capables de trouver notre juste place dans la société et donc de mettre du sens dans nos activités… Nous contribuons alors à l'économie positive.

Des mesures juridiques et politiques
Un certain nombre de mesures sont proposées en direction des entreprises avec notamment un changement de leur statut pour qu'elles aient mission de servir l'intérêt des générations à venir et pas seulement celui de leurs actionnaires. Et les mesures proposées concernent également l'État, les territoires, l'Europe.

À l'État, notamment, la mission de modifier les fondements éducatifs pour y inclure l'importance du long terme et pour que les jeunes puissent mener "cette recherche de prendre conscience de soi, prendre conscience de ce à quoi on peut servir… Servir est la plus grande et la plus belle ambition qu'on peut avoir dans la vie. Servir. Servir à quelque chose. Servir et non pas se servir. C'est en train de devenir la grande valeur de l'humain", affirme Jacques Attali en clôture du LHForum 2014.

 

 
 


                

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