Ehpad et maltraitance : comment sortir de la crise ?

Ehpad et maltraitance : comment sortir de la crise ?

La politique de réduction des coûts au sein d'Orpéa entraînerait des situations de maltraitance des résidents et du personnel.

C'est la conclusion de l'enquête du journaliste Victor Castanet dans son livre Les Fossoyeurs où il dénonce un "système" mis en place, selon lui, par ce grand groupe privé spécialisé dans la gestion d’Ehpad (Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).
Pourtant les mesures qui permettraient d’améliorer la situation sont connues, certains constats ont déjà été faits et des propositions formulées.

- Été 2017 : deux grèves nationales pour dénoncer la dégradation des conditions de travail en Ehpad (pour une aide-soignante : 7 minutes de toilette par personne âgée dépendante). En cause : un vaste mouvement de "modernisation" des soins aligné sur les standards d’un nouveau management public qui se développe et déshumanise également les hôpitaux. La culture du chiffre y fait les mêmes dégâts, liée à celle de l’évaluation, des protocoles et de la standardisation des soins.

- Septembre 2017 : constat alarmant d'un rapport parlementaire concluant à un sous-effectif généralisé dans les Ehpad où 83 % des personnes sont très dépendantes dont un tiers atteintes d'Alzheimer, avec 3 personnes soignantes pour 10 malades, quand il en faudrait au minimum le double.

- Mars 2019 : rapport "Grand âge et autonomie" avec 175 propositions notamment pour une hausse de effectifs, une transformation des modes de management, la prévention des risques professionnels, une politique de formation ambitieuse, un soutien financier (550 millions €) pour les services d’aide et d’accompagnement à domicile.

- Septembre 2021 : la loi "Grand âge" annoncée est reportée sine die.

Seules 5 à 15 % des personnes accueillies en Ehpad le sont de leur plein gré. On ne déploie pas assez de structures intermédiaires ni de solution pour un maintien au domicile. Dans les institutions gériatriques, 40 % des résidents présentent un syndrome dépressif et 11 % des idées suicidaires.
"Si notre société devait être jugée à l’aune du soin qu’elle porte à ses aînés, la sentence serait certainement peu enviable… Il faut de toute urgence réveiller les consciences en proposant de nouvelles formes de solidarités !"

 

Source : The Conversation, Véronique Lefebvre des Noettes – 01/02/22