TOUS LES ÉDITOS

Franck ArguillèreIl était temps ! Pourtant l'un des enjeux n'est autre que notre capacité à assurer notre descendance… Et bien c'est fait ! Le sénat vient de donner son feu vert pour la suspension du Bisphénol A (BPA) dès le mois de janvier prochain dans les contenants alimentaires à destination des nourrissons et des enfants de moins de 3 ans. Pour les autres contenants alimentaires, la suspension interviendra en 2015, le temps de trouver des substituts et de vérifier leur innocuité.

Cela n'a pas fait la une de l'actualité. Il faut dire qu'il y avait d'autres évènements autrement plus importants ! Comme la fin du monde du calendrier maya, par exemple ! Pourtant le BPA et autres phtalates sont des perturbateurs endocriniens qui sont, notamment, sérieusement soupçonnés de faire baisser le nombre de spermatozoïdes chez les hommes. C'est que c'est fragile, ces petites bestioles !
C'est une réalité : les hommes produisent de moins en moins de spermatozoïdes. Selon une étude française citée par Jean-Marc Dupuis dans Santé Nature Innovation, les hommes de trente ans produisaient 102 millions de spermatozoïdes par millilitre en 1975, contre seulement 51 millions/ml en 1992 ! Et la situation continue d'empirer. Or, selon certains, la fertilité diminue dès que l'on passe sous la barre des 55 millions/ml. Et, selon les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en dessous de 15 millions/ml, c'est la stérilité. Les perturbateurs endocriniens ne sont pas seuls en cause mais ils y contribuent.

Le projet de suspension a été voté en première lecture par l'Assemblée Nationale en octobre 2011. Il aura fallu plus d'un an pour que le législateur finalise sa décision. Et le problème n'est pas résolu, car suspension ne veut pas dire interdiction et pendant les deux ans qui viennent il faudra étudier attentivement ce qui va remplacer le BPA et vérifier que le remède ne soit pas pire que le mal. 

Franck ArguillèreVexant, non ? Nous trimballerions sur nous en permanence des produits toxiques ! On a beau être sensibilisé aux questions environnementales, tenter de manger sain et bannir les cosmétiques chimiques sur notre épiderme, on serait quand même porteur de cochonneries… Dans nos vêtements ! C'est ce que nous apprend l'association Greenpeace qui propose à nouveau cette année de détoxifier la mode.
À l'occasion de sa campagne Detox 2012, l'association a testé 20 marques, et découvert que les 20 possèdent dans leur gamme des fringues qui contiennent des substances aux noms barbares et inquiétants. Par exemple des éthoxylates de nonylphénol ou NPE qui ont la faculté, au moment de la fabrication ou du lavage des vêtements, de se répandre dans les eaux usées en se dégradant en nonylphénol (NP), un pertubateur endocrinien qui peut dérégler les fonctions hormonales et entraîner notamment des troubles de la fertilité. Sans parler des colorants azoïques (susceptibles de se dégrader en amines aromatiques cancérigènes) et autres phtalates toxiques.
Sur la sellette, les marques dont les produits contiennent les plus fortes concentrations de NPE : C&A, Mango, Clavin Klein, Zara, Metersbonwe, Jack&Jones et Marks&Spencer.

Huit jours après le début de la campagne, à force de pétitions, flash-mob et interpellations sur les réseaux sociaux, Zara, le premier vendeur de vêtement au monde, a pris l'engagement d’exclure l’ensemble des substances chimiques dangereuses de sa chaîne de production.
L'an dernier c'était Nike, Adidas, Puma, H&M, M&S, C&A et Li-Ning qui prenaient le même engagement.

Espérons que les promesses seront tenues et que les produits de substitution ne seront pas pires que les précédents ! En tout cas, on est satisfait de constater que des lanceurs d'alerte comme Greenpeace peuvent avoir un impact concret en si peu de temps. C'est vrai qu'on n'est pas fan des grandes marques, mais il faut reconnaître qu'on ne va pas toujours s'habiller chez le petit fabricant de fringues bio et équitables. Il y a l'équation économique mais aussi le fait que ces derniers ont le stylisme souvent scotché sur des looks pour le moins hasardeux.

Franck ArguillèreSur la photo, elle a ce foulard sur la tête qui témoigne des effets de la maladie et du traitement de cheval qui va avec. Dans ses yeux on lit de la tristesse et son visage est marqué par les douleurs passées. Le sourire est de circonstance pour faire bonne figure devant le photographe. Et la voilà, sur la photo suivante, avec un couvre-chef excentrique, des couleurs vives, rayonnant d'un fou rire… La joie de vivre est revenue. Parce qu'il y a une infirmière qui l'a rendue belle et lui a tendu le miroir dans lequel elle n'osait plus se regarder depuis des mois.

Cette image magnifique et bouleversante illustrait l'une des conférences des 30e Rencontres des médecines alternatives et complémentaires (MAC) de l'Hôpital Tenon consacré un samedi d'octobre dernier à l'intérêt des MAC pour les patients atteints de cancer.

Parce qu'il y a des équipes soignantes qui depuis des années ont décidé de se regrouper en équipes pluridisciplinaires et proposent à leur patients un accompagnement esthétique, un soulagement de leur douleur par l'acupuncture, des soins de support par l'homéopathie, la phytothérapie, l'ostéopathie, le Qi Gong, le reiki, le yoga… Les patients peuvent faire face à cette épreuve plus facilement et voient diminuer les effets secondaires indésirables de leur chimio, les médecins peuvent réduire la durée de leur traitement ou les poursuivre alors qu'ils auraient dû les interrompre sur des sujets devenus trop fragiles.

Et pourtant tout cela est bidouillé, bricolé, financé par des dons dans un cadre associatif, tenu à bout de bras bénévolement par des personnalités au dévouement exemplaire… Comment est-ce possible ? Réponse : pendant des années le corps médical en France a dénié le droit d'existence aux médecines non conventionnelles, créé les pires difficultés à ses praticiens et l'Etat tarde à les reconnaître et leur donner un statut. Cherchez l'erreur.

Beaucoup d'hôpitaux tentent aujourd'hui de rattraper le temps perdu et c'est une course contre la montre car nombreux sont les patients qui vont chercher eux-mêmes, en dehors de tout cadre médical, le réconfort auquel ils ont droit auprès de praticiens pas toujours formés correctement aux exigences de la cancérologie, sans parler des charlatans de tous poils.

C'est dans ce cadre et sur le terrain qu'est en train de se développer la médecine de demain, une médecine encadrée par des collèges d'experts de différentes approches qui collaborent en bonne entente sans hégémonie d'une discipline sur une autre, une médecine intégrative.

Franck ArguillèreIl s'agirait donc d'une refondation de l'école. Au delà du catalogue de mesures (plutôt de bon sens) proposées par le gouvernement, on est curieux de voir ce qui sera fait. Parce qu'il y a urgence. Vu de notre fenêtre de parent d'élèves, le constat n'est pas réjouissant. Inadéquation de l'institution aux aspirations des jeunes et à la réalité de la société, mise en échec de l'égalité des chances, baisse du niveau de culture générale, augmentation inquiétante du décrochage scolaire et développement de pathologies du stress et de l'anxiété chez les élèves comme chez les professeurs…

S'il s'agit d'une refondation, c'est une réflexion collective à laquelle nous devons être conviés au niveau de la société toute entière. Quelle éducation voulons-nous pour nos enfants ?

En tant que parents, comment développons-nous la confiance en soi de nos bouts de chou, avec quelles limites, quels repères, quelle autorité ? Les professeurs parviennent-ils à trouver et mettre en valeur les points forts de chaque élève ou sont-ils encore dans une logique de stimulation par la sanction, inefficace et datée ?

Ces questions sont à la source d'un mal bien français qui se prolonge à l'âge adulte dans la vie professionnelle : quoique nous fassions nous sommes toujours complexés par nos performances. C'est logique puisque notre éducation, à l'école ou à la maison, sous prétexte de développer l'esprit critique, fait naître l'esprit négatif systématique.

L'école va mal mais elle nous ressemble. Elle est un symptôme de notre société. La question est trop sérieuse pour être laissée aux seuls professionnels.

Franck ArguillèreLes OGM font partie de ces sujets qu'il est très difficile d'aborder dans une soirée entre amis au risque de gâcher l'atmosphère. C'est comme le nucléaire. Il y a les pro et les anti. Chacun campe résolument sur ses positions et le dialogue est difficile voire orageux. D'autant que le sujet est quelque peu technique.

Même la catastrophe de Fukushima ne va pas ébranler la certitude qu'ont les partisans de Claude Allègre, grâce à l'énergie atomique, de marcher vers le progrès, le bien de la planète et de l'humanité.
De la même manière, les résultats de l'étude du professeur Séralini, menée sur deux ans et montrant la toxicité d'un maïs OGM et de l'herbicide Roundup sur le rat, ne peut entamer la foi des pro-OGM. Très rapidement, dans les médias, de nombreux experts sont venus leur fournir des arguments : l'expérience n'aurait pas été réalisée avec le bon type de rat, la taille insuffisante des sous-groupes de rongeurs n'aurait pas valeur statistique, les auteurs de l'étude seraient en conflit d'intérêt avec des sociétés de la grande distribution ayant investi le créneau du "garanti sans OGM"…

Au fond, que les lobbies industriels fassent leur propagande, il n'y a rien de choquant à cela, ils sont dans leur rôle et défendent leurs intérêts. Que les lanceurs d'alerte soient quelquefois dans l'excès et manquent de professionnalisme faute de moyens, on peut l'admettre, à la rigueur.

Il y devrait y avoir alors un acteur susceptible de mettre tout le monde d'accord par son impartialité et son indépendance. Un acteur qui se révèle singulièrement défaillant dans cette affaire, ce qui rappelle le récent scandale du Mediator. Cet acteur, c'est l'Etat et ses agences de veille sanitaire qui n'ont pas réalisé l'étude indépendante réclamée à corps et à cris depuis des années par les associations environnementales et par les Français qui dans leur grande majorité déclarent avec constance dans les sondages qu'ils ne veulent pas des OGM.

Franck ArguillèreApparemment ce sont nous, les citoyens, qui avons été les bons élèves au cours de ces cinq ans.
Avec la Conférence Environnementale des 14 et 15 septembre, l'heure est au bilan de l'évolution verte de la société française. Et on se rend compte au cours de ces cinq dernières années, que les points positifs sont liés à nos comportements : nous produisons de moins en moins d'ordures ménagères, nous les trions mieux, nous consommons moins d'énergie.

C'est même plus que cela : on voit dans la société un fourmillement d'initiatives au sein desquelles émergent une économie plus positive, plus sobre, plus circulaire, plus collaborative. Et les emplois verts connaissent une croissance supérieure à celle des autres secteurs.

Pourtant des retards incompréhensibles ont été pris : par exemple dans le domaine des énergies renouvelables, notamment l'éolien ; dans l'agriculture, où un modèle durable tarde à émerger avec une utilisation des pesticides toujours à la hausse et un développement du bio à pas de fourmi. Un certain discours fait toujours la part belle au nucléaire, au gaz de schiste… Et la France roule encore majoritairement au diesel.

Alors qui sont les mauvais élèves ? Les autorités publiques, des lobbies industriels, les écolo-sceptiques... ? Ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui nous avons besoin au plus haut niveau d'une vision et d'une véritable volonté politique en direction de l'économie de demain. Pour l'instant, sous prétexte de crise, nous voyons surtout des crispations sur les modèles d'hier.

Franck ArguillèreDes images, des histoires, des émotions ! Les JO de Londres ont fait souffler cet été un courant d'air frais dans le spectacle du sport. On a redécouvert qu'il n'y a pas que le foot et le cyclisme mais beaucoup de disciplines magnifiques à regarder et trop rares à l'écran : le trampoline, le plongeon, la gymnastique, l'athlétisme…

Il y a eu les larmes des blessés et des perdants, les cris de joie guerriers des gagnants. Il y a eu de beaux gestes et des personnalités touchantes sur le devant de la scène : le kenyan Kemboi dans les bras de Mekhissi, Yannick Agnel le nageur sympa qui ne se la donne pas, le frère et la sœur Manaudou qui s'embrassent devant les caméras du monde entier… Et celles et ceux dont on n'a pas beaucoup entendu parler : Kayla Harrison, la championne américaine de judo qui a surmonté la période où elle subissait le viol de son coach, Katherine Grainger, la médaillée d'or britannique en aviron qui a entrepris un doctorat en criminologie, Ruta Meilutyte, à 15 ans première médaillée d'or de son pays, la Lituanie (Rue 89 : Champions olympiques hors du commun, personne n’en a parlé !).

Certes on regrette l'inanité et le chauvinisme des commentaires des journalistes sportifs du service public. On n'oublie pas non plus le comportement singulier du CIO depuis de nombreuses années qui, en toute opacité, couvre les scandales de corruption, de dopages et de tricheries, fait le silence sur les manquements aux droits de l’homme des pays hôtes et préserve ses membres dans une impunité totale (Novethic : "Il y a une véritable opacité de l'institution olympique"). Mais on a envie de garder en mémoire la beauté du geste de certaines disciplines, la hauteur de la performance et du dépassement de soi, la qualité du fair-play, de l'esprit collectif et fraternel qui existe encore parfois…

Nul doute que la prolongation du show début septembre avec les jeux paralympiques apportera également son lot d'émotions (si on a la chance d'en apercevoir des miettes sur le petit écran).

Mais n'oublions pas en cette période de rentrée que le sport n'est pas qu'un spectacle. C'est avant tout une activité que nous avons besoin de pratiquer régulièrement (avec modération) pour nos sentir bien dans nos baskets.

Franck ArguillèreTongs, espadrilles ou sandales pour cet été ? Le choix est important car, le saviez-vous, nos chaussures nous trahissent ! J'ai toujours été frappé de constater combien nos grolles en disent long sur notre personnalité : se rehausser pour compenser un complexe d'infériorité ou par peur de manquer d'autorité ; faire du bruit en marchant pour être sûr d'être remarqué et faire entendre qu'on existe ; porter des couleurs vives pour marquer sa différence… Sans parler du coût de la chaussure qui est un indicateur social exprimant le pouvoir d'achat de la personne. Bref, nous pouvons être sûrs que nos chaussures parlent de nous.
Ces dernières années, l'arrivée des baskets urbaines à semelles plates et souples en dit long sur notre besoin de confort et de bien-être associé au désir de gommer les différences sociales.

Une étude américaine très sérieuse menée par des psychologues du Kansas a étudié la question avec un échantillon de 200 personnes de 18 à 55 ans. Conclusion : les bottines seraient plutôt portées par les agressifs, les godasses inconfortables par les calmes, les chaussures "neutres" par les introvertis, les modèles clinquants par les extravertis. Les plus entretenues seraient portées par les personnes angoissées, souffrant le plus de la peur de l'abandon.

Alors tongs, espadrilles ou sandales ? L'été nos pieds ont tendance à se découvrir… Et si l'on marchait pieds nus ? Cette fois c'est l'absence de chaussure qui exprime notre besoin de retour à la nature et d'écoute retrouvée de nos sensations.

Franck ArguillèreFaudra-t-il 24 ans comme pour l'amiante ? Ou 12 ans comme pour le Médiator ? Cette fois-ci combien de temps va-t-on attendre en France pour prendre des mesures sérieuses pour décourager le diésel ? L'OMS vient de le classer comme "cancérigène certain" et cela fait plus de 10 ans que les scientifiques accumulent les preuves quant au rôle néfaste des particules fines sur la santé : non seulement sur les cancers mais aussi et surtout sur les maladies cardiovasculaires.

Dès 2001, le Pr William Dab, titulaire de la Chaire hygiène et sécurité du Conservatoire national des arts et métiers préconisait de "prendre toutes les mesures possibles pour réduire le niveau d'exposition des populations urbaines aux particules fines, puisqu'il n'y a pas de seuil à l'impact sur la santé."

Avec 60 % du parc automobile qui roule au gazole, on s'est enferré dans l'erreur alors que les spécialistes nous disent depuis une dizaine d'années que l'avenir appartient à l'hybride et à l'électrique.

Aujourd'hui les industriels jouent les étonnés et plaident le fait que les moteurs diesel modernes émettent aujourd'hui beaucoup moins de particules qu'il y a dix ans sans voir que les taux de particules fines dans nos villes n'ont cessé d'augmenter. Et parce que le diésel dégage moins de CO2 que les moteurs à essence, ils avaient même prétendu qu'il était plus écologique !

Il serait dans l'intérêt de ces entreprises que leurs dirigeants aient une vision de leur secteur d'activité qui les incite à anticiper et accélérer les conversions nécessaires au vu des enjeux de santé publique. En attendant c'est aux législateurs que revient le devoir d'intervenir. Vite.

Franck ArguillèreFête des Mères, fête des Pères, nous y sommes. Et il y a aussi dans l'année celle des grands-mères, des secrétaires, des amoureux, des voisins… Alors pourquoi pas imaginer une fête des sœurs, des frères, des cousins, des amis… ? Des comptables, des médecins, des coiffeurs, des garçons de café, des chargés de mission… ? Des blagueurs, des mous du genou, des durs de la feuille, des emmerdeurs, des cons… Ça en fait, du monde à fêter ! On serait sûr de n'oublier personne et ça ferait marcher le commerce !

Il y a quelque chose d'insupportable dans la multiplication de ces passages obligés de la consommation, tous ancrés dans le chantage affectif : "si tu oublies ma fête, tu n'est pas un bon fils (petit-fils, patron, amoureux…)".

En France, la fête des Mères a été inscrite dans le calendrier sous le régime de Vichy et c'est la marque de briquet Flaminaire qui est à l'origine de celle des Pères après guerre. Dans les deux cas on peut rêver plus prestigieux comme démarrage !

Pourtant la célébration des parents est une tradition séculaire dans l'Histoire. Celle des mamans remonte à l'époque romaine, les "matronales" le 1er mars, et celle des papas au Moyen-âge, à la Saint-Joseph le 19 mars. Elle est aussi internationale : le Mother's Day est institué aux Etats-Unis en 1908, le Father's Day en 1910 et ils se sont généralisés à peu près partout dans le monde.

Faut-il donc boycotter ? Ou pourrait-on faire un effort, oublier le caractère marchand de ces festivités forcées et leur genèse française peu glorieuse ? Pourrait-on se sentir libre de faire un hommage à ses géniteurs ce jour-là, pour les remercier ou simplement pour reconnaître la difficulté du "métier" de parent ? Et pourquoi pas, faire un cadeau intelligent comme par exemple un don à une association de parents en difficultés…