Tendances : le magasin bio de demain

Le magasin bio de troisième génération arrivera bientôt dans nos quartiers ! Il sera centré sur le nouveau consomm'acteur, ouvert à une diversification des métiers avec une vocation collaborative…

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Les plus âgés se souviennent qu'il n'y a pas si longtemps, au 20e siècle, il fallait faire un long trajet pour trouver une boutique bio et rapporter son muesli, son riz complet ou son pain Lemaire quotidien. C'était déjà une épicerie Biocoop ou La Vie Claire. C'était souvent une petite échoppe indépendante dont l'enseigne indiquait "magasin diététique". Aujourd'hui nous faisons nos courses avec un panier à roulette dans ce qui ressemble à une supérette ou un mini-supermarché. À quoi ressemblera le magasin bio de demain ?

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Des réseaux en forte croissance

Dans le bio, les acteurs qui créent plus des trois quarts des nouveaux points de vente en France et qui structurent la distribution sont "soit des groupes totalement intégrés type Naturalia ou NaturéO qui sont propriétaires de 100 % de leurs points de vente, soit des regroupements uniquement volontaires par adhésion comme BioCoop, soit encore des systèmes mixtes comme La Vie Claire", explique Benoît Soury.
Le nombre d'indépendants a sensiblement diminué et la tendance se confirme pour les années à venir.

Les groupes connaissent une croissance très forte : +10 % en 2014. "À fin juin 2015, les chiffres semblent indiquer qu'il n'y a pas un réseau qui ne progressera pas d'au moins 12 ou 13 % à nombre de magasins constant. Le chiffre est près de 20 % à nombre de magasins non constant." 

Autour de 250 m2
Les tentatives de grandes surfaces bio de 900 ou 1 000 m2 on fait long feu, selon Benoît Soury, directeur général de La Vie Claire et président de Natexbio*.
"Une chaîne comme NaturéO est en train de revenir à des espaces entre 300 et 500 m2. D'ici deux ans il n'y aura quasiment plus de magasin de moins de 100 m2 et la surface moyenne sera autour de 250 à 300 m2. Dans la classification habituelle de la distribution française, il y a les hyper, les super et les proxi. Nous, magasins bio spécialisés, faisons partie uniquement des proxi."

Une concentration inéluctable
À terme, un phénomène de concentration est incontournable. "Je ne sais pas si ce sera dans six mois ou six ans mais quand le marché deviendra plus dur, il faudra consolider le secteur et il y aura forcément des opérations de regroupements ou d'acquisitions. Ce qui est rassurant, c'est qu'aujourd'hui ce sont essentiellement les acteurs du monde de la distribution spécialisée qui sont les acteurs structurants. Demain nous pourrons donc mieux maîtriser notre destin". (Voir encadré.)
Benoît Soury considère que les tentatives ratées d'Auchan et de Carrefour de mettre en place des points de vente uniquement bio laissent le temps au secteur de se développer pour mieux résister.

Vers le magasin bio 3.0
Dans les dix ans qui viennent, il est probable que les magasins bio connaîtront des évolutions sensibles pour s'adapter à la fois à la révolution numérique en cours et à la demande des nouvelles générations. Sauveur Fernandez, expert en "éco-tendances" et enseignant en marketing, parle de l'avènement d'un "magasin bio 3.0". Selon lui, la boutique classique fera place à un "centre de vie holistique", un "éco-centre de ressourcement".

"Aux États-Unis, une nouvelle génération de distributeurs conventionnels
émerge depuis les années 2010, qui ne se définit déjà plus comme des magasins, mais comme des "third place", des "tiers-lieux" communautaires, entre maison et travail. Les "clients" (…) y partagent les mêmes valeurs, peuvent se promener, travailler, sympathiser avec les habitants du quartier, participer à la vie du magasin, apprendre et bénéficier d’un véritable accompagnement personnel, faisant ainsi bien plus que des courses."

Du vendeur conseil au vendeur coach
Dans ce nouveau lieu, le vendeur des années 2025 considère les consommateurs comme des voisins et "se transforme à l’occasion en coach de vie empathique qui suit régulièrement ses clients au quotidien au travers de blogs et de formations dédiés."

Ce vendeur est par ailleurs épaulé par l'expertise de ces clients qui donnent sur les produits un avis immédiatement visible sur les smartphones des autres clients.

Design : l'épicerie de grand-maman
Au niveau du design, on oublie les rayonnages et on essaie de retrouver "une ambiance relationnelle chaleureuse inspirée des épiceries d’antan ou des marchés couverts" : étagères derrière les caisses, œufs frais en vrac sur le comptoir, organisation en ilots, rayonnages bas…

De plus en plus de vrac
Sauveur Fernandez prédit également le renforcement de la proposition de vrac afin de répondre "au grand défi commun du Zéro déchet et de la lutte anti gaspillage alimentaire" : produits frais, produits ménagers, hygiène & beauté, parfums, cosmétiques, alimentation animale...
Les produits DIY (Do It Yourself) se taillent la part du lion dans cette partie du magasin car "le consomm’acteur ne veut plus seulement donner son avis, mais désire fabriquer lui-même ses propres produits". Il peut même envisager de vendre sa production dans le magasin bio pour arrondir ses fins de mois.

Centre de l'économie collaborative
Plus de campagnes publicitaires classiques, la communication se fait par les réseaux sociaux, par la création d'instants privilégiés de rencontres, d’animations culturelles, de moments festifs.
Le nouveau magasin bio devient le centre de la nouvelle économie collaborative : location, partage, échange, achat groupé, vente d'occasion de produits ou de services. Il propose des services gratuits participatifs de réparation de vélos, de voitures, ou de biens de consommation pour lutter contre l’obsolescence programmée. Des associations ou de petites entreprises locales ont vocation à nouer des partenariats étroits avec lui ainsi que des "fab lab" : "des micro-ateliers communautaires sophistiqués de fabrication numérique avec imprimante 3D, découpe au laser et machines-outils, permettant ainsi de créer sur place toute sorte d’objets ou pièces de réparations."
Il peut même diversifier son modèle économique. Sauveur Fernandez cite l'exemple de Whool Food Market qui possède une agence de tourisme, ouvre un spa à Boston et crée une clinique médicale. Pourquoi pas développer des fermes urbaines, proposer des services à la personne, du coaching, des cours de yoga, devenir hôtelier, promoteur immobilier… ?

 

*Fédération des professionnels de la filière bio regroupant Synabio, Synadiet, Synadis Bio. 


                

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