Chocapic, Trésor, muesli Bjorg… Quelle marque de céréales est la plus contaminée au cadmium ?

Chocapic, Trésor, muesli Bjorg… Quelle marque de céréales est la plus contaminée au cadmium ?

Cinq produits analysés contiennent des résidus de cadmium : c’est l’ensemble de la filière qui est contaminée. 

Fin mars, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a de nouveau alerté sur l’exposition des Français au cadmium, un métal lourd toxique pour les reins, les os et la reproduction. Or l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition au cadmium dans la population hors fumeurs.
Parmi les aliments qui nous exposent le plus : les céréales du petit-déjeuner. En France, plus d’un enfant sur deux en mange dès le matin. Ces produits sont pourtant pointés du doigt parce qu’ultra-transformés et trop sucrés.

La rédaction de Vert a testé dans un laboratoire indépendant cinq marques de céréales parmi les plus consommées en France.
Résultats : du cadmium détecté dans tous les échantillons !
Le plus contaminé : Chocapic (Nestlé) avec 0,037 milligramme de cadmium par kilogramme (mg/kg) de céréales. C’est déjà près d’un cinquième de la dose tolérable quotidienne pour un enfant de 20 kilos.
Ce niveau de contamination est plus de deux fois supérieur à celui des Spécial K (Kellogg’s) avec 0,016 mg/kg de céréales ou celui des Trésor (Kellogg’s) ou des Country Crisp (Jordans) avec 0,015 mg/kg.
L’explication tient sans doute à la présence de cacao fortement contaminé par le cadmium qui est naturellement présent dans les sols où le cacao est cultivé. Le blé peut également contribuer à cette contamination car il est cultivé avec des engrais phosphatés riches en cadmium. 

Une surprise : le muesli bio de chez Bjorg arrive en deuxième position avec 0,033 mg/kg. Pourtant l’agriculture biologique interdit les engrais phosphatés de synthèse, riches en cadmium. Une étude de 2014 montrait que les niveaux de contamination en cadmium des produits bio sont 48 % inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. Mais les parcelles cultivées en bio peuvent hériter de sols contaminés : les pesticides disparaissent progressivement mais le cadmium, élément minéral, ne se dégrade pas.

Dans tous les cas, les valeurs mesurées restent conformes à la règlementation européenne, car le seuil maximal autorisé pour ce type de produit est fixé à 0,1 mg/kg.
Problème : pour les médecins spécialistes du sujet, la norme ne garantit pas une protection suffisante pour notre santé. L’accumulation au quotidien de nombreux aliments contenant du cadmium, même à faible dose, peut finir par faire dépasser la dose globale acceptable.

La solution pour le consommateur est de réduire sa consommation de céréales au petit-déjeuner, prendre un petit morceau de pain, l’accompagner d’une compote, d’un fruit et d’un yaourt. Varier son alimentation.
Côté fabricants, l’affichage de la valeur du cadmium sur l’étiquetage des aliments pourrait inciter à en réduire la teneur.
Côté agriculteurs, il faudrait réduire la présence de cadmium dans les engrais phosphatés et encourager une transition agricole plus agroécologique pour minimiser voire supprimer leur utilisation.

 

Source : Vert, Sophie Roland - 06/06/26

Vie Saine et Zen