Trois idées reçues sur l’adaptation au changement climatique

Trois idées reçues sur l’adaptation au changement climatique

En parallèle de l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation au changement climatique devient plus urgente que jamais.

Selon l’expression du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), il s’agit “d'éviter l’ingérable, mais aussi de gérer l’inévitable”. Cependant, l’adaptation demeure parfois mal comprise. Il serait temps de remettre en question quelques idées reçues…

Idée reçue n°1 : “L’adaptation, c’est pour les pays pauvres”.
Faux. L’Europe est en réalité une des régions du monde où le climat change le plus vite. 
Une autre idée fausse a également pu circuler : l’adaptation ne serait qu’un aveu de défaite par avance, voire un risque de distraction par rapport à l’essentiel, la transition énergétique.
De nombreux pays vulnérables ont développé des expertises et des expériences qui peuvent éclairer les enjeux d’adaptation en France et en Europe. Exemples : le système de suivi, d’évaluation et d’apprentissage de l’adaptation du Sénégal ou les stratégies de réutilisation des eaux usées dans de nombreux pays du bassin méditerranéen.

Idée reçue n°2 : “Il faut de meilleures données pour de meilleures décisions”.
Faux. Ce qui freine aujourd’hui l’adaptation relève moins d’un déficit de données que d’un déficit de gouvernance. Il existe de nouvelles méthodologies permettant de construire collectivement des solutions. 
Objectif : réduire les risques de voir une partie de la population s’adapter en laissant de côté les plus vulnérables. Voire, dans les cas les plus manifestes de maladaptation, voir certains s’adapter au détriment d’autres groupes, en redistribuant les risques plutôt qu’en les diminuant. L’adaptation devrait ainsi constituer un nouveau contrat social.

Idée reçue n°3 : “L’adaptation est locale”.
Vrai et faux. L’adaptation est certes ancrée dans des spécificités biophysiques, socio-économiques et politiques de chaque territoire. Mais elle devrait aller bien au-delà des contextes locaux, en prenant plus en compte la complexité des connexions entre les territoires. 
Les risques ne connaissent pas de frontières : les dramatiques inondations qui ont affecté le Népal sont survenues à la suite de l’effondrement d’une masse considérable de roches et de glace au Tibet. Autre exemple : la sécurité alimentaire du Sénégal est en partie liée à la résilience des riziculteurs d’Asie du Sud et du Sud-Est.
Les stratégies nationales et les projets d’adaptation devraient désormais intégrer pleinement les risques climatiques transfrontaliers.

 

Source : The Conversation, Christophe Buffet - 05/10/26

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