La médecine chinoise en France

On la connaît surtout à travers l'acupuncture mais la médecine chinoise possède un large éventail d'outils thérapeutiques : diététique et pharmacopée, massage Tui Na, Qi Gong… Nous avons interrogé Joëlle Vassail, présidente de l'Union Française des Professionnels de la Médecine Traditionnelle Chinoise (UFPMTC).

Viesaineetzen.com - La médecine chinoise en France

On n'a pas besoin d'avoir des connaissances particulières pour aller consulter un praticien de médecine chinoise, et on n'a même pas besoin d'être déjà malade ! Il faut juste savoir qu'il s’agit d’un système médical différent qui prend en compte l'ensemble de la personne et que la démarche peut aussi être préventive.
"Lorsqu’il y a déséquilibre énergétique apparaissent déjà des dysfonctionnements dans l’organisme, voire des douleurs. Et cependant les examens de médecine occidentale peuvent être normaux parce qu'on n'en est pas encore au stade de la lésion organique. Il vaut mieux essayer de faire quelque chose avant d’en arriver là", explique Joëlle Vassail, praticienne et présidente de l'UFPMTC.

Publicité

En savoir plus

L'acupuncture : une tradition française !

Au 17e siècle, les jésuites reviennent de Chine avec des récits de voyage où l'on trouve une description précise de tous les aspects de la médecine chinoise. Mais c'est l'acupuncture à l'époque qui attire l'attention.
Selon Joëlle Vassail, la découverte des réseaux de méridiens marque les esprits plus que les plantes qui sont, en Europe à l'époque, la base de notre pharmacopée.
Depuis, il y a en France une tradition de l'enseignement de l'acupuncture.

Les outils thérapeutiques
La pharmacopée est la branche la plus large et comprend également la diététique. Il y a aussi, bien sûr, l'acupuncture, le Tui Na qui recouvre le massage (voir : Le Tui Na, massage traditionnel chinois), les manipulations et le Qi Gong qui n'est pas seulement une gymnastique d'entretien et de préservation de la vie mais aussi une branche thérapeutique de la médecine chinoise.

Trouver un praticien
"En France on trouve beaucoup de praticiens en acupuncture car c'est l'outil connu de longue date. Ceux qui utilisent la pharmacopée et le Tui Na sont plus rares mais leur nombre augmente du fait de l'enseignement. Le Qi Gong thérapeutique n'est pas enseigné depuis très longtemps", précise Joëlle Vassail.

Le bouche à oreille est toujours la meilleure méthode si l'on veut trouver un praticien mais il y a aussi des annuaires sur les sites des fédérations :
- UFPMTC (Union Française des Professionnels de la Médecine Traditionnelle Chinoise),
- SIATTEC (Syndicat Indépendant des Acupuncteurs Traditionnels et des Thérapeutes en Énergétique Chinoise),
- FNMTC (Fédération Nationale de Médecine Traditionnelle Chinoise).

Diplôme national
Ces différentes organisations ont été créées séparément pour des raisons historiques et géographiques mais sont regroupées aujourd'hui au sein de la Confédération française de médecine traditionnelle chinoise (CFMTC) et, depuis 2011, le diplôme national sanctionne un examen commun.
"Il permet d'avoir un niveau de compétence d'entrée dans la profession proche de celui du diplôme international chinois."

Problème : pour l'instant le diplôme n'est pas reconnu par l'Etat puisqu’en France la situation n'a pas changé depuis 1956. "Nous appartenons aux professions non encore légiférées depuis le traité de Rome. En Europe, certains pays ont mis en place un statut légal."

Seuls à opérer dans le cadre légal, il y a des médecins qui utilisent l'outil de l'acupuncture.
"Mais ils ne le font pas forcément dans un cadre de médecine chinoise. Il s'agit souvent d'une utilisation symptomatique de l'acupuncture à partir d'un diagnostic en médecine occidentale."

Le "diagnostic en médecine chinoise"
Selon Joëlle Vassail, il faudrait le concevoir en un seul mot : "diagnostic-en-médecine-chinoise". On pourrait aussi parler de bilan énergétique. En tout cas, ça ne ressemble pas à un diagnostic en médecine occidentale.
"L'examen se base sur l'interrogatoire, l'auscultation (audition, olfaction), l’observation, dont celle de la langue, et la palpation, dont la prise des pouls. Les pouls et la langue sont des indications très importantes. Ensuite, si le praticien maîtrise plusieurs outils thérapeutiques, il va choisir le plus adapté. S'il n'en maîtrise qu'un, c’est celui qu’il va utiliser." 

Des plantes originaires de Chine
Pour la pharmacopée, les plantes viennent la plupart du temps de Chine.
"Elles doivent être récoltées dans certaines conditions, dans certains lieux. Elles sont séchées, préparées chacune différemment, par exemple toastées au miel, puis mélangées fonction de chaque cas, et décoctées. En France on utilise souvent la décoction de plantes en poudre concentrée, réhydratée avec de l'eau bouillante."

Joëlle Vassail n'est pas inquiète des risques de pollution des produits : "ils arrivent en France avec une carte d'identité incluant notamment leur teneur en pesticides. Pour qui veut s'en préoccuper, on a une traçabilité parfaite." Encore faut-il s'adresser à de bons professionnels ! "Pour les formes galéniques, chez moi elles viennent le plus souvent d’Oakland en Californie, où la médecine chinoise est légalisée depuis longtemps. Par ailleurs j'ai deux fournisseurs principaux qui ont des lieux de culture bio en Chine et à Taiwan."

Où trouver la pharmacopée
En France, l'apothicaire chinois ne court pas les rues. On en trouve dans certaines villes, à Paris par exemple, mais pas partout.
"On peut commander les plantes et les recevoir par correspondance en 48h. En ce qui me concerne, je fais moi-même la commande pour contrôler la traçabilité des produits. Mais le praticien peut aussi remettre une prescription et c'est le patient qui fait sa commande."

Les indications
La médecine chinoise peut s'adresser à toutes les pathologies et, selon Joëlle Vassail, il y a des domaines où elle est particulièrement performante, par exemple en gynécologie et en dermatologie.
L'acupuncture est particulièrement intéressante pour les atteintes externes, telles celles de "vent froid", les syndromes grippaux, les sinusites, laryngites, trachéites…
La pharmacopée est efficace pour toutes sortes de syndromes et en particulier pour les maladies chroniques ou les "fameuses" maladies auto-immunes.

Vers une médecine intégrative ?
"Selon une étude récente commandée par l'INCA (Institut National contre le Cancer), 60 % des patients atteints de cancer ont recours à une médecine non conventionnelle et parmi eux beaucoup à la médecine chinoise. Cela leur permet entre autres de mieux supporter leur traitement. Par ailleurs, on remarque que dans nos cabinets de médecine chinoise, 30 à 40 % de nos patients viennent du monde médical, médecins compris."

La collaboration entre la médecine chinoise et occidentale est en train de s'amorcer en France.
"Dans les hôpitaux en Chine, on peut trouver à un étage la médecine chinoise, et à un autre étage la médecine occidentale. Le patient peut circuler librement selon ses besoins ou ses envies. En Australie, les deux médecines ont maintenant le même statut. Pourquoi ne serait-ce pas possible chez nous ?"


                

La revue de presse

Le Thyrofix fera son apparition dans les pharmacies la première semaine de décembre (...

Une plus grande accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau des personnes qui ont une...

Il est meilleur pour la santé physique et morale de dire ce que l'on a sur le cœur...

Deux salariés sur trois sont ou seront touchés par des douleurs lombaires, selon l'...

Crédit d'impôt prorogé jusqu'en 2020 et passant de 2 500 € à 3 500...

Peu d'avancées à l'issue de la COP23 qui s'est achevée le week-end dernier...