Le "polyamour", une conjugalité au pluriel

Loin du modèle occidental traditionnel de la monogamie, les "polyamoureux" prônent des relations sentimentales ouvertes. Si cette forme de conjugalité contemporaine en satisfait certains, elle suscite le débat. Le "poly", un modèle d’avenir ?

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Ni échangistes, ni libertins, les "polyamoureux" ou "poly" mettent en avant les sentiments d’affection qui les relient à plusieurs partenaires. Le concept de "polyamour", apparu sous cette dénomination dans les années 90, séduit certaines personnes qui y trouvent leur équilibre. Mais attention, tout n’est pas toujours rose dans la vie d’un "poly" !

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De l'amour ou pas ?

Eric Smadja est sceptique quant à la présence du sentiment amoureux au sein des relations de polyamour.
"Selon moi, s’il existe un sentiment amoureux, il ne concernerait qu’un seul partenaire ; les autres satisfont d’autres attentes et désirs comme l’érotisme, la tendresse, la complicité intellectuelle par exemple. L’amour est un sentiment complexe et ambivalent qui comporte plein de choses : valorisation de soi par l’autre, tendresse, érotisme, désir de possession qui s’accompagne de jalousie, état de dépendance, désir de fusion, capacité de se soucier de l’autre, etc. qui ne semblent pas correspondre avec les "polyamoureux". En ayant plusieurs partenaires, ils évitent de s’engager dans une relation trop intense qui impliquerait une dépendance à l’autre, le sentiment de possession, l’angoisse d’être abandonné, d’être fragilisé. Leur investissement affectif est moindre mais satisfaisant et tolérable pour leurs désirs. Sans oublier les bénéfices narcissiques de la séduction et de la valorisation de soi…"

Des relations moins denses et sans sentiment de dépendance peuvent-elles encore être considérées comme de l’amour ?
"Oui", répondent les "poly"; "peut-être", nuancent les psy. 

La conjugalité élargie
Être "polyamoureux", c’est entretenir une relation sentimentale, platonique ou sexuelle, avec plusieurs partenaires. Pour Yves-Alexandre Thalmann*, enseignant en psychologie, le "polyamoureux" aime simultanément plusieurs personnes de façons différentes.

"L'idée même de ne pas être avec une seule personne m'a semblé aussi évident que de ne pas être le seul ami de mes amis. Je ne m'imaginais pas m'opposer en amour à ce que je trouvais naturel en amitié", explique Mickaël, ancien "poly" (NDLR : son prénom a été changé).

Eric Smadja**, psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couple et anthropologue, comprend que certains soient attirés par cette forme de conjugalité très contemporaine. " Dans une relation à deux, il y a toujours le danger de se sentir psychiquement envahi par l’autre et par l’image que l’on se construit du couple."

Une communication franche
Plus à l’écoute, plus tolérants, moins hypocrites… "Le polyamour s’inscrit dans des valeurs de respect et de communication franche. C’est la face lumineuse des tromperies et autres infidélités qui forment le bas-fond des relations affectives dans notre société. Plus de 50 % des personnes avouent avoir déjà trompé au moins une fois leur partenaire amoureux ! Dans le polyamour, il n’y a ni tromperie, ni cachotterie, les choses sont faites en connaissance de causes et des principaux intéressés", souligne Yves-Alexandre Thalmann.

Honnêtes mais aussi altruistes, les "poly" se réjouiraient plus facilement du bonheur que leur partenaire a trouvé au sein d’autres relations.

Pour Mickael les "poly" seraient également libérés de certaines peurs, "notamment de l’abandon et de se sentir coupable d'éprouver des sentiments pour une autre personne. On vit avec moins d'insécurité et plus d'indépendance. Se libérer de ces peurs ne signifie pas qu’elles disparaissent mais qu'elles ne nous envahissent plus, comme cela peut être le cas dans la dépendance affective à l'autre."

Pas tous faits pour être "poly"
Si l'on n'est pas satisfait par une seule personne, "c’est une erreur de croire qu’il faille s’engager amoureusement avec plusieurs pour être comblé. La satisfaction intérieure provient de l’esprit de contentement, pas de consommation", précise Yves-Alexandre Thalmann.

Il faut savoir que la vie d’un "poly" n’est pas un long fleuve tranquille : entretenir plusieurs relations demande beaucoup d’énergie et de temps. Il faut augmenter ses capacités d’écoute et d'attention. Quant à la jalousie, si c’est dans le tempérament, on ne peut pas aller contre. "De très nombreux couples tentés par cette nouvelle façon d’être en relation se sont brûlés les ailes".

On peut aussi se sentir exclu à l’arrivée d’une nouvelle personne ou craindre que son partenaire ne redevienne monogame avec l’autre… Et plus de partenaires, c’est aussi plus de ruptures.

La plus grande limite du "polyamour" pourrait être le "polyamoureux" lui-même. "Les gens évoluent, de même que leurs désirs, leurs angoisses, leur vie psychique. Il se peut donc qu’un jour l’un des partenaires souhaite devenir le partenaire principal s’il y a des secondaires ou entrer dans une relation exclusive", précise Eric Smadja. "Il y aura alors une remise en question de cette forme de conjugalité."

Repenser le couple
Avec un taux de divorce en France qui frôle les 50 %, cette forme de conjugalité constitue peut-être une alternative. "Ce dont je suis sûr, c’est que le modèle traditionnel n’est plus satisfaisant pour beaucoup", remarque Yves-Alexandre Thalmann. "Il faut donc repenser le couple !"

 

*Yves-Alexandre Thalmann est l’auteur de Vertus du polyamour : la magie des amours multiples, éditions Jouvence
**Éric Smadja est l’auteur de Le Couple et son histoire, éditions PUF. Il a dirigé l’ouvrage Couples en psychanalyse, éditions PUF

Des livres et des sites :
Vertus du polyamour : la magie des amours multiples, Yves-Alexandre Thalmann, éditions Jouvence
Guide des amours plurielles, pour une écologie amoureuse, Françoise Simpère, éditions Pocket
polyamour.info
polyamour.be
poly4mour.fr


                

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