Six idées reçues sur le bio

Le bio a le vent en poupe. Nous sommes 84 % en France à souhaiter son développement.
Mais nous ne sommes encore que 25 % à en acheter ! Alors quels sont les obstacles qui nous retiennent ?
Nous avons recensé six idées reçues sur le bio et demandé ce qu'il en pensait à Philippe Desbrosses, spécialiste de la question…

Vie saine et zen, Six idées reçues sur le bio

Philippe Desbrosses se présente avant tout comme agriculteur. Il est aussi Docteur en sciences de l'environnement, Expert consultant auprès de l'Union Européenne et Chargé de mission auprès du Ministère de l'agriculture. C'est aussi lui qui dirige la Ferme de Sainte Marthe spécialisée dans les semences bio, l'un des plus grands conservatoires d'espèces menacées en France.

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La guerre des pesticides

En agriculture intensive, on fait du traitement préventif et au moindre signe, on déclenche la guerre des pesticides.
Selon Philippe Desbrosses, on modifie alors le métabolisme des plantes, on favorise la prolifération d'insectes secondaires qui deviennent extrêmement virulents et qui font autant de dégâts que l'insecte qu'on a voulu combattre.
Paradoxe : les pesticides provoquent des proliférations d'insectes.

"Quand on traite les araignées rouges, cela crée une virulence plus grande chez les araignées et un cycle de ponte supplémentaire, donc une génération supplémentaire. On obtient le contraire de l'effet recherché. La nature reprend toujours le dessus. Le parasitisme a un rôle : éliminer les plantes malades."

Une étude américaine sur les insectes résistants aux pesticides montre qu'il y en avait :
7 dans les années 1930,
25 dans les années 40,
200 dans les années 50,
900 aujourd'hui…

Idée reçue n°1 : "Le bio ce n'est pas vraiment du bio."
- Le bio pollué par les voisins ?
Chez beaucoup de consommateurs, un doute subsiste : un agriculteur ne peut pas cultiver totalement bio parce que les voisins polluent…
Pourtant c'est un fait, toutes les enquêtes récentes de la Répression des fraudes, de 60 millions de consommateurs ou de Que Choisir concluent qu'on ne trouve pas de résidus de pesticides dans les produits bio, à l’exception de traces non significatives sur 4% des échantillons. Philippe Desbrosses en est lui-même surpris compte tenu du fait que les agriculteurs ne vivent pas dans une bulle et sont donc obligés de recevoir la pollution des autres.
"Mais le niveau de traitement sur les cultures conventionnelles est tel qu'on voit bien la différence entre ceux qui traitent et ceux qui ne traitent pas."

- La fraude sur le bio ?
Au niveau des producteurs, la fraude sur les produits bio est impossible parce que le système de contrôle est extrêmement rigoureux.
"Et puis vous savez, les agriculteurs qui s'engagent dans la voie du bio ne le font pas pour faire fortune. C'est un engagement citoyen pour le respect de la planète et pour leurs enfants ou leurs petits-enfants."
Quant à la fraude sur les produits importés, il y a eu quelques cas, il y a une dizaine d'années, mais les fraudeurs ont été pris et les condamnations ont été très sévères. "Plus personne ne s'amuse à ce jeu-là maintenant."

Idée reçue n°2 : "Le bio c'est moins bon et c'est pas sain"
- Les produits contaminés par des maladies
Ce qui fait la qualité des plantes cultivées en bio c'est qu'elles se défendent elle-même contre les maladies, elles sont donc au contraire plus solides.
Quant à la qualité microbienne en magasin, les produits bio sont soumis à la même réglementation que les produits conventionnels. Avec en plus la contrainte de ne pas utiliser de produits dangereux.

"Un bruit a couru sur le fait que le bio qui n'utilise pas de fongicides serait susceptible de développer des mycotoxines, une sorte de champignon toxique. Aucune preuve n'a été avancée. En revanche, lors d'une réunion de la FAO en août 2000 à Porto, les experts, se basant sur six ans d'études, ont même démontré qu'il y avait moins de danger avec les mycotoxines en bio qu'en conventionnel."

- Pas prouvé que ce soit meilleur pour la santé
Selon un certain discours scientifique, le bio serait bon pour l'environnement mais pas forcément meilleur pour la santé. 
Philippe Desbrosses fait appel au bon sens : "comment expliquer que ça puisse être bon pour la planète mais pas pour les gens qui vivent dessus ? Un exemple : on saurait maintenant que des maladies comme celle de Parkinson relèvent à 70 % de l'utilisation de pesticides."

- Beaucoup de produits mauvais : les vins par exemple.
Ceux qui ont connu le bio dans les années 70 l'ont parfois expérimenté à leurs dépens. Mais depuis une dizaine d'années les choses ont changé. "Aujourd'hui tous les grands crus sont en bio. Ils ne communiquent pas forcément dessus, mais regardez : Montrachet-Pouligny, Romanée Conti, Petrus… Ils sont en bio, même en biodynamie, et dans certains vignobles, ils ont réintroduit la traction animale."

Idée reçue n°3 : "Le bio c'est mauvais pour l'environnement"
- Les produits comme le cuivre utilisés en bio : pires que les pesticides pour l'environnement
Philippe Desbrosses ne nie pas que le cuivre pose problème "mais on en utilise quatre fois moins que dans les vignes classiques ! Pour lutter contre certaines maladies comme le mildiou, les doses de cuivre recommandées par les techniciens sont de l'ordre de 12 kg/ha en conventionnel, alors que les producteurs bio s'en sortent avec 3 kg/ha…"
Selon lui, tout est une question de quantité. Le cuivre est biodégradable, c'est une question d'équilibre général.

6 milliards €

le chiffre d’affaires en 2008
de l’alimentation bio en Allemagne,
premier marché européen



Philippe Desbrosses

42 %

des français
ont consommé en 2007
au moins un produit bio par mois




                

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