473 000 m3 de déchets plastiques et autres polluants dans quatre décharges sauvages dans les Vosges…
Après trois ans d’enquête, la société Nestlé Waters Supply Est comparaissait cette semaine devant le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir laissé à l’abandon les sites de Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers, rachetés à la Société des eaux minérales de Vittel en 1992.
Parmi les charges retenues contre le minéralier : “le jet, déversement ou écoulement [...] de substance nuisible dans les eaux souterraines, superficielles, ou de la mer, ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore ou la faune”. En l’espèce, il s’agit d’écoulements de microplastiques dans les eaux souterraines.
Pour l’un des experts, contesté par les représentants du minéralier : “ces microplastiques constituent une menace qui doit être prise très au sérieux, à la fois pour les propriétés physico-chimiques des sols contaminés, mais aussi pour les êtres vivants”.
Maître François Zind, représentant de Vosges Nature Environnement, Lorraine Nature Environnement, la commune de Saint-Ouen-lès-Parey et Oiseaux Nature, a conclu les plaidoiries des parties civiles en déclarant : “la ressource en eau est le patrimoine commun de la nation”. Il a ensuite comparé le volume des déchets laissés à l’abandon à “120 piscines olympiques de déchets”, soit “120 piscines olympiques de merde” et plaidé pour faire condamner Nestlé pour pollution selon l’article 216-6 du Code de l’environnement.
Le parquet n’a pas retenu le délit de pollution, ce qui aurait eu le mérite de faire jurisprudence et d’encourager d’autres acteurs se trouvant dans la même situation à régulariser.
Il a requis à l’encontre du minéralier 750 000 euros d’amende (la peine maximale) pour l’exploitation illégale des décharges et une obligation de remise en état des sites.
À l’issue du procès, le délibéré a été renvoyé au 27 mai.
Source : Reporterre, Anne Mellier - 27/03/26
