Le remboursement des médecines alternatives et complémentaires

Se soigner avec les médecines alternatives et complémentaires, ça coûte cher et la Sécurité Sociale n'indemnise que les consultations de médecins ainsi qu'un peu d'homéopathie. Depuis quelques années la plupart des mutuelles proposent des garanties qui en couvrent (partiellement) les frais. Comment ça marche ?

Vie saine et zen - Le remboursement des médecines alternatives et complémentaire

Les mutuelles qui prennent en charge certains frais des médecines alternatives et complémentaires sont très nombreuses. Alternative Santé en a recensé environ 70 !
Nous avons étudié l'offre d'une dizaine d'entre elles (April Assurances, ASAF, BNP Cardif, CCMO Mutuelle, Mutuelle Générale, Prévoir, Swiss Life, UMC, Wiziou).

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Les critères de choix

On peut choisir un contrat :
- d'entrée de gamme pour couvrir les dépenses essentielles,
- de milieu de gamme pour rembourser tout ou partie des dépassements d'honoraires,
- ou de haut de gamme pour offrir en plus des dépassements d'honoraires une couverture correcte des frais dentaires, d'optique, de prothèse auditive ou d'hospitalisation.

Puis en fonction de ce choix il faut choisir sa formule en fonction de ses critères personnels : l'âge, l'état de santé, la profession, le lieu d'habitation, la situation familiale, les habitudes médicales… Les packs sont souvent calqués sur des profils du genre jeunes, famille ou seniors.

Il existe des sites internet comparatifs qui proposent des conseils et des devis immédiats. Il faut savoir que ce ne sont pas forcément des sites indépendants, mais des sites de vente pour un groupe de plusieurs mutuelles. Comme il est impératif d'y rentrer ses coordonnées pour obtenir un devis personnalisé, il est difficile d'échapper par la suite à une démarche commerciale agressive de conquête du client.

Les disciplines prises en compte sont l'ostéopathie et la chiropratique, s'y ajoutent la plupart du temps le diététicien et le podologue, et dans certains cas l'acupuncture, l'étiopathie, la naturopathie, la phytothérapie, l'aromathérapie, la psychothérapie, l'hydrothérapie…

Avec un diplôme de médecin
Quand on consulte des praticiens de santé qui ont un diplôme de médecin, ce qui est le cas de tous les homéopathes, de certains ostéopathes, acupuncteurs et naturopathes, la Sécurité Sociale rembourse 70 % du tarif d'un médecin généraliste (22 €), soit 15,4 €. Le taux tombe à 30 % si l'on consulte sans passer par un médecin traitant.

Généralement ces médecins sont en secteur 2 et ont donc le droit de faire des dépassements d'honoraires. Une consultation dure souvent plus d'une demi-heure et peut couramment atteindre 50 €, voire jusqu'à 80 € ou plus.

Les mutuelles que nous avons étudiées apportent un complément de remboursement, de 100 à 300 % du tarif conventionné.

Exemple : pour une consultation de 80 €, le remboursement Sécurité Sociale sur la base du tarif conventionné est de 15,4 € ; avec une mutuelle à 200 % le remboursement complémentaire sera de 2 x 22 = 44 € ; au total le patient touche 59,4 € ; reste à sa charge 80 - 59,4 = 20,6 €.

Sans diplôme de médecin
Lorsque le praticien n'a pas un diplôme de médecin, le patient n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale.

Les mutuelles offrent alors des garanties soit sous forme de forfaits annuels (variables selon les formules et les mutuelles consultées : de 60 à 200 €), soit sous forme de remboursements à la séance (de 10 à 41 €) limités à quelques séances par an (3 à 5).

Les médicaments
Concernant les médicaments, seuls certains produits d'homéopathie sont remboursés par la Sécurité Sociale. Depuis janvier 2011 le taux a été baissé et se situe dans une fourchette entre 25 et 30 %.
Les mutuelles prennent en charge toute ou partie de la somme restante.

Quelques compagnies proposent des remboursements sur des produits de phytothérapie, d'aromathérapie, de micronutriments ou autre, à hauteur d'un pourcentage sur le prix d'achat (50 %) limité à un forfait annuel (100 €).

Répondre à la demande des adhérents
On le voit, les montants de ces remboursements sont anecdotiques. Néanmoins le mouvement est enclenché et s'est généralisé à la plupart des complémentaires santé.

Quelles sont les raisons qui ont poussé les compagnies à aller dans ce sens ? La réponse est simple au départ : pour répondre à la demande des adhérents. Mathieu Duclos, directeur du développement de la Mutuelle Verte est même très direct : "il s'agit de s'aligner vis-à-vis de la concurrence voire même la devancer." Ce qui veut bien dire que la tendance est lourde et que le fait de proposer ce type de garanties est vendeur auprès des consommateurs.

Penser "prévention" plus que "réparation"
Mais petit à petit la réflexion s'est élargie. Selon Edouard Bidou, directeur de l'innovation et du développement du groupe Prévoir, "au départ l'idée était simplement de répondre à l'attente des gens. Aujourd'hui c'est un peu différent, nous nous éloignons d'une problématique de santé purement réparatrice pour aller vers une logique de prévention. Pour prendre en compte le bien-être physique, mental et social, nous sommes amenés à intégrer dans nos garanties ce qui nous semble le plus pertinent. Les médecines douces y ont logiquement leur place."

Pour certains observateurs, les compagnies auraient simplement fait leurs calculs et se seraient rendus compte que l'investissement est rentable. Les médecines alternatives encouragent les bonnes attitudes en matière de prévention, elles sont moins coûteuses en médicaments et permettent par conséquent de réaliser des économies par rapport à des prises en charge plus lourdes.

Quoi qu'il en soit, le mouvement va dans le bon sens : développer le remboursement des médecines alternatives et complémentaires permet de les rendre accessibles au plus grand nombre. C'est un enjeu de santé publique.

 


                

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