Aliments ultratransformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?

Aliments ultratransformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?

Les preuves de liens entre la consommation d’aliments ultratransformés et divers troubles de santé continuent de s’accumuler.

En France, on estime qu’en moyenne de 30 à 40 % des calories consommées quotidiennement par les adultes proviennent d’aliments ultratransformés (60 % au Royaume Uni et aux USA).
La revue médicale The Lancet vient de consacrer un long dossier à leurs effets sur la santé. Point sur les connaissances actuelles…

Définition : ce sont des aliments (ou des formulations issues d’aliments) fabriqués de façon industrielle, selon une grande diversité de procédés (chauffage à haute température, hydrogénation, prétraitement par friture, hydrolyse, extrusion…). Ces procédés modifient radicalement la matrice alimentaire de départ.
On trouve par ailleurs dans leur composition des "marqueurs d’ultra-transformation", parmi lesquels les additifs alimentaires destinés à en améliorer l’apparence, le goût ou la texture afin de les rendre plus appétissants et plus attrayants (colorants, émulsifiants, édulcorants, exhausteurs de goût…) mais aussi des arômes, des sirops de glucose ou de fructose, des isolats de protéines…
À la suite des processus de transformation, ils peuvent également contenir des composés dits "néoformés" qui n’étaient pas présents au départ et dont certains peuvent avoir des effets sur la santé.

De plus, les aliments ultratransformés sont généralement vendus dans des emballages sophistiqués, dans lesquels ils se trouvent depuis des jours voire des semaines ou des mois. Ils sont aussi parfois réchauffés au four à micro-ondes directement dans leurs barquettes en plastique. De ce fait, ils sont plus susceptibles de contenir des substances provenant desdits emballages.

Parmi les aliments ultratransformés on trouve notamment : les sodas (sucrés ou édulcorés), les légumes assaisonnés de sauces contenant des additifs alimentaires, les steaks végétaux reconstitués, les pâtisseries, les confiseries et barres chocolatées avec ajout d’additifs, les nouilles déshydratées instantanées, les yaourts édulcorés, les saucisses et jambons qui contiennent des nitrites, les soupes déshydratées avec ajout d’émulsifiants ou d’arômes…

Une revue systématique de la littérature scientifique montre que, pour 92 études sur 104 publiées sur le sujet, on observe une association significative entre exposition aux aliments ultratransformés et problèmes de santé.
Il existe des preuves solides montrant une augmentation du risque de mortalité prématurée toutes causes confondues, de maladies cardiovasculaires, d'obésité, de diabète de type 2 et de dépression ou symptômes dépressifs.
Il y aurait également une association positive entre la consommation d’aliments ultratransformés et le risque de développer une maladie inflammatoire chronique de l’intestin.
Pour les cancers, notamment le cancer colorectal, les signaux indiquant une corrélation potentielle sont plus faibles. 

Des études expérimentales ont montré que la consommation d’aliments ultratransformés entraîne une prise de poids plus importante que les autres aliments, à calories égales, Elle perturbe le microbiote intestinal et certaines hormones, elle est liée à une baisse de la qualité du sperme.

Aujourd’hui, les connaissances accumulées grâce aux nombreuses recherches menées ces cinq dernières années dans le monde apportent suffisamment de preuves pour confirmer que la consommation d’aliments ultratransformés pose un réel problème de santé publique.

Alors que faire ? 

Au niveau du consommateur, le cinquième programme national nutrition santé, en cours d’élaboration, devrait pousser encore davantage la recommandation de limiter la consommation d’aliments ultratransformés. Mais la première urgence reste de rendre obligatoire le Nutri-Score sur l’ensemble des produits.
Au niveau des industriels, se pose la question de l’interdiction de certains additifs (ou d’une réduction des seuils autorisés), notamment pour les additifs "cosmétiques" sans bénéfice santé.
Des leviers économiques peuvent aussi être envisagés : régulation du marketing, limitation de la publicité (en particulier en direction des enfants et des adolescents), taxe sur les aliments au Nutri-Score D ou E, incitations économiques portant sur les produits pas ou peu transformés et si possible bio.
Les espaces d’éducation et de soin devraient être protégés en y interdisant la vente ou la distribution d’aliments ultratransformés.

Les pouvoirs publics devraient également travailler à améliorer la transparence en matière de composition afin de permettre l’évaluation des impacts sur la santé par la recherche académique (et vérifier soigneusement que les experts qui travaillent sur ces sujets n’ont pas de liens d’intérêts avec l’industrie).

 

Source : The Conversation, Mathilde Touvier, Bernard Srour - 10/12/25

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