Face aux crises écologiques qui se multiplient, cette nouvelle approche entend concilier la santé des humains, des animaux et de l'environnement.
Le premier sommet "One Health" s’est ouvert le 7 avril dernier à Lyon, présidé par la France et le Ghana. Le mouvement a émergé il y a une cinquantaine d’années, quand on a commencé à prendre conscience des limites planétaires. La notion s’est précisée au début des années 2000 à l’occasion d’une conférence scientifique fondatrice à New York.
Depuis 2021, elle se définit ainsi : "une approche intégrée et unificatrice qui vise à optimiser la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes, et à trouver un équilibre entre ces dimensions, de manière durable."
Il s’agit d’un retour aux fondamentaux de la science. Au lieu de partir de la maladie et de se focaliser sur le médicament, on regarde ce qui fait la santé humaine : l’alimentation, l’air, l’eau, les contacts avec les animaux, les sols, les plantes…
Quelques exemples concrets…
- Ebola, dengue, sida… 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l’humain proviennent du monde animal (sauvage comme d’élevage). Les activités humaines (intensification de l’agriculture et du commerce, urbanisation, déforestation…) favorisent la mise en contact avec les animaux et la propagation de ces pathologies.
- La perte de biodiversité a des effets négatifs en cascade. En Inde, la disparition des vautours qui régulaient les carcasses de bovins a mené à une hausse des cas de rage (30 000 décès par an dans le pays).
- La hausse globale des températures favorise l’extension géographique d’insectes vecteurs de maladies. En France, c’est le cas du moustique tigre qui a causé près de 800 cas de chikungunya en 2025, ou des moucherons piqueurs qui transmettent la fièvre catarrhale ovine dans les élevages.
Quelques exemples d’initiatives…
- En décembre 2024, le "Giec de la biodiversité" a publié un vaste rapport sur l’interconnexion entre les crises de la biodiversité, de l’eau, de l’alimentation, de la santé et du changement climatique.
- En mars 2022, l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’OMSA (Organisation mondiale de la santé animale), la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et le Pnue (Programme des Nations unies pour l’environnement) ont signé un accord pour renforcer leur coopération autour de l’approche "One Health".
Source : Vert, Esteban Grépinet - 07/04/26
