Canicule, été 2026. C’est le moment où les experts se mettent en colère sur le thème "nous nous tuons à l’annoncer depuis des décennies, il ne faut pas s’étonner de ce qui se passe". Ils font preuve aussi d’un certain agacement à voir celles et ceux qui ont détricoté les mesures permettant de légèrement progresser faire semblant de découvrir les effets dévastateurs du changement climatique. Voire d’un brin d’amertume : compte tenu du début de mobilisation des acteurs économiques et des citoyens ces vingt dernières années, le pouvoir politique a totalement raté son coup à vouloir faire trop peu et trop tard.
Colère, agacement, amertume… De Magali Reghezza-Zitt à Jean-Marc Jancovici (membres du Haut Conseil pour le Climat) en passant par des scientifiques du GIEC, les experts se succèdent sur les plateaux de télévision et frappent fort. À raison. Les fortes canicules de cet été n’ont rien d’exceptionnel. Elles ont été prévues depuis 1992, décrites en détail dans des rapports qui, contrairement à ce qui a été dit parfois, n’ont pas exagéré la situation mais plutôt initialement sous-estimé les effets du réchauffement. Et des canicules de ce type se reproduiront de plus en plus fréquemment avec leur cascade d’effets mortifères pour le vivant : végétation, animaux et humains.
La litanie des solutions nous est répétée depuis des lustres et nous nous en sommes fait l’écho sur ce site depuis sa création en 2007 : efficacité énergétique, énergies renouvelables, réduction du gaspillage alimentaire, mobilités douces, meilleure gestion des forêts, cultures et prairies… Leur mise en œuvre contribuerait à ralentir le réchauffement. Et elle aurait des effets bénéfiques sur l'emploi, la qualité de l'air, la santé humaine et celle de nos écosystèmes.
Les grands médias auraient dû sans doute mieux expliquer que la transition écologique n’est pas un retour en arrière mais un saut en avant en terme de qualité de vie. Il y a eu peut-être des maladresses dans l’expression de certains scientifiques, certains ténors et certaines sopranos de l’écologie politique. Il y a eu certainement une coupable pusillanimité dans les décisions de nos responsables. Il y a eu surtout le déni à géométrie variable des négationnistes du climat qui excellent à instiller le doute et ont marqué des points ces dernières années.
Mais l’heure n’est plus à pointer du doigt les uns et les autres.
Il faut maintenant se mettre en ordre de marche tous ensemble pour accélérer à la fois l’atténuation et l’adaptation à la situation.
En espérant que nos élus prennent acte de la prise de conscience collective qui s’est effectuée en cet été 2026.
