Régime "paléo" : lubie du mangeur moderne désorienté ou vraie bonne idée ?

Régime "paléo" : lubie du mangeur moderne désorienté ou vraie bonne idée ?

Le Paléolithique présente une multitude de périodes, de climats, d’environnements et de cultures, qui ont toutes leurs spécificités…

Les homo sapiens de l'époque avaient appris à s'adapter à toutes les situations, il serait donc vain d'y rechercher un régime alimentaire défini. Les archéologues ont constaté l'existence de régimes très variés avec bien-sûr de la viande et des œufs, incluant des invertébrés (escargots et mollusques marins), des coquillages, des poissons, des insectes… Mais le végétal y tenait également une large place avec des baies, des graines, des fruits à coque, des herbes et plantes sauvages, des algues et plantes aquatiques, des champignons mais aussi des céréales et des tubercules sauvages cuisinés (les premières farines datent de 30 000 ans).

L'apparition de l'agriculture et de l'élevage, au Néolithique, a transformé radicalement notre alimentation avec l’introduction notamment de produits laitiers et céréaliers, ainsi que l’accès à une viande plus grasse (les animaux d’élevage étant 5 à 20 fois plus gras que leurs équivalents sauvages).
Aujourd'hui, l’alimentation est majoritairement constituée de produits transformés par l’agro-industrie (riches en sel, sucres rapides, graisses saturées…). Elle est de plus en plus considérée comme responsable des "maladies de civilisation" (obésité, diabète, cancers, maladies coronariennes) qui viennent donner un coup de frein à l’augmentation de l'espérance de vie, malgré les progrès de la médecine.

Alors revenir à l'alimentation de nos ancêtres est-elle une bonne idée ? La démarche est un peu naïve au vu de la multiplicité des régimes différents de l'époque, de l'évolution de nos organismes et de la sédentarité actuelle de nos modes de vie. Selon les études scientifiques, le seul intérêt du régime autoproclamé "paléo" est qu'il est moins riche en sel, en aliments à indice glycémique élevé et en acides gras oméga 6.
À défaut de menus miracles pour notre santé, ces nouveaux régimes à la mode peuvent être considérés comme des opportunités : "ils proposent des contraintes qui sont autant de pistes divertissantes pour varier nos pratiques et inspirer de nouvelles recettes".

 

Source : The Conversation, Christophe Lavelle – 09/02/22