Mourir écolo

Si l'on se préoccupe de la trace qu'on laissera derrière soi ou si l'on veut rester fidèle aux engagements de ses proches, on opte pour des modes de funérailles plus simples, plus sobres et respectueuses de l'environnement. Car aujourd'hui, même la mort peut être écolo…

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C'est sans doute le sujet dont il est le plus difficile de parler dans notre société. Pourtant assumer la mort est gage de liberté. Comme le disait Montaigne : "Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout. La préméditation de la mort est préméditation de la liberté… Le savoir-mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte."

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Pompes funèbres "écolo" ?

De plus en plus d'entrepreneurs de pompes funèbres acceptent de travailler sur des formules adaptées aux volontés de leur client.

Parmi les sociétés ayant une démarche dans le domaine écologique, Brigitte Lapouge-Déjean et Laetitia Royant citent dans leur livre* :
- AB Crémation, pionnière dans les cercueils en carton ;
- La Coopérative funéraire de Nantes, défendant un principe de funérailles "plus écoresponsables" (exemple de devis pour une crémation "minimaliste" à 2 700 €) ;
- L'Autre Rive qui propose des obsèques "sur mesure" (exemple de devis pour une crémation "minimaliste" à 2 040 €).

 

Prévoir ses obsèques
De plus en plus de gens, souvent pour ne pas faire peser la dépense sur leurs proches, organisent à l'avance leurs propres obsèques. Environ 22 % des décès sont couverts aujourd'hui par des contrats de prévoyance obsèques*. Mais attention ! Il s'agit d'un filon trop souvent exploité par les assurances, les mutuelles ou les banques… Il faut savoir par exemple que l'Assurance Obsèques est un simple produit financier. Elle ne prévoit pas de prestations précises en particulier pour la protection de l'environnement.

Pour ceux qui se soucient de respecter la planète lors de leurs funérailles, le Contrat Obsèques est plus adapté. Il se souscrit auprès des entreprises de pompes funèbres, on règle la somme en une ou plusieurs fois et l'on prévoit le déroulement dans le détail, y compris les prestations "vertes".

On peut aussi faire plus simple, si l'on fait confiance à ses proches pour faire respecter ses souhaits : épargner une somme suffisante sur un livret d'épargne et écrire ses volontés dans le détail. Les frais d'obsèques pourront le moment venu être prélevées sur le compte du défunt jusqu'à 5 000 €.

Écrire ses instructions
Cérémonie civile ou religieuse, inhumation ou crémation, type de sépulture, don d'organes ou refus… Il est important de faire une liste de ses préférences, en harmonie avec ses choix philosophiques et spirituels intimes. On peut même pousser plus loin en prévoyant les détails de la cérémonie.

Il est possible ensuite, comme on l'a vu, de faire appel à une société spécialisée dans le cadre d'un Contrat Obsèques ou simplement de glisser la liste imprimée dans son livret de famille et d'en donner une copie à une ou plusieurs personnes autour de soi.

Cimetières ou crémation ?
Le choix relève des valeurs personnelles de chacun. Sur le plan de l'environnement, les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Sur le plan des prix, les montants sont comparables (voir encadré Chiffres).

Les cimetières sont confrontés à un problème d’espace. Par ailleurs l'enterrement traditionnel peut être source de contamination pour les sols et les nappes phréatiques, à cause des plombages, de certains produits d'embaumement, et d'autres éléments toxiques présents dans les corps et les cercueils. Depuis le 1er janvier 2017 tous les cimetières sont tenus d'appliquer la loi "zéro phyto" pour l'entretien des espaces verts. Certaines communes poussent la logique jusqu'au bout en concevant des cimetières "paysagers" en symbiose avec la nature*.

La crémation consiste à introduire le cercueil dans un four chauffé à 900°C. Il y a alors autocombustion pendant environ 90 minutes. Tout est transformé en gaz et en poussières, évacué avec les fumées. Cette solution entraîne une forte consommation d’énergie pour le fonctionnement du four et des émanations de CO2 significatives. Les cendres restantes sont recueillies, tamisées, broyées et remise aux proches. Ces derniers peuvent choisir de les garder dans un cimetière, de les disperser dans un "jardin du souvenir" ou en pleine nature.

Cercueils en bois ou en carton ?
Aujourd'hui la plupart des sociétés proposent des cercueils en bois certifiés FSC (Forest Stewardship Council), PEFC (Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières) ou Keurhout (certification néerlandaise), des labels qui garantissent la gestion durable des forêts.
Reste à vérifier qu'ils ne contiennent pas de solvant, ni de colle de synthèse. La composition du capiton a également son importance.
Les montants varient d'environ 350 € à 10 000 €.
Le cercueil en bois tendre, sans peinture ni vernis, est l'option la moins chère et la plus écologique.

Depuis quelques années, certaines sociétés comme AB Crémation proposent des cercueils en carton. Le premier intérêt de ces derniers est d'abord le prix modique (environ 370 € à 1 000 €). Par ailleurs, si l’on envisage une crémation, ils ne mettent que 45 minutes à brûler. Leur empreinte carbone est estimée à 7 kg de CO2 contre 40 kg pour un cercueil en bois*.
Il existe une résistance de certains crématoriums à ce type de cercueil, malgré le fait que la loi l'autorise.

Urne durable ou biodégradable ?
Si l'on a choisi la crémation, il faudra faire le bon choix concernant l'urne funéraire, réceptacle final des cendres du défunt. Il n'existe pas d'encadrement réglementaire et l'on a aujourd'hui un grand choix d'urnes à disposition, à tous les prix (de 30 € à plusieurs milliers d'euros), durables ou éphémères. En résine, en pierre, en métal, en céramique, en verre soufflé, en marbre, en albâtre... Ou dans de nombreux matériaux "naturels" : carton, papier mâché, tissu, bois, sable, argile...
Il faudra privilégier un matériau biodégradable en cas de dispersion des cendres en pleine nature.

Le poids des traditions
L'adieu à un proche se fait toujours dans la douleur et l'émotion. Le poids des traditions et des croyances est lourd dans ce genre de circonstances. Mais les mutations profondes de la société sont en marche et les obsèques vertes présentent une option de simplicité, de sobriété et d'économie qui a le vent en poupe.

 

(Article publié le 21/10/12, actualisé le 16/10/17)
Sources et adresses utiles :
*Funérailles écologiques, Pour des obsèques respectueuses de l'homme et de la planète, Brigitte Lapouge-Déjean et Laetitia Royant, éditions Terre Vivante
Vivre écolo pour les Nuls, Liz Barclay, Michael Grosvenor, Franck Laval, Nelly Bonnefous, éditions First
AFIF : Association Française d'Information Funéraire
**Que Choisir n°530 (Novembre 2014)
Mescoursespourlaplanete.com : Adieu
20 Minutes : Comment mourir écolo ?

33 %

des obsèques en France
sous forme de crémation**


3 350 €

le coût moyen
des inhumations en 2014**


3 609 €

le coût moyen
des crémations en 2014**




                

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