Alcool et autres substances : pourquoi leur dangerosité est-elle sous-estimée par les usagers ?

Alcool et autres substances : pourquoi leur dangerosité est-elle sous-estimée par les usagers ?

La distinction populaire entre drogues dures et douces ne repose sur aucune donnée scientifique.

Elle ne reflète en rien la dangerosité réelle des différentes substances. Les premières seraient la cocaïne, l’héroïne et certains hallucinogènes. Les secondes seraient les substances légales comme la caféine, le tabac, l’alcool. D'autres substances, comme le cannabis ou l’ecstasy seraient dans un camp ou dans l'autre, selon les personnes. En réalité c'est l'usage et le contexte qui reflète la dangerosité d'une drogue. Il y aurait plutôt un usage dur et un usage doux.

La représentation sociale des drogues est déterminée par les contextes culturels et historiques : les drogues dites "douces" bénéficient d'un vocabulaire qui minimise leur dangerosité ; la législation (qui varie pourtant d'un pays à l'autre) peut laisser croire qu'un substance interdite serait plus dangereuse qu'une drogue autorisée. Or d'après les experts de la toxicomanie, il n'en est rien. L’alcool se range dans la catégorie des drogues les plus dangereuses avec l’héroïne et la cocaïne. Le tabac se situe à des niveaux intermédiaires et le cannabis fait partie des drogues les moins dangereuses. L'alcool serait responsable chaque année dans le monde, selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), de plus de 3 millions de décès.

Pour faire évoluer la perception de la dangerosité des drogues, on peut envisager des modifications de la législation qui doivent être accompagnées d’une politique d’information et de prévention cohérente : campagnes de prévention dans les écoles, campagnes de sensibilisation auprès des automobilistes, messages de sensibilisation sur les bouteilles d’alcool…

 

Source : The Conversation, Jessica Simon et Etienne Quertemont - 09/05/21