Éoliennes : les raisons du retard de la France en matière de production et d’installation

Éoliennes : les raisons du retard de la France en matière de production et d’installation

La France accuse un retard important en matière d’énergies renouvelables en général et d’éolien en particulier.

La programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit une puissance installée de 24,3 GW à la fin de 2023 et nous ne sommes actuellement qu'à 20 GW.
En 2021, les Britanniques et les Allemands produisaient déjà en éolien respectivement 21 % et 23 % de leur électricité, contre 7,8 % pour les Français.
Pourtant l'Hexagone dispose du deuxième gisement éolien eu Europe avec un potentiel de 220 GW si l'on cumule l'éolien terrestre et maritime.

Première raison à cette situation : un retard au démarrage, sans doute dû à la part prépondérante du nucléaire dans le mix énergétique français, suivi de plusieurs décennies d'inconstance politique en matière d'énergie renouvelable.
Il en a résulté une insuffisance de planification et de coordination dans les projets ainsi que des lourdeurs administratives avec une "réglementation changeante".

Enfin l'acceptabilité locale n'a pas été prise en compte sérieusement ce qui aboutit à de nombreux contentieux. 7 projets d’éolien terrestre sur 10 font l’objet d’un recours en justice pour seulement 1 ou 2 effectivement annulés. Il y a trois degrés de justice administrative : tribunaux administratifs, cours administratives d’appel, Conseil d’État. Il faut donc compter 5 à 7 ans pour réaliser un projet éolien terrestre en France (contre 3 à 4 en Allemagne) et 11 ans pour le seul projet en mer réalisé (contre 5 à 6 ans outre-Rhin).

 

Source : Le Monde, Pierre Breteau – 22/09/22