Il existe une grande variété de troubles de comportement chez l’enfant et certains peuvent avoir un impact important sur sa vie et celle de sa famille. Quelques conseils pour tenter d’identifier les signes d’alerte et le moment adéquat pour consulter un professionnel…

Sommaire
- Des signes visibles
- Troubles réactionnels : une réponse inadaptée à des évènements
- Accompagner l’enfant
- Trouble d’opposition avec provocation
- Trouble des conduites
- Trouble de l’usage des écrans
- Les parents : au coeur du soin
Irritabilité, opposition, crises de colère… Les troubles du comportement de l’enfant sont de natures diverses et souvent une grande source d’inquiétude pour les parents : troubles réactionnels, trouble d’opposition avec provocation (TOP), trouble des conduites (TC), trouble de l’usage des écrans…
"Les symptômes peuvent avoir un impact significatif sur la vie de l’enfant (relations, réussite scolaire…) et de la famille"*, explique Olivier Bonnot, pédopsychiatre.
Selon lui, les parents jouent un rôle central mais un enfant sur cinq aura besoin, à un moment ou un autre, d'un psychologue, d’un orthophoniste, d’un ergothérapeute ou d’un pédopsychiatre (voir : Pédopsychiatre : le docteur des soucis).
Des signes visibles
Dans le cas des troubles du comportement, les signes cliniques sont visibles : l'enfant s'oppose à ses parents ou aux adultes en général, il fait des colères quand on lui refuse quelque chose, il frappe ses camarades, il jette ou vole des jouets…
"La sévérité de ces signes (ou le degré d'embêtement qu'il procure aux parents ou à l'entourage) n'est souvent pas proportionnelle à leur gravité sur le plan psychiatrique. En clair, c'est souvent pénible, mais pas forcément grave."*
Troubles réactionnels : une réponse inadaptée à des évènements
Les troubles réactionnels ont pour caractéristique commune d’être un réponse émotionnelle et comportementale, inadaptée, à des évènements stressants ou traumatisants. Trouble de l’’adaptation, de stress post-traumatique, de l’attachement, trouble dépressif ou anxieux (voir encadré)…
Ils sont directement liés à un évènement, à une situation ou un vécu spécifique, plus ou moins grave : déménagement et entrée dans une nouvelle école, arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, décès d'un proche, conflits familiaux mais aussi harcèlement scolaire, abus, violence…
Accompagner l’enfant
Face a un trouble réactionnel, les parents peuvent agir de manière efficace en abordant directement les événements négatifs ou mal vécu par l'enfant avec patience et empathie.
Lorsque le trouble est installé, l'aide d'un psychologue est nécessaire. Si les symptômes sont invalidants, sur le plan scolaire ou familial, il peut être utile de consulter un psychiatre.
Trouble d’opposition avec provocation
L'opposition est une étape normale du développement de l’enfant, lui permettant d'exprimer un point de vue différent de celui des parents. C'est même un marqueur très positif du développement de la conscience de soi. Lorsqu'elle reste excessive après l’âge de 3-4 ans et que les disputes avec les adultes sont répétées, notamment si l’enfant est opposant et provocant, on peut envisager la piste d’un trouble d'opposition avec provocation (TOP).
Il se manifeste par des comportements fréquents de défiance, d'irritabilité et d'opposition aux figures d'autorité (parents, enseignants ou autres adultes), à observer sur une durée d’au moins 6 mois.
“Ce trouble touche environ 3 à 5 % des enfants et se manifeste généralement avant l'âge de 8 ans”*, affirme Olivier Bonnot.
Cela peut être épuisant pour les parents. Le diagnostic n’est pas facile car c’est un trouble qui peut facilement se confondre avec d’autres. C’est la raison pour laquelle, il vaut mieux consulter assez rapidement : d’abord un psychologue qui peut aider à mettre en place des adaptations éducatives, puis un psychiatre.
Trouble des conduites
Actes d'agression, de provocation, de mensonges, de vol ou de destruction accompagnés d’un manque de remords… Environ 2 à 5 % des enfants souffrent de trouble des conduites (TC) : des comportements répétitifs et persistants qui témoignent d'un mépris des normes sociales et des droits d’autrui.
C’est un trouble sévère aux conséquences graves qui nécessite une intervention précoce. S’il n'est pas traité, il peut persister et se transformer en troubles plus graves à l'adolescence voire évoluer vers un trouble de la personnalité antisociale à l'âge adulte.
Olivier Bonnot conseille de consulter un psychiatre ou un psychologue spécialisé le plus tôt possible et ne pas hésiter à rejoindre des groupes de soutien.
Trouble de l’usage des écrans
C’est un motif de consultation récurrent et de plus en plus fréquent car il correspond à un réel phénomène de consommation massif.
“Les parents ont tout à fait raison de s'en préoccuper mais peut-être pas nécessairement de son inquiéter.”*
Maladies musculosquelettiques, obésité, sommeil perturbé, états anxio-dépressifs dus au cyberharcèlement, exposition à des contenus inappropriés (pornographie ou violence)… Les parents doivent donner le plus tôt possible aux enfants les bonnes habitudes d’utilisation des écrans (voir : Pour un usage responsable des écrans et “Génération écran” : gérer la connexion de nos enfants)
Les parents : au coeur du soin
Ils doivent toujours rester au coeur du soin car ce sont eux les meilleurs spécialistes de leur enfant dont ils ont une connaissance intime.
Les parents sont aux premières loges pour détecter les signes d’alerte dans l’apparition de certains comportements : colères, irritabilité, agitation, isolement, difficultés à dormir… Est-ce qu'il n'écoute pas ? Est-ce qu'il teste les limites ? Est-il opposant, provocant, “méchant” ? Cherche-t-il toujours de l'attention ? Manque-t-il de motivation ? Est-il trop sensible, perturbateur, maladroit ? Se dispute-t-il souvent avec ses amis ?
Il ne faut pas hésiter à questionner l’enfant sur ses ressentis et partager ses observations avec lui pour qu’il prenne conscience de son fonctionnement. Il sentira alors que l’on se soucie de lui et, si besoin, cela pourra découler logiquement sur une prise en charge médicale.
*Le manuel du pédopsy à l’usage des parents désorientés, Pr Olivier Bonnot avec Laurence Ollivier, éditions Marabout
En savoir +
Différentes formes de troubles réactionnels
Trouble de l’adaptation
Par exemple, des troubles de l’adaptation peuvent survenir lorsque l'enfant éprouve des difficultés à faire face a un changement ou à une situation stressante (déménagement, divorce, nouvelle école…).
Anxiété, tristesse, irritabilité ou comportements perturbateurs : il faut être attentif aux symptômes qui se développent généralement dans les trois mois suivant l'évènement déclencheur.
Stress post-traumatique
Un trouble de stress post-traumatique (TSPT) peut apparaître lorsque l'enfant a été exposé à un évènement traumatique (accident, agression, catastrophes naturelles…).
Flash-back, cauchemars, hypervigilance, réactions émotionnelles intenses, évitement de certains lieux, de certaines personnes ou situations rappelant le traumatisme… Le TSPT nécessite souvent un accompagnement thérapeutique spécialisé (voir : Traiter le stress post-traumatique avec l’EMDR et Stress post-traumatique : solutions naturelles)
Trouble réactionnel de l’attachement
Chez les jeunes enfants qui n'ont pas pu établir un lien sécurisant avec un adulte de confiance, peut se développer un trouble réactionnel de l'attachement. En cause de la part de l’adulte : négligence, abus ou fréquents changements de figures d’attachement.
“Les enfants atteints de ce trouble peuvent avoir des difficultés à établir des relations proches et être émotionnellement retirés, méfiants ou, à l'inverse, excessivement collants avec les adultes”*, précise Olivier Bonnot, pédopsychiatre.
Trouble réactionnel dépressif ou anxieux
Après un évènement stressant ou une situation perçue comme menaçante, l’enfant peut développer un trouble réactionnel dépressif (tristesse persistante, perte d'intérêt pour les activités qu'il appréciait auparavant, changement d'appétit, troubles du sommeil…) ou un trouble réactionnel anxieux (inquiétudes excessives, crises de panique, phobies, refus d'aller à l’école…).
(Voir : Contre la dépression : la méditation et Phobie scolaire : comment s’en sortir)
