Être heureux au travail

Être heureux au travail

En 2005, 40 % des salariés se disaient souvent heureux dans leur travail. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 33 %. Dans un monde où la rentabilité et le plaisir sont rois, il est souvent très difficile de trouver son propre équilibre.

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Sommaire

- Pourquoi cette baisse de satisfaction ?
- Doit-on forcément être heureux au travail ?
- Existe-t-il des métiers qui rendent heureux ?
- Ce qui rend le travail plus agréable
- Qu’est ce qui fait que l’on est heureux au travail ?
- C'est quoi le mal-être au travail ?
- Rendre heureux son patron et ses collègues
- Quel serait votre meilleur conseil ?

Face aux contraintes actuelles et à la nécessité de travailler, Jean-Paul Guedj, consultant, formateur et conseil en entreprise, propose à travers son dernier livre*, des perspectives d’épanouissement et de réalisation de soi.

Triste constat que ces chiffres, comment explique-t-on cette baisse de satisfaction ?
Jean-Paul Guedj : La première raison est socio-économique. Dans un contexte de mondialisation, avec une exigence de qualité et de concurrence permanente, la pression exercée sur les salariés est de plus en plus constante. Mais aussi car travailler n’est plus la priorité des Français. La valeur travail n’a plus la cote, elle est en baisse. Il y a actuellement un rééquilibrage entre le champ privé et le champ professionnel. Les loisirs, la famille, les enfants, les sorties, etc. ont une place prioritaire dans la vie des Français qui relativisent de plus en plus le travail.

Doit-on forcément être heureux au travail ?
JPG : Ce n’est pas qu’on doit, ou qu’on ne doit pas, mais vu le temps que l’on passe à travailler, c’est tout de même plus agréable d’y prendre un peu de plaisir. Si l’on compte le temps passé à travailler et celui où, dans la sphère privée, nous sommes préoccupés par les problèmes du bureau, le total d’heures peut devenir effarant, il vaut donc mieux être heureux au travail sinon la vie peut vite devenir insupportable.

Existe-t-il des métiers où tous les travailleurs sont insatisfaits, et inversement des métiers qui "rendent heureux" ?
JPG : Les métiers qui "rendent heureux" sont ceux qui nous offrent une part de liberté, de créativité, et de reconnaissance au sein de l’entreprise. Quel que soit son poste, avoir de vraies responsabilités nous donnent le sentiment d’être un maillon indispensable de la chaîne, c’est très valorisant. En fait, ce n’est pas toujours le travail lui-même qui est en cause, mais plutôt les conditions de travail.

"Travaille bien à l’école, tu pourras choisir ton métier quand tu seras grand(e)", nous disaient nos parents, est ce que le fait d’avoir choisi sa profession nous rend forcément le travail plus agréable ?
JPG : Je vous répondrai avec la phrase de Freud : "Le bonheur c’est la réalisation de ses rêves". Effectivement, quand on peut réaliser ses rêves, voir sa vocation devenir sa profession, on est forcément heureux car on vit de sa passion. Les footballeurs, les cuisiniers, les pompiers, les musiciens, etc. gagnent leur vie en faisant ce qui était autrefois pour eux un jeu ou leur passe-temps favori. Mais être heureux au travail n’est pas le privilège des métiers artistiques ou sportifs. On peut aimer gérer un budget, accompagner les personnes dans différentes démarches, etc… Ce qui est sûr, c’est que très tôt, dans l’enfance, nos goûts et prédispositions se mettent en place. Mais rien n’est jamais perdu. De nombreuses personnes changent d’orientation professionnelle entre 40 et 45 ans pour réaliser leur rêve. Se connaître soi-même est donc un des éléments du bonheur au travail.

Qu’est ce qui fait que l’on est heureux au travail ?
JPG : Pour être heureux au travail, il faut, comme je viens de vous le dire, bien se connaître soi-même, mais aussi prendre des risques en osant des choses. Oser se tester sur de nouvelles compétences ou responsabilités, oser dire ce que l’on aime et veut faire. Cela semble compliqué car les salariés ont peur d’apparaître comme incompétents s’ils remettent en cause leurs fonctions, alors que cela peut être perçu plutôt comme une preuve d’implication pour le patron. Très souvent, les gens qui se plaignent savent que ça ne va pas, mais ils sont incapables de dire ce qu’ils veulent.

Finalement, est-on responsable de son mal-être au travail ? Ou plus simplement, est ce que l’insatisfaction professionnelle que l’on ressent est due au métier que l’on exerce, ou à notre comportement ?
JPG : Le mal-être dans le monde du travail, c’est subir une activité qui ne nous correspond pas, mais aussi se taire et ne pas bousculer les choses. Donc prenons-nous en main, et osons ! Même si la direction de votre entreprise semble ne pas vous écouter, n’oubliez pas que c’est votre comportement face à votre travail qui vous rend mal, alors n’attendez plus et parlez de vos envies (pas seulement de vos malheurs !) à votre chef.

Dans votre livre, vous dites qu’il est important de rendre heureux les autres pour être heureux soi-même. Alors pourriez-vous nous donner un ou deux conseils pour rendre heureux son patron et ses collègues ?
JPG : Pour rendre heureux son patron, il faut lui apporter un savoir faire, une valeur ajoutée ; le patron ne peut pas être, dans tous les cas, pas toujours, le père qui rassure. C’est aussi au salarié de rassurer son patron grâce à ses compétences et sa qualité de communication. Un patron est heureux quand ses salariés disent : "J’ai envie de faire, j’ai des idées, je suis heureux, etc."
Quant aux collègues, si vous arrivez à les rendre heureux, il y a des chances pour qu’ils apportent un peu de bonheur dans votre quotidien professionnel. Le bonheur, mais surtout les humeurs, c’est contagieux ! Chacun a sa part de responsabilité dans l’humeur qu’il apporte au travail. Pour parvenir à vos fins, il vous faudra mettre en avant votre esprit constructif et jouer la solidarité. Il faut éviter autant que possible les rapports de rivalité et d’hostilité qui assombrissent le quotidien et le rendent difficile à vivre. Alors suivez mon conseil, jouez le gagnant-gagnant, développez un esprit joyeux et ne perdez pas de vu que pour recevoir, il faut commencer par concéder.

Un conseil pour nous donner à tous l’envie de crier chaque début de semaine "vive le lundi !" ?
JPG : Cherchez dans le travail ce qui vous a toujours fait rêver, car il est très important de pouvoir accomplir sa part de rêve. Cherchez le bonheur dans votre quotidien professionnel et ne l’attendez pas trop des autres. Le bonheur vient aussi de soi !

 

*Vive le lundi ! Connaître le bonheur au travail, Jean-Paul Guedj, éditions Larousse

 En savoir +

La semaine pour la qualité de vie au travail

Depuis 2004, l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) organise La Semaine pour la qualité de vie au travail.

 

33 %
des Français
se disent
heureux au travail

45 ans
l'âge moyen
où les Français
changent de voie professionnelle

70 %
des Français
disent
s’ennuyer au travail