Pour une éducation constructive

Comment armer nos bouts de chou contre les aléas de la vie en tenant compte des exigences du monde dans lequel nous vivons ? Il est possible d'aller vers une éducation constructive…

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Quel parent ne souhaiterait pas rendre son enfant heureux ? Le problème, c'est que, même animés de bonnes intentions, il nous arrive d'aller à l'encontre de cet objectif. Marie Gilbert, psychologue et docteur en sciences de l'éducation, propose une démarche tournée vers l'avenir pour aider l'enfant à se construire*.

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Transmettre des valeurs ?

L'adaptation au monde d'aujourd'hui n'est pas une tache des plus faciles pour les parents eux-mêmes, et encore moins quand il faut orienter ses rejetons :
- apprendre à déjouer les injonctions de la publicité et à privilégier une consommation raisonnée,
- familiariser avec les écogestes,
- résister à la tyrannie de l'éphémère et au dressage à la performance,
- savoir se recentrer sur le bonheur d'exister au présent, sur les valeurs de l'être,
- réenchanter l'altruisme…
Et n'exiger de l'enfant "que ce qui le construit".

Par ailleurs, de plus en plus fréquemment, les familles ont à traverser des zones de turbulence : divorce, chômage…
Pour Marie Gilbert, le secret de l'équilibre réside alors dans "la capacité de déplacer le centre de gravité du bonheur, de l'extérieur vers l'intérieur de soi".  

Se libérer de son passé
Avant même que le bébé soit là, elle propose de se donner les meilleurs atouts pour partir d'un bon pied dans l'aventure de la parentalité. Revenir sur son passé, interroger son histoire personnelle, se mettre au clair avec l'éducation qu'on a reçu, faire l'inventaire, le tri, éventuellement pardonner ce qu'il y a à pardonner à ses parents (voir : Le pardon, guérir de ses blessures). Tout ce qui permet de se libérer de son passé rend plus disponible pour abriter l'enfant à venir.

Au plus proche de soi-même
De la même manière, il est très important d'apprendre à gérer son stress, de savoir être au plus proche de soi sans adopter des idées toutes faites. Prendre conscience de ses priorités profondes : qu'est-ce qui est réellement important ? La vie matérielle, l'argent, l'apparence, la reconnaissance sociale ? Les activités professionnelles, les temps de loisirs ou de recentrage sur soi ?
"Privilégier l'être n'est pas systématiquement en opposition avec l'avoir, le paraître et le faire, dans la mesure où ils lui apportent une contribution positive", précise Marie Gilbert. "La fortune peut être mise au service de la générosité ; le meilleur de soi s'exprime à travers ses actes, ses engagements ; la paraître sert d'expression à l'être…"

Un projet éducatif : pour l'enfant ou pour soi ?
Vient ensuite le moment d'envisager un projet éducatif. Il est alors opportun d'observer s'il s'agit d'un projet pour l'enfant ou pour réaliser le désir du parent. C'est aussi le moment de se faire une idée de l'homme ou de la femme qu'ils deviendront. La vision à long terme donne un sens aux choix du quotidien.

Parents imparfaits
Comment poser en soi les fondations du bonheur ? Accepter de ne pas être parfait (voir : Parents imparfaits et fiers de l'être), accepter que l'enfant ne corresponde pas à un idéal, cesser de vouloir tout contrôler et aller doucement vers le lâcher-prise… D'autres clés sont essentielles : la capacité à s'émerveiller, à sourire, à offrir et recevoir.

Un amour sans condition
Lorsque l'enfant est là, si l'on souhaite lui offrir la sécurité affective, cela veut dire être capable de porter un amour sans condition : l'aimer tel qu'il est, quoi qu'il arrive. C'est une "façon de comprendre l'enfant qui n'est pas entravée par des normes, des projections, des projets personnels". Un regard valorisant, une présence attentionnée, voilà ce qui fait naître l'estime de soi.
"Éduquer, c'est apprendre à aimer. Apprendre soi-même à aimer et apprendre à aimer aux enfants."

Donner des repères
Il est clair que l'intérêt de l'enfant n'est ni dans le laxisme des parents ni dans l'autoritarisme (voir : Parents, avoir de l'autorité). Les limites et les repères le sécurisent, l'aident à se connaître, à connaître son environnement, à s'adapter à la vie en société, à faire l'apprentissage du respect mutuel. Il convient donc de le guider avec bienveillance et fermeté. "L'autorité constructive n'est qu'un autre visage de l'amour", explique Marie Gilbert.
Cette autorité va de pair avec la cohérence éducative qui consiste tout simplement, pour les parents, à "faire converger les principes, les paroles et les actes".

L'ancrage familial a toute son importance, notamment pour préparer la socialisation. Il se construit dans le respect mutuel, grâce aux moments partagés, grâce à la communication avec l'enfant, à la ritualisation festive des étapes de la vie (anniversaires et autres).

Accompagner la prise d'autonomie
L'apprentissage de l'autonomie est progressif. Il nécessite chez les parents de faire confiance à l'enfant, de lui donner des responsabilités à sa mesure et d'utiliser les ratés comme une expérience éducative.

Le temps de l'adolescence ne se vit pas obligatoirement dans la crise : la liberté est toujours dépendante des conditions de sécurité. On est dans le "oui mais" : liberté de courir dans le jardin, oui, mais sans ouvrir le portail, liberté d'aller chez un copain, oui, mais jusqu'à une certaine heure…

Au moment où l'enfant ouvre ses ailes pour quitter la maison, il est alors important de bien distinguer ce que l'on redoute pour soi et ce que l'on redoute pour lui. Il faut accepter le risque inhérent à la vie et l'aider à larguer les amarres.

Les atouts pour réussir
Il y a un certain nombre d'outils dont l'enfant aura besoin dans sa vie d'adulte. Parmi eux : la capacité de s'organiser, de gérer sont temps, de savoir traiter les informations, de mobiliser son corps, sa concentration, sa réflexion ; la persévérance et le sens de l'effort ; la réactivité ; la découverte de soi ; l'orientation de ses pensées dans un sens positif ; la présence de valeurs fortes concernant la société (voir encadré)…
"Un cap à garder : réussir sa vie en faisant de chaque pas, quel qu'il soit, un pas en avant vers le meilleur de soi", conseille Marie Gilbert.

Contribuer à la paix
Il n'est pas interdit de mettre la barre très haut : on peut contribuer à la paix grâce à l'éducation ! En répondant au besoin d'exister des enfants, en les aidant à gérer leur agressivité et celle d'autrui. Face aux séismes du monde, Marie Gilbert préconise d'apprendre aux enfants l'éducation à la tolérance et à la résistance : "Pour affronter la crise écologique, choisir la solidarité ; pour affronter la barbarie, faire triompher l'humanité."

 

Source :
*Le Grand Guide de l'éducation constructive, Marie Gilbert, éditions Eyrolles


                

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