Alerte, la France est en manque de bébés ! Le nombre de naissances a atteint son plus bas niveau depuis 1945 et il y a eu plus de décès que de naissances en 2025. Pour répondre à cette crise démographique, le gouvernement a décidé d’envoyer prochainement à tous les jeunes adultes de 29 ans… un courrier. Objectif : les sensibiliser à la question de la diminution de la fertilité avec l’âge. Il est, à mon avis, très improbable que cette missive ait un quelconque impact sur le repeuplement de la France.
D’autant qu’elle s’inscrit dans un plan pour la fertilité qui prévoit certes des diagnostics plus précoces et un meilleur accès au parcours de PMA mais, curieusement, rien pour lutter contre la pollution aux pesticides, aux PFAS, aux perturbateurs endocriniens, aux particules fines.
Ces pesticides qui augmentent les risques d’endométrioses, souvent causes d’une baisse de fertilité chez les femmes. Ces PFAS et ces perturbateurs endocriniens qui ont des effets néfastes sur la fertilité et le développement du foetus. Ces particules fines qui altèrent la qualité du sperme.
Outre le fait qu’elle est responsable de plus de 40 000 morts prématurées par an, la pollution de l’air (essentiellement provoquée par la circulation automobile) est l’une des causes principales de la baisse de la fertilité chez les hommes. Alors pourquoi avoir abandonné les ZFE (zones à faibles émissions) qui auraient dû, depuis le départ, être vigoureusement accompagnées par un renforcement des transports en commun et des aides substantielles pour les véhicules les moins polluants ?
Rien non plus, dans le plan gouvernemental, sur la crise du logement dans notre pays où l’âge d’accès à la propriété atteint aujourd’hui environ 34 ans.
Rien sur la difficulté pour les jeunes à obtenir un emploi stable, rien sur l’augmentation du coût de la vie, sur le parcours du combattent pour trouver un mode de garde…
L’épidémie d’infertilité touche aujourd’hui un couple sur huit. Comment peut-on faire porter tout cela uniquement sur les épaules des individus ?
On attendrait mieux de la part du personnel politique français qui montre ici, une fois de plus, une désespérante immaturité.
La réponse se doit d’être collective, à la hauteur des enjeux systémiques, sociaux et environnementaux.
