De l'électricité verte chez soi

De l'électricité verte chez soi

Est-il possible d'alimenter ses appareils ménagers, ses lampes et son ordinateur, à la maison, avec de l'électricité issue d'énergies renouvelables ? Oui, à condition de ne pas tomber dans quelques pièges…

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Sommaire

- Garanties d'origine
- Offres "standard"
- Offres "premium"
- Des fournisseurs "vraiment verts"
- Carton rouge pour EDF
- Changer de fournisseur : simplissime

Nous sommes de plus en plus nombreux en France à opter pour une offre d’électricité verte. La demande a plus que doublé entre 2013 et 2017.* Mais est-on sûr d'avoir ainsi un impact réel sur le développement des énergies renouvelables (EnR) ?

Garanties d'origine
Lorsque nous allumons notre lampe de chevet, il n'y a aucun moyen de savoir si la lumière vient d'une source d'énergie ou d'une autre. Une fois qu'elle est injectée dans le réseau commun de transport et de distribution, il n'y a pas de traçabilité physique de l'électricité.
Pour justifier leur offre verte, les fournisseurs proposent donc de fournir un certificat appelé Garanties d’Origine (GO), censé prouver "qu'un kWh d'origine renouvelable a bien été injecté sur le réseau". Il s'agit d'une simple attestation de quantité d'électricité produite par des installations d’EnR, n'importe où en Europe. Mais le consommateur n’a pas la garantie que son fournisseur achète directement de l’électricité venant de ces installations. La seule obligation légale de celui-ci est d’acheter une quantité de GO égale à la consommation de son client,

Sur cette base, l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) distingue deux types d’offres vertes : les "standard" et les "premium".

Offres "standard"
Les offres "standard" sont les plus courantes.
Les fournisseurs achètent séparément l’électricité et les GO.
Les GO peuvent être achetées auprès d’installations EnR situées en France ou dans l’Union Européenne. Elles proviennent majoritairement d’installations hydrauliques européennes déjà amorties.
L’électricité, elle, est achetée généralement sur le marché et peut provenir de n’importe quelle source de production (EnR, nucléaire, fossile).

Offres "premium"
Il existe quelques fournisseurs qui proposent d'acheter conjointement l’électricité et les GO aux mêmes producteurs (en majorité de petites installations d’hydroélectricité françaises).
L'Ademe mentionne 4 fournisseurs qui sont dans cette démarche plus poussée : Enercoop, Ilek, Energie d’Ici et EkWateur (uniquement l'offre "petits producteurs indépendants").
L'intérêt de ces offres : une meilleure rémunération des producteurs via des contrats de long terme qui contribuent à la pérennisation des installations.

Des fournisseurs "vraiment verts"
Dans son classement 2020 portant sur 22 fournisseurs, Greenpeace classe en tête de liste 5 fournisseurs "vraiment verts" : Enercoop et Planète Oui sont 1er ex-aequo, suivis de Urban Solar, Ilek et Plüm Energie.
"Enercoop s’approvisionne à 100 % en énergie renouvelable et soutient les petits producteurs indépendants. Mieux, ce fournisseur développe sa propre production d’électricité renouvelable et a presque doublé sa capacité de production en deux ans. De plus, Enercoop étant une coopérative, plus de la moitié de ses bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise, notamment dans des projets citoyens. Et producteurs et consommateurs participent ensemble aux prises de décision."**

Greenpeace estime que Planète Oui a énormément progressé depuis 2017.
"Ce fournisseur s’approvisionne désormais à 100 % en énergies renouvelables. Il est également producteur d’électricité solaire photovoltaïque et investit dans le raccordement de nouvelles capacités en France. Sa capacité de production a doublé en deux ans et va continuer d’augmenter. Ce fournisseur fait partie de ceux qui soutiennent activement le développement des énergies renouvelables en France."**

Carton rouge pour EDF
Les acteurs historiques comme EDF, Engie ou Total sont en queue de peloton dans la catégorie des "vraiment mauvais".
Avec le système des GO, lorsque le consommateur paie 100 € d’électricité, seulement 2 € vont à la production d’énergie renouvelable, quelque part dans l’UE. Il est donc parfaitement possible de proposer des offres vertes en continuant d’investir majoritairement dans le nucléaire.
"EDF investit cinq fois plus dans le nucléaire que dans les énergies renouvelables. Carton rouge"**, dénonce Greenpeace.

Changer de fournisseur : simplissime
À tout moment, il est possible changer de fournisseur. C'est très simple, gratuit et sans engagement. Il n'y a aucune démarche de résiliation à effectuer. Le transfert se fait automatiquement lorsqu'on contracte un nouvel abonnement. Le nouveau fournisseur a uniquement besoin du relevé de compteur et des informations qui figurent sur la facture d’électricité. Ensuite il s’occupe de tout (dans la majorité des cas, tout se fait en ligne).

L'Ademe conseille de souscrire une offre "premium".
Il existe un comparateur d'offres simple d'utilisation, conçu par l'association de consommateur indépendante UFC-Que Choisir.
Mais il faut se souvenir que les énergies renouvelables ne sont pas une solution miracle : il n'existe pas de production d'électricité totalement "propre" (voir encadré). En matière de consommation d'énergie, l'action la plus importante et la plus efficace est… de l'économiser.

 

Sources :
*Les avis de l'Ademe : Les offres d'électricité verte
**Greenpeace : Le guide de l'électricité verte

 En savoir +

Quelles sources d'énergies vraiment vertes ?

Mix énergétique
En France, en 2019, l'énergie consommée (dont environ la moitié est importée) venait à 42 % du nucléaire, 46 % des centrales thermiques charbon, fioul et gaz. Les énergies renouvelables ne représentaient que 12 % (source : INSEE).
Dans cette dernière catégorie il y a principalement l'hydraulique puis l'éolien, le solaire photovoltaïque, la biomasse, la bio-méthanisation (décomposition naturelle des matières organiques, déchets végétaux et déjections animales, pour produire du biogaz)…

Hydraulique et biomasse
Dans le cas de la biomasse il s'agit d'une combustion de matières végétales ou animales qui génère du CO2.

L'hydraulique, lui, ne dégage pas de gaz à effet de serre (GES) et ne produit pas de déchets toxiques mais, sur des grands barrages, sa production n'est pas sans conséquences sur l'environnement : inondation de grandes surfaces, modification des équilibres entre érosion et alluvionnement, pollution des eaux, déplacement des populations…

Solaire et éolien
Les énergies solaire et éolienne ont également un impact carbone, notamment au moment de leur fabrication, et posent des problèmes de recyclage.
Leurs taux d'émission de GES*** (voir ci-dessous) sont sans comparaison par rapport à ceux des centrales à gaz (418 g équivalent CO2 / kWh) ou à charbon (1058 g équivalent CO2 / kWh). Les centrales nucléaires ont, elles, un taux très faible (6 g équivalent CO2 / kWh) mais il faut se souvenir qu'elles produisent l’équivalent de 7 piscines olympiques (23 000 m3) de déchets nucléaires par an, selon Greenpeace, dont seulement 1 % sont recyclés.

 

***Source : Ademe

14,1 g
équivalent CO2 / kWh
le taux d'émission de GES
de l'éolien terrestre***

15,6 g 
équivalent CO2 / kWh
le taux d'émission de GES
de l'éolien en mer***

56 g 
équivalent CO2 / kWh
le taux d'émission de GES
du solaire photovoltaïque***