Allergies, intolérances alimentaires : micronutrition et phytothérapie

Allergies, intolérances alimentaires : micronutrition et phytothérapie

Nous sommes de plus en plus nombreux à souffrir d'allergies et d'intolérance alimentaire. La pollution, dans l'air et dans nos assiettes, pourrait en être la cause. Heureusement, les médecines alternatives et complémentaires proposent des solutions efficaces…

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Sommaire

- Mécanismes naturels de détoxication
- Le drainage
- Micronutrition
- Phytothérapie
- L'alimentation

Au cours des 20-30 dernières années le nombre de gens souffrant d'allergies a augmenté. Aujourd'hui 25 à 30 % de la population seraient touchés en France, selon Didier Chos, Président de l'IEDM (Institut Européen de Diététique et Micronutrition), qui intervenait sur cette question à l'occasion des dernières Rencontres des Médecines Alternatives et Complémentaires (MAC) à l'hôpital Tenon en octobre dernier. Le chiffre se monterait à 15-20 % pour la dermatite atopique, 7-10 % pour l'asthme, 15-20 % pour la rhinite et la conjonctivite allergique et 2-5 % pour les allergies alimentaires.

Mécanismes naturels de détoxication
Dans notre organisme, il y a des organes qui servent à éliminer les déchets, les "émonctoires" : intestin, poumon, rein, foie, peau.

En perpétuel dialogue avec le système immunitaire et le cerveau, la flore intestinale ou "microbiote intestinal" est le 1er organe de détoxication de l'organisme. C'est un domaine où la recherche a fait des progrès considérables ces dernières années (voir : L'intestin : un rôle stratégique dans notre santé), ce qui permet de proposer de nouveaux outils thérapeutiques qui ne soient plus orientés essentiellement vers la fonction hépatique.

Pour ce qui concerne les polluants de l'air, la détoxication se fait au niveau du poumon. "Face à ces oxydants qui arrivent au niveau des muqueuses du poumon et qui produisent des radicaux libres, si vous avez une situation physiologique en équilibre, vous êtes capables de fabriquer vos antioxydants en quantité suffisante. Mais en cas de trop forte exposition, vous entrez dans le cycle de l'inflammation et dans un processus qui va donner tous les signes d'intolérance à la pollution de l'air."

Le drainage
Danielle Roux-Sitruk, docteur en pharmacie, rédactrice en chef de la revue La phytothérapie européenne, insiste sur l'importance du drainage des émonctoires, le drainage consistant à stimuler un organe dont le fonctionnement est défectueux ou qui a été trop sollicité.

"Il faudrait systématiquement faire des drainages pour débarrasser l'organisme des métaux lourds, des interactions médicamenteuses, des résidus de produits phytosanitaires ou de la dégradation chimique industrielle."

Micronutrition
Didier Chos trouve ses solutions dans les compléments alimentaires.
"Pour la détox, la quercétine sort du lot en matière d'allergie ainsi que l'acide rosemarinique notamment sur des symptômes associés à la rhinite allergique ou l'inflammation pulmonaire induite par des particules diesel. Le sulforaphane est le seul ingrédient connu capable d'activer la production d'enzymes antioxydants et d'assurer une bonne protection du système respiratoire."

Pour résoudre les processus inflammatoires : les acides gras oméga-3 (DHA) et les polyphénols (flavonoïdes, stilbènes dont le resvératrol).
Les algues sont de bons modulateurs des protéines de stress.

Pour agir sur le microbiote et traiter l'hyperperméabilité intestinale : certaines souches de probiotiques comme le lactobacillus salivarius, les fibres, les galacto-oligosaccharides (graines, légumineuses…), les amidons résistants (pommes de terre, pâtes et riz refroidis) sans oublier la glutamine, le zinc, la vitamine A, le thé vert…

Phytothérapie
Du côté des plantes, pour le drainage rénal, toutes ont une fonction diurétique, rappelle Danielle Roux-Sitruk. "Mais le pissenlit est particulièrement intéressant, ainsi que l'orthosiphon ou la prêle."
Pour le drainage hépatique : le chardon-Marie, le desmodium, l'artichaut.
Pour le drainage cutané : la douce amère, la bardane.
On associe souvent les probiotiques dans les drainages.

Sous forme de compléments alimentaires, les chlorelles sont particulièrement performantes. Ce sont des petites algues unicellulaires qui contiennent une grande quantité de chlorophylle, un détoxifiant naturel, et dont la paroi cellulosique a la capacité de fixer les métaux lourds et les polluants organiques.

Le silicium organique est aussi un élément incontournable pour Danielle Roux-Sitruk. On le trouve dans la prêle, le bambou ou les feuilles d'ortie. "La supplémentation devrait se faire automatiquement, c'est un oligo-élément essentiel. Il a énormément de propriétés… Il permet notamment de lutter contre les excès d'aluminium et a un effet de prévention sur les maladies d'Alzheimer."

L'alimentation
C'est bien-sûr notre premier médicament. Le régime d'inspiration crétoise est recommandé par Didier Chos : riche en fruits, légumes, noix, céréales complètes, huile d’olive avec des apports modérés en poisson, vin rouge, des apports faibles en produits laitiers, viandes, volailles.

Danielle Roux-Sitruk rappelle que les fibres alimentaires permettent de fixer les polluants et insiste sur les aliments qui facilitent le drainage : radis noir, romarin, artichaut, citron, chou, céleri, ail, oignon, ail des ours… Sans oublier les antioxydants pour favoriser la détoxication : curcuma, basilic, persil, coriandre…

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Les mécanismes de l'allergie

Le terrain : génétique et environnement
En plus des facteurs génétiques, on aurait constaté que la pollution de l'alimentation, notamment par les pesticides, et celle de l'air, notamment par les particules diesel, feraient partie des facteurs prédisposant à l'allergie.

Ce qui se passe à la naissance au moment de l'installation de la flore intestinale du nouveau-né aurait également un rôle à jouer.
"Un accouchement par césarienne dans une famille où l'on est sensible aux allergènes, où la flore intestinale de la mère n'est pas en très bon état, où l'on décide d'un allaitement artificiel et où l'on traite la première année les rhino-pharyngites par des cures répétées d'antibiotiques… C'est une accumulation de facteurs qui induit le terrain allergique", explique Didier Chos.

Les personnes dites "atopiques" sont celles qui présentent une sensibilité aux allergènes, qu'ils soient aériens, d'origine alimentaire, dûs aux insectes ou aux médicaments. Mais tous les atopiques n'ont pas forcément de manifestations allergiques.

Le processus allergique
Tout commence par une phase de sensibilisation au cours de laquelle le sujet ne présente pas de symptômes. C'est seulement à l'occasion d'une 2e exposition à l'allergène qu'on entre dans une 2e phase avec plusieurs réactions en chaîne de type inflammatoire destinées à éliminer l'intrus. Tout fonctionne dans le cadre du système immunitaire, comme lors d'une exposition à une bactérie pathogène. Mais, dans le cas de l'allergie, le système se met à tourner en rond. "Tous les mécanismes sont à même de relancer le système et de se chroniciser."

Selon Didier Chos, l'immunologie a connu une évolution importante ces 3-4 dernières années avec la découverte de nouvelles populations de globules blancs, les lymphocytes T régulateurs, dont le déficit serait susceptible d'expliquer ce phénomène de mise en boucle du système immunitaire. L'un des objectifs du thérapeute sera donc de booster ces cellules régulatrices.