Le syndrome prémenstruel n’est pas une fatalité !

Le syndrome prémenstruel n’est pas une fatalité !

Chaque mois, le syndrome prémenstruel mène la vie dure à environ 20 % des femmes. Aussi pénibles que bénins, ces désagréments associés à la période précédant les règles vont de la petite irritabilité pour certaines, à des crampes abdominales insupportables pour d'autres. Heureusement il y a des solutions pour être plus sereine à l’approche de notre fin de cycle…

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Sommaire

- Des sensations physiques et psychologiques désagréables
- Ne pas confondre avec les douleurs des règles
- Causes hormonales, carences, hyperperméabilité intestinale, stress
- La réponse médicale classique : anti-inflammatoires, progestérone et pilule
- Une meilleure hygiène de vie et des aides naturelles


- Des actions préventives
- Pendant la crise : de la chaleur et des plantes qui soulagent

Le syndrome prémenstruel (SPM) apparaît chez la femme à la même période du cycle menstruel, entre le 14e et le 2e jour précédant ses règles. Les troubles physiques et psychologiques sont d'intensité variable et s'interrompent au déclenchement des menstruations (écoulement sanguin périodique).

Des sensations physiques et psychologiques désagréables
Les femmes ne sont pas égales devant le SPM : certaines y sont à peine sensibles, d'autres présentent une forme sévère. Pesanteur pelvienne, ballonnement abdominal, diarrhées ou constipations, mais aussi gonflement des seins, prise de poids, poussée d'herpès, maux de tête, vertiges, fatigue sont autant de symptômes possibles du SPM.
Côté psycho, les femmes qui y sont sujettes évoquent une anxiété, une irritabilité, parfois même un état dépressif caractérisé par des crises de larmes.
"L’hypersensibilité associée au syndrome prémenstruel est exacerbée chez les femmes qui ont une vie psychologique affective compliquée", explique Isabelle Michelon-Lorain, gynécologue.

Ne pas confondre avec les douleurs des règles
Il ne faut pas confondre le SPM avec les douleurs qui ont lieu pendant les règles. Bien qu'il existe un lien, celles-ci sont dues aux contractions de l’utérus qui élimine l’endomètre (substance qui recouvre l’intérieur de l’utérus) sous forme de menstruations.

Causes hormonales, carences, hyperperméabilité intestinale, stress
La cause de ces troubles n'est pas à l'heure actuelle complètement élucidée mais plusieurs pistes d'explication coexistent : insuffisance de production de progestérone, déficit en sérotonine ("hormone du bonheur"), défaut en certains micronutriments (oméga 6, calcium, magnésium, vitamines B et E), hyperperméabilité intestinale, état de stress latent…

La réponse médicale classique : anti-inflammatoires, progestérone et pilule
En fonction des troubles décrits par la patiente, le médecin recommande différents traitements isolés ou cumulatifs : 

- administration de progestérone naturelle ou de synthèse du 15e au 25e jour du cycle,

- contraceptifs oraux, notamment les pilules prises en continu,

- anti-inflammatoires non stéroïdiens (exemple : Ibuprofène) qui doivent être pris durant la semaine précédant les menstruations,

- diurétiques contre la rétention d'eau, 

- psychothérapie si nécessaire, car le SPM exacerbe parfois un malaise psychologique qui peut être jugulé.

"Expliquer, ça fait 75 % du traitement ! Être à l'écoute de ces femmes puis leur apporter des éléments de compréhension de la physiologie féminine les aide beaucoup", précise Isabelle Michelon-Lorain.

Une meilleure hygiène de vie et des aides naturelles


Que l'on ait expérimenté des traitements allopathiques sans résultats (la prise de pilule ne règle pas le problème de toutes les femmes) ou que, par principe, on cherche des solutions plus naturelles, on peut recourir à quelques bons réflexes pour améliorer son confort de vie.



Des actions préventives
- En phyto, il existe des plantes dites "progestatives", c'est à dire dont certains actifs ont une action comparable à celle de la progestérone.
Demander à son pharmacien-herboriste de mélanger 1/3 de gattilier, 1/3 d'alchémille, 1/3 de mélisse. Laisser infuser une cuillère à soupe du mélange 10 minutes et boire trois bols par jour, en dehors des repas à partir du milieu de son cycle.


- En homéopathie, pour réguler l'hyperoestrogénie, on prend une dose par jour de chaque dilution de folliculinum, dans l'ordre croissant : 5 CH, 7 CH, 9 CH, 15 CH et 30 CH, dès le premier jour des règles, pendant 5 jours.
"J'observe en cabinet que les femmes qui prennent des granules homéopathiques se sentent mieux", remarque Isabelle Michelon-Lorain.

- On peut aussi adopter une alimentation adaptée (voir encadré).

- Et travailler sur son stress quotidien : apprendre à le gérer est essentiel.
Qu’il s’agisse d’exercices de respiration, de relaxation, de méditation, de sport, d'une psychothérapie, de bains chauds calmants, de massages apaisants… Il faut trouver nos techniques bien-être pour décompresser et par là même bénéficier d’une période précédant les règles plus détendue donc moins douloureuse. Plus on est crispé plus on a mal !



Pendant la crise : de la chaleur et des plantes qui soulagent

Chaque femme découvre à la longue les meilleurs moyens de surmonter son malaise, ce qui lui convient le mieux sur le moment.


- Du repos et de la chaleur pour détendre : rester allongée avec une bouillotte chaude sur le bas-ventre atténue les douleurs. Attention toutefois de prendre ses précautions : la chaleur fluidifie le sang !


- Des huiles essentielles par voie orale et en massages : verser 1 goutte de sauge sclarée (Salvia sclarea L.) sur un comprimé neutre et laisser fondre en bouche 3 fois par jour.


"Maintenant, dès le début des douleurs, je me masse le ventre dans le sens des aiguilles d'une montre avec des huiles essentielles", raconte Sophie, "ça me fait vraiment du bien !".
Verser quelques gouttes d’huile essentielle d’estragon (Artemisia Dracunculus) antispasmodique et anti-nausée dans un peu d’huile végétale (amande douce, sésame…). Masser le bas-ventre et le bas du dos 4 fois par jour jusqu’à amélioration. Attention aux sensibilités olfactives de l'entourage : l'odeur est forte et pas toujours appréciée !


Si les symptômes persistent, Danièle Festy recommande d'appliquer sur le bas-ventre à la hauteur des ovaires, 2 ou 3 fois par jour, quelques gouttes d'huile essentielle de basilic (Ocinum Basilicum) antidouleur et antiseptique ou d'huile essentielle de menthe poivrée (Mentha piperita) qui a aussi un effet anesthésiant.

Chaque femme peut s’interroger sur l’origine de ses désagréments quotidiens car il s’agit peut-être d’une hypersensibilité au syndrome prémenstruel. Si c’est bien le cas, ce n’est ni "normal", ni un drame ! Des solutions naturelles existent, à chacune de trouver celles qui lui conviendront le mieux.

 

Sources : 

Le Larousse Médical
Le Dictionnaire des maladies à l'usage des professions de santé, Christophe Prudhomme et Jean-François d’Ivernois, éditions Maloine
100 réflexes huiles essentielles au féminin, Danièle Festy, éditions Leduc
L'IEDM (Institut Européen de Diététique et Micronutrition)
Passeport Santé : Le syndrome prémenstruel

 En savoir +

Une alimentation adaptée

- Renforcer les apports :

en magnésium (noix, noisettes, amandes, figues séchées, abricots secs, complément alimentaire de magnésium marin…) 
;
en vitamines B "du bien-être", principalement la B6 (céréales complètes bio, germes de blé à saupoudrer dans les salades...)
;
en tryptophane (précurseur de la sérotonine) avec des bananes, riz complet, œuf, légumineuses…


- Combler le déficit en prostaglandines PGE1 (les "bonnes" prostaglandines) par un apport en acides gras polyinsaturés de qualité.
L’huile d’onagre en est riche : avaler six capsules d'huile végétale d'onagre pendant 3 mois (sauf 5 jours par mois pendant les règles). D'après Danièle Festy, dans son livre 100 réflexes huiles essentielles au féminin, seules ces grosses doses sont efficaces.


- Supprimer ou limiter les viandes rouges, les produits à base de gluten/blé (pain, pâtes…) et les produits laitiers (surtout de vache).
On apporte alors sa ration de calcium via des légumineuses, des laits végétaux enrichis en calcium, des sardines, des légumes verts...

- Aider les parois de l'intestin grêle à se régénérer en faisant une cure de "L-glutamine" et de probiotiques pour rééquilibrer sa flore intestinale.