Le rangement : une thérapie

Le rangement : une thérapie

Trier permet de prendre conscience de ce que l’on garde par véritable besoin ou simplement par habitude, par peur, par culpabilité, par injonction… Le rangement devient alors un révélateur de soi et permet de se remettre en ligne avec ses envies et ses valeurs.

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Sommaire

- À chacun son organisation
- Une question de santé
- Comprendre son désordre 
- Peurs et croyances
- Un intérieur allégé
- Une méthode simple
- Commencer par l’entrée
- Cuisine : hygiène et repas sains
- Quelques règles d’or
- Libérer l’espace mental

Ranger est, certes, une question de méthode, d’astuce et d’organisation mais cela va bien au-delà, avec des répercussions sur notre santé physique et psychique.
“Être organisé, c'est littéralement être doté d'organes dont le fonctionnement harmonieux rend la vie possible”, définit Julie Strasser, coach en organisation d’intérieur. “C'est une manière de vivre notre quotidien au lieu de le subir ; de créer une circulation fluide entre nos espaces, nos actions et nos priorités. De la même façon que nos organes vitaux assurent notre équilibre biologique, notre organisation assure notre équilibre psychique et relationnel.”*

À chacun son organisation
Il est important de préciser que l’organisation n’est pas un système universel. Elle doit coller, se fondre, s’adapter aux besoins de chacun. Le seul objectif qui importe, c’est de savoir ce que l’on a chez soi, où ça se trouve et à quoi ça sert. 

Une question de santé
“Que vos objets soient à votre service, et non l’inverse !”, ajoute Julie Strasser. “Qu'ils soutiennent vos projets, vos envies, vos besoins.”*
Avons-nous suffisamment de temps pour nettoyer tous les objets que nous avons achetés, pour les déplacer, les réparer, les stocker ? Nous croyons posséder nos objets mais ce sont eux qui nous possèdent. Et qui peuvent nous rendre malade. Le désordre est, en effet, une pollution visuelle qui provoque fatigue, agacement, baisse de concentration et, parfois, l'envie de repartir de chez soi à peine arrivé….
“Trier, ranger, organiser, c'est une question de santé”*, affirme Julie Strasser.

Comprendre son désordre
Il y a un cercle vicieux dans le désordre. Un placard mal rangé entraîne du temps perdu à chercher, donc du stress qui provoque, pour compenser, des achats compulsifs qui ammènent eux-mêmes plus d'encombrement et plus de désordre ! La première démarche consiste donc à essayer de comprendre son désordre. 
On peut commencer par s’interroger sur ses achats et/ou sur ce qu’on emporte avec soi parce que c’est gratuit (voir encadré). S’agit-il d'un mode de consommation automatique ? De la société qui nous invente des besoins ? De la peur de manquer ? D'une accumulation silencieuse au fil des ans ? 
On peut aussi se demander quel est notre rapport aux cadeaux qu’on reçoit et qu’on stocke. S’agit-il de dons qu'on accepte par culpabilité ? D'une difficulté à dire non ? D'une envie de bien faire ?
(Voir : Mieux vivre en consommant moins)

Peurs et croyances
Quelles sont les peurs et les croyances qui nous limitent quelles sont les valeurs qui sont importantes pour nous ?
Oui, on peut garder un objet qui compte vraiment car il rappelle un souvenir important.
Non, on n’est pas obligé de garder un cadeau inutile qui ne nous plaît pas.
“Un cadeau a rempli sa mission au moment où il vous a été offert : il a transmis l'intention de la personne. Libre à vous, ensuite, de le donner, de le vendre ou de le recycler, s’il ne vous correspond pas. La culpabilité n'a pas sa place ici.”* 
Par ailleurs, il faut toujours questionner la phrase automatique “ça peut toujours servir”.

Un intérieur allégé
Il n’est pas nécessaire de remplir les espaces vides : ils sont pratiques pour bouger les objets et les saisir facilement ou simplement esthétiques pour laisser la décoration “respirer”.
“Arrêtons de chercher à tout prix à combler, par peur de manquer !”*
Le graal, pour Julie Strasser, c’est un intérieur allégé.  Moins de choses = moins de choix = moins de temps perdu.
“Apprendre à comprendre notre désordre, c'est déjà se réapproprier le pouvoir de choisir : choisir ce qui a du sens, ce qui soutient notre mode de vie, ce qui reflète nos valeurs.”*

Une méthode simple
Arrivé à ce stade, on peut commencer à ranger en choisissant au départ, modestement, un seul placard. 
La méthode ensuite est simple : on vide ce placard, on catégorise les objets par typologies, on choisit  ce qu’on garde et ce qu’on évacue, on organise le rangement en décidant ce qu’on regroupe et enfin on réintègre dans le placard les objets conservés.

Commencer par l’entrée
Il est conseillé de commencer par ranger l’entrée de son habitation (quand on en a une). L’entrée est une pièce souvent sous-estimée qui est pourtant la première qu’on voit en entrant chez soi et qui est un carrefour pour toute la famille. Elle gagne à être parfaitement fonctionnelle, avec un rangement pour chacun. Il ne faut pas hésiter à utiliser la hauteur, l'intérieur des portes, le côté des meubles avec l'ajout de crochets, de paniers… Le sol n’est pas un espace de rangement, on évite l’accumulation de vide-poches. On garde uniquement ce qui est de saison (le reste se range dans la chambre ou le dressing).

Cuisine : hygiène et repas sains
Le rangement de la cuisine a un effet direct sur l’hygiène et la propreté ainsi que sur la préparation d’une alimentation équilibrée.  
“Ce que je sais et que je constate, c'est qu'une cuisine encombrée décourage la préparation de repas sains : plans de travail saturés, placards plein d'aliments périmés, ustensiles introuvables. On se rabat alors sur des solutions rapides, peu équilibrées. On grignote. On ne prend plus le temps.”*
On va donc libérer au maximum le plan de travail et faire le tri des robots inutilisés, des gadgets absurdes, des ustensiles en multiples exemplaires…

Quelques règles d’or
Le salon est un espace commun qui doit refléter l’équilibre de tous et où chaque objet doit avoir sa vraie place.
La salle de bain doit être dégagée, notamment le bord du lavabo et le rebord de la douche. Les produits périmés n’y ont pas leur place.
Dans la chambre des parents, il faut privilégier la visibilité dans le dressing et faire un tri deux fois par an, au minimum.
Dans la chambre des enfants, le désordre est un miroir du nôtre. Et si on leur apprenait à choisir et à valoriser ?
Enfin, on gagne à se créer des routines quotidiennes de rangement aux différents moments de la journée.

Libérer l’espace mental
Quelques fondamentaux : trier n'est pas se séparer des choses mais choisir ce qui reste, définir ses essentiels ; libérer l’espace physique, c’est libérer l’espace mental.
“Le rangement ne doit pas être un décor. Il doit être une transformation. Un processus qui vous change, vous, de l’intérieur”, conclut Julie Strasser. “Le rangement n'est pas une mode, c'est un mode de vie.”*


*Et si ranger était une thérapie ?, Julie Strasser, éditions Le Courrier du Livre

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La méthode BISOU

Avant d’acheter un objet ou de l’accepter quand on nous le donne, il faut se poser ces quelques questions simples qu’on peut retenir grâce à l’acronyme BISOU :
B - Besoin : en ai-je vraiment besoin ?
I - Immédiat : en ai-je besoin maintenant ?
S - Semblable : ai-je déjà un objet similaire ? Par quoi pourrais-je le remplacer ?
O - Origine : d'où vient cette objet ? Est-ce que je soutiens ce mode de production et/ou ce type de consommation ?
U - Utile : vais-je vraiment l'utiliser ?

C’est simple. Si l’objet ne coche pas toutes ces cases, selon Julie Strasser, coach en organisation d’intérieur, il n’entre pas dans la maison.* 

Vie Saine et Zen