Le syndrome métabolique : surveiller son bedon

Les "poignées d'amour" sont peut-être sexy pour certains mais elles ne sont pas sans conséquences sur la santé et font même partie des signaux d'alerte pour le risque cardiovasculaire. Pas d'inquiétude ! Dans la plupart des cas, pour retrouver l'équilibre un simple changement de mode de vie suffit…

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Depuis une dizaine d'années, les médecins surveillent le syndrome métabolique sans forcément utiliser l'expression en tant que telle.
"Il s'agit d'une série de petites anomalies qui, prises individuellement ne sont pas inquiétantes mais qui, cumulées, multiplient par deux les risques de diabète de type 2 et par trois ou quatre les risques de maladies cardiovasculaires de type infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral", explique Martine Duclos*, médecin membre de l'ICCR (International Chair on Cardiometabolic Risk). "Sur les cancers hormono-dépendants notamment le cancer du sein et de l'utérus, il est probable qu'il y ait aussi un impact."

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De l'exercice physique et pas de boissons sucrées

L'activité physique fait diminuer spécifiquement le petit bedon qu'ont tendance à avoir les hommes ainsi que les femmes après la ménopause.
Il faut que cette activité soit régulière : "30 minutes d'intensité modérée type marche cinq fois par semaine voire tous les jours ou 30 minutes intenses trois fois par semaine. 30 minutes, ça peut être 3 fois 10 minutes dans la journée. L'important c'est de ne pas faire 1h30 le dimanche et rien dans la semaine. Il faut en faire un peu tous les jours", recommande Martine Duclos.
Par ailleurs il ne faut pas hésiter à utiliser la vie quotidienne et son environnement pour bouger : avoir des modes de déplacement actifs, prendre les escaliers… Il faut aussi varier les activités et ne pas hésiter à entraîner avec soi la famille ou les amis.
"L'intérêt d'être dans un club ou un groupe c'est de rencontrer des gens qui ont d'autres horizons. Le lien social n'est pas négligeable. L'important est de ne pas vivre l'activité physique comme une contrainte. Il faut que ce soit un plaisir."

Martine Duclos met aussi l'accent sur l'arrêt des boissons sucrées.
"Les gens qui boivent une boisson sucrée par semaine par rapport à ceux qui en boivent une tous les jours, au bout de 3 ans ont une différence de poids de 4 kg en moins. Il vaut mieux remplacer ça par de l'eau : boire de l'eau c'est très bon pour les reins."

Les signes physiologiques
Le problème ? L'accumulation de graisse au niveau de l'abdomen qui entraîne la formation d'une hypertension artérielle, d'un diabète, d'une mauvaise répartition entre le "bon" et le "mauvais" cholestérol.

Selon Martine Duclos, il y aurait syndrome métabolique quand le tour de taille est supérieur à 88 cm chez la femme et 102 cm chez l'homme et que sont réunis au moins deux des critères suivants :
- un taux élevé de triglycérides sanguins : égal ou supérieur à 1,50 g/L ;
- une hypertension : égale ou supérieure à 130/85 ;
- un faible taux de "bon" cholestérol (HDL) : inférieur à 0,4 g/L chez les hommes et 0,50 g/L chez les femmes ;
- une glycémie à jeun élevée : égale ou supérieure à 1,01 g/L.

30 à 40 % de la population ?
La difficulté, c'est que la définition du syndrome métabolique varie selon les époques, les pays et les organismes de santé. Par exemple, pour la Fédération Internationale du diabète, le seuil concernant le tour de taille est plus restrictif : 80 cm pour les femmes et 94 cm pour les hommes. Pour l'OMS, à l'inverse, la tension est normale jusqu'à 140/90.
Logiquement, le nombre de personnes concernées varie selon la définition adoptée. Pour Martine Duclos, le surpoids et l'obésité touchent environ 50 % de la population française. "Il doit y en avoir 30 ou 40 % concernés par le syndrome métabolique."

"Le reproche qu'on peut faire, c'est quand les laboratoires essaient d'élargir la fourchette pour y faire entrer le plus grand nombre de personnes", observe Serge Rafal**, spécialiste en médecine générale.
"Pour le diabète en ce moment les normes sont de 1,10 à 1,26 g/L. Mais si vous descendez à 1 g/L vous rentrez 500 000 personnes de plus. C'est malheureusement un peu la tendance."

Se méfier des seuils trop bas
Philipe Even***, président de l'Institut de recherche Necker-Enfants malades, n'hésite pas, lui, à accuser l'industrie pharmaceutique d'inventer de nouvelles maladies pour prescrire à vie des médicaments inutiles (voir : Les maladies inventées par la médecine).
"Quand j'étais jeune médecin, il y a 50 ans, le diabète commençait au delà de 1,4 g/L de sucre dans le sang. Maintenant c'est 1,25 g/L. On a doublé le marché. Les diabétologues ont même dit qu'il fallait se méfier à 1,1 g/L. Et puis on a inventé le syndrome métabolique. Dans la définition internationale, la glycémie devient un élément du syndrome métabolique, à partir de 1,01 g/L, la norme étant de 1 g/L. L'intérêt des traitements préventifs pour l'industrie, c'est que vous êtes passibles de traitement à vie. Inventer une nouvelle maladie et prescrire tous les jours de 50 à 85 ans un traitement qui ne sert à rien pour des maladies que le patient n'aura jamais, ça c'est le coup du roi !"

Un indicateur valable pour un risque réel
Serge Rafal considère que l'obésité abdominale est malgré tout un véritable facteur de risque et donc un indicateur valable qui complète les autres : "Pour le tour de taille, il faut compter 1 mètre, ça nous donne une indication. L'obésité abdominale existe d'abord chez les hommes. Chez les femmes, elle arrive après la ménopause ; avant, le problème se situe plutôt sur le tour de hanche qui est moins un facteur de risque. Le risque cardiovasculaire chez la femme est plutôt dans la tranche 50-60 ans, pas seulement avec l'arrêt des œstrogènes mais vraisemblablement aussi avec la répartition des graisses."

"Au niveau des cuisses et des fesses, la masse grasse n'est pas dangereuse car elle est sous-cutanée, dans une zone où la graisse est faite pour être stockée. Alors que sur le tour de taille l'excès de graisse n'est pas sous-cutané, il est autour des organes profonds. C'est pour cela qu'il est problématique : il crée une inflammation", précise Martine Duclos.

Solution : un équilibre de vie
La solution ne réside pas dans des traitements médicamenteux prolongés mais dans le mode de vie.
"Toutes les études montrent que, quand on a un comportement de vie sain, activité physique + nutrition équilibrée + non tabagisme, on gagne 10 à 14 ans de vie en bonne santé !", assure Martine Duclos (voir encadré).

Même approche pour Serge Rafal qui recommande également "une vie saine qui commence par l'alimentation, l'activité physique, la gestion du stress et la préservation du sommeil".

 

*Chef de Service de Médecine du Sport du CHU de Clermont-Ferrand
**Auteur notamment de Mon guide des médecines douces et L'alimentation antioxydante, éditions Marabout
***Auteur notamment avec Bernard Debré de :
Les leçons du Mediator : l'intégralité du rapport sur les médicaments, éditions Cherche-Midi
Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, éditions Cherche-Midi
La vérité sur le cholestérol, éditions Cherche-Midi

Sources complémentaires :
Passeport Santé : Le syndrome métabolique
Wikipédia : Syndrome métabolique


                

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