Il y a des chiffres qui donnent le vertige. 50 % des médecins sondés dans une étude récente publiée dans la très sérieuse revue états-unienne Medscape disent que leurs patients n’ont pas confiance dans leurs prescriptions et leurs conseils, notamment concernant le mode de vie.
Et seulement 20 % des mêmes médecins font confiance aux recommandations des autorités sanitaires et des sociétés savantes. Je serais curieux de voir ce type d’étude réalisé en France mais les résultats ne devraient pas être très éloignés. Aujourd’hui les patients sont impatients ! Nous vivons une crise de confiance de grande ampleur vis-à-vis de la médecine conventionnelle.
Face à cela, l’étude va plus loin et émet quelques conseils basiques pour les soignants : ne pas dire aux patients qu’ils disent des bêtises, ne pas prendre un ton paternaliste. Élémentaire, pour le moins.
Il ne faut pas non plus se présenter comme un expert. Non pas que le patient remette en cause le statut d’expert du médecin mais il se demande simplement qui est la personne devant lui et si celle-ci est capable de l’entendre.
Le conseil suivant laisse rêveur : avant de faire une prescription, écouter attentivement le patient sans être dans un esprit de confrontation. Cela vient du fait, qu’en moyenne, un médecin interrompt son patient au bout de… 11 secondes !
Au-delà de ce qui est dit, l’attitude générale du médecin joue un rôle fondamental. C’est ce qu’on appelle la communication non verbale. Il ne faut pas avoir de gestes hostiles, montrer qu’on ne veut pas écouter ou qu’on ne respecte pas le patient. Le B.A-BA en somme !
Mesdames et messieurs les médecins, il faut que vous admettiez une fois pour toutes que vous n’êtes pas infaillible, que la science bouge en permanence et que vous devez prendre le temps d’étudier la problématique de vos clientes et de vos clients…
On n’entend pas beaucoup ce type d’analyse dans les grands médias dont les services Santé ont perdu leur sens critique et sont trop prompts à tout mettre sur le dos des méfaits d’internet, des réseaux sociaux et des complotismes de tous poils.
On y entend peu la grande confusion qui règne chez les citoyennes et les citoyens échaudés par les conflits d'intérêts entre les autorités sanitaires et l'industrie.
On ne remet pas en cause non plus la formation des médecins : il serait fondamental aujourd’hui que celle-ci inclue un volet sur le mode de vie (nutrition, activités physiques). Un toubib devrait pouvoir donner quelques avis de base sur un régime alimentaire et savoir quels sont les effets bénéfiques de tel ou tel sport, du Qi Gong ou du yoga !
La formation des médecins devrait aussi comporter une part approfondie sur les bonnes indications liées à l'ostéopathie, à l'homéopathie, à la naturopathie, à la médecine traditionnelle chinoise ou indienne...
Le mépris auquel on assiste fréquemment concernant les médecines alternatives et complémentaires (encore assimilées à du charlatanisme) contribue pour beaucoup à la crise de confiance vis-à-vis de la médecine conventionnelle. Cette attitude est contreproductive car les patients qui y ont recours, la plupart du temps après un long parcours d'errance médicale où ils ont touché du doigt la gabegie de notre système de santé, constatent qu'elles trouvent souvent des solutions satisfaisantes pour résoudre leur problématique.
