Viande in vitro : "Une bulle médiatique qui repose sur un support scientifique très faible"

Viande in vitro : "Une bulle médiatique qui repose sur un support scientifique très faible"

Viande ou "nouvel aliment", les données scientifiques sont encore insuffisantes pour pouvoir trancher.

La viande produite en laboratoire est fabriquée à partir de cellules souches prélevées sur un animal puis transformées en fibres musculaires après avoir été cultivées dans un incubateur. Le milieu de culture doit comporter des glucides, des lipides et des acides aminés ainsi que des hormones et des facteurs de croissance.
À l'horizon 2030, le marché est évalué à 2,7 milliards $.

On peut produire de la viande de laboratoire à partir de veau, agneau, porc, canard, poulet ou poisson. La société Gourmet, une entreprise française, a démarré avec le foie gras.
Certains experts considèrent qu'on ne peut pas appeler cette production de la "viande" : il ne s'agit que de "cellules musculaires" alors que la viande, elle, est obtenue à partir du muscle animal après un processus de maturation. Par ailleurs, les différents ajouts de vitamines, fer, antibiotiques ou fongicides dans ce type de produit en font un aliment ultra-transformé.

Aujourd'hui il n'y a pas assez de données scientifiques disponibles pour vérifier la qualité sanitaire et nutritionnelle de la viande de laboratoire. On peut envisager par exemple qu'il y ait une dérive génétique dans le processus de culture des cellules.
Pour des raisons liées à la concurrence, les entreprises se gardent bien de révéler leurs techniques de fabrication. On ne compte que quelques centaines d'articles de recherche validés par la science mais des milliers dans la presse grand public.
"On peut parler d'une bulle médiatique qui repose sur un support scientifique très faible."

 

Source : Futura Sciences – 29/01/22