Six idées reçues sur le bio (suite)

Idée reçue n°4 : "À quoi bon manger bio ?
- L'espérance de vie augmente : on vit plus vieux qu'avant
Il faut remettre en cause cette assertion très répandue qui concerne des générations qui sont nées au début du XXe siècle et qui ont connu pendant toute la première partie de leur vie une autre hygiène alimentaire. "On va aborder maintenant la nouvelle génération nourrie au MacDo et au Coca-cola, avec le stress urbain, on va voir ce qui va se passer. D'ailleurs l'espérance de vie a déjà commencé à diminuer."

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Les pesticides : une addiction

"Des publications scientifiques, notamment celle de Dufresnoy dans les année 30, démontrent que quand on met des pesticides on inhibe la production de cytoplasme dans la cellule et on provoque un déséquilibre des protides au bénéfice des glucides. On a un stockage de sucres qui fait que la plante devient la proie du parasitisme, parce que la relation entre la plante et le parasite est d'ordre nutritionnel."

"Des études de l'INRA de Bordeaux (Francis Chaboussou), montrent que le jour où on met un pesticide dans un champ, c'est comme la drogue, on ne peut plus s'en passer. On crée désordre sur désordre qui obligent à une course infernale, il faut utiliser des pesticides toujours plus puissant pour juguler des maladies qui sont devenues permanentes dans le champ."

- La pollution est partout, le combat est perdu d'avance
Pour Philippe Desbrosses, cet argument "c'est comme si on souhaitait achever les blessés au bord des routes. Il est vrai que nous ne sommes pas responsables de l'état de l'environnement que nous avons mais au moins, essayons de l'améliorer."

Idée reçue n°5 : "Le bio c'est pour les bobos"
- Le bio c'est cher
En réalité, le bio progresse dans toutes les catégories sociales et dans toutes les générations. Cela relèverait plutôt de la prise de conscience.

Par ailleurs dans les produits conventionnels, il faut comprendre qu'il y a un coût caché :
- les subventions que contribue à payer chaque consommateur en tant que contribuable et qui, au total en France, représentent 12,5 milliards d'euros par an,
- la dégradation des sols, la pollution des nappes phréatiques…
"Il faudra payer un jour pour cela. C'est très injuste de dire que le bio coûte plus cher. Simplement avec le bio on paie le vrai prix. En fait, il faut inverser notre raisonnement : l'agriculture bio coûte beaucoup moins cher à la collectivité parce qu'elle n'hypothèque pas l'avenir et ne vit pas de subventions."

Idée reçue n°6 : "Le bio ce n'est pas réaliste"
- Pas de modèle économique
286 études collectées par les universités américaines, indiennes et anglaises, montrent que l'agriculture biologique est plus productive et plus durable. Dans les pays où les conditions physiques sont difficiles c'est l'agriculture biologique qui est en tête en terme de rendement.

Une étude américaine publiée en 94 dans "American Scientic" a montré qu'il faut 300 unités d'intrants (produits nécessaires au fonctionnement de l'exploitation agricole : engrais, amendements, pesticides, équipements, carburant, etc.) pour produire 100 unités de nourriture en agriculture conventionnelle, alors qu'il en faut 5 seulement en agriculture biologique !
En réalité, il est beaucoup plus cher de produire en conventionnel qu'en bio !

"Avec la crise financière actuelle, ça va devenir très voyant, on ne va plus pouvoir tricher avec les chiffres et les coûts cachés. Par ailleurs, en bio on ne cherche pas un rendement maximum mais un rendement optimum pour qu'il soit durable. Si vous payez les derniers quintaux très chers, ça sert à quoi de produire 100 quintaux ? C'est ridicule."

- L'agriculture biologique ne permettrait pas de nourrir l'humanité
400 experts de la FAO, venus de 80 pays, réunis du 3 au 5 mai 2007 à Rome, ont conclu que l'agriculture biologique, après trente ans d'expérimentation sur l'ensemble des continents, avait fait la démonstration qu'elle pouvait nourrir toute la population de la planète aussi bien que l'agriculture conventionnelle sans les inconvénients de celle-ci.
"Notre agriculture est essentiellement pétrolière, quand on voit le cours du pétrole, la dégradation des sols, l'état des nappes phréatiques, la baisse des rendements, est-ce qu'on va pouvoir continuer longtemps comme ça ? La famine, c'est ce modèle-là qui la prépare."

 

Philippe Desbrosses insiste sur le fait que l'agriculture biologique ou "naturelle" ou "à haute valeur environnementale", c'est plus qu'une méthode de production. Cela participe d'un nouvel art de vivre, une recherche des êtres humains vers la solidarité, le respect des générations futures, le respect de la terre.
"Quand Colbert faisait planter les chênes de la forêt de Tronçais pour qu'ils servent 150 ans plus tard à faire les mâts des navires, il n'était pas simplement dans l'amour du prochain mais aussi dans l'amour du lointain ! Il s'agit-là de valeurs morales qui guident nos actions."


                

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