La façon de respirer en méditant pourrait modifier certains marqueurs biologiques dans le sang associés à la maladie d’Alzheimer.
Cette étude états-unienne a été réalisée sur plus de 100 personnes et publiée dans la revue scientifique Psychophysiology. Les participants (dont aucun ne pratiquait régulièrement la méditation) ont été répartis de manière aléatoire en trois groupes pendant une semaine : un groupe pratiquant une méditation de pleine conscience avec respiration lente (cohérence cardiaque), un groupe pratiquant la même méditation sans ralentir volontairement la respiration et un groupe contrôle sans consigne particulière. Des prélèvements sanguins ont été réalisés sur ces personnes avant et après la semaine d’intervention afin de mesurer les concentrations d’amyloïde bêta 40 et 42, ainsi que de protéines tau, des marqueurs sanguins associés à Alzheimer.
Résultat : dans le premier groupe, les niveaux d’amyloïde bêta avaient diminué après sept jours, dans le deuxième groupe, ces niveaux augmentaient. Aucun changement significatif n’a été observé dans le troisième groupe. Pas de changement non plus dans les trois groupes concernant les concentrations de protéine tau, ce qui était cohérent au regard du jeune âge et du bon état de santé des participants.
Cette étude ouvre des pistes de recherche intéressantes mais ne permet pas pour l’instant de tirer des conclusions cliniques. Elle montre simplement que des modifications biologiques peuvent survenir avec certains types de méditation. L’hypothèse des chercheurs s’oriente vers le fait qu’une respiration lente et régulière renforce l’activité du système parasympathique, notamment via le nerf vague, impliqué dans les mécanismes de repos et de récupération. Une activation accrue du nerf vague pourrait orienter le métabolisme d’une protéine précurseur (APP) vers une voie conduisant à une production moindre d’amyloïde bêta.
Il faut néanmoins interpréter avec prudence ces résultats car les marqueurs sanguins ne reflètent qu’imparfaitement les processus cérébraux. Et une diminution de l’amyloïde bêta dans le sang ne signifie pas une diminution du risque de développer la maladie d’Alzheimer.
Source : Psychologies, Guillaume Servant - 05/01/26
